Dans un organisme sain, les cellules trop endommagées peuvent activer un programme interne qui conduit à leur élimination.
Ce mécanisme, appelé apoptose, permet notamment d’empêcher qu’une cellule présentant des anomalies importantes continue à se multiplier.
Mais les cellules cancéreuses peuvent contourner ce système de sécurité. Certaines bloquent les signaux de mort, réparent rapidement leur ADN ou ralentissent temporairement leur activité pour survivre aux traitements.
Cette capacité à échapper à la mort cellulaire constitue l’une des caractéristiques fondamentales du cancer. Elle favorise la croissance des tumeurs, la résistance aux traitements et parfois la rechute.
Plusieurs équipes belges, notamment à l’ULB, à la KU Leuven et à l’Université de Liège, étudient aujourd’hui ces mécanismes afin de découvrir de nouvelles manières de rendre les cellules tumorales vulnérables.
Pourquoi nos cellules sont-elles programmées pour mourir ?
La mort cellulaire n’est pas toujours un événement accidentel ou négatif.
Chaque jour, l’organisme élimine naturellement des milliards de cellules devenues inutiles, trop anciennes ou potentiellement dangereuses.
Ce renouvellement contribue au bon fonctionnement des tissus.
Lorsqu’une cellule détecte des dommages trop importants, elle peut déclencher une série de réactions qui conduisent à sa propre destruction. Ce processus contrôlé porte le nom d’apoptose, parfois comparée à un suicide cellulaire.
L’apoptose permet notamment :
- d’éliminer les cellules dont l’ADN est gravement endommagé ;
- de contrôler le nombre de cellules dans les tissus ;
- de participer au développement normal des organes ;
- d’éviter la transmission de certaines anomalies ;
- et de limiter l’apparition de cellules potentiellement cancéreuses.
La cellule se fragmente alors de manière ordonnée. Ses débris sont ensuite éliminés par d’autres cellules, généralement sans provoquer d’inflammation importante.
Quel est le rôle de l’ADN ?
L’ADN contient les instructions nécessaires au fonctionnement et à la multiplication des cellules.
Il peut être endommagé par différents facteurs :
- les rayons ultraviolets ;
- le tabac ;
- certaines substances chimiques ;
- les radiations ;
- le stress oxydatif ;
- des erreurs survenant lors de la division cellulaire ;
- ou simplement le vieillissement.
La plupart du temps, la cellule répare ces dommages.
Lorsque la réparation n’est plus possible, elle peut arrêter de se diviser ou déclencher sa mort programmée.
Le problème apparaît lorsqu’une cellule accumule des anomalies tout en continuant à survivre et à se multiplier.
Comment une cellule cancéreuse échappe-t-elle à l’apoptose ?
Une cellule cancéreuse ne possède pas une stratégie unique. Elle peut modifier plusieurs mécanismes simultanément.
Elle peut notamment :
- désactiver les protéines qui détectent les dommages ;
- produire davantage de protéines qui bloquent l’apoptose ;
- réduire l’activité des protéines qui déclenchent la mort ;
- réparer plus efficacement certains dommages provoqués par les traitements ;
- modifier son métabolisme ;
- entrer temporairement dans un état de repos ;
- ou recevoir des signaux protecteurs de son environnement.
Ces changements ne rendent pas nécessairement la cellule immortelle. Ils lui permettent cependant de survivre plus longtemps qu’elle ne le devrait.
Quel rôle joue la protéine p53 ?
La protéine p53 est souvent présentée comme la « gardienne du génome ».
Lorsqu’elle détecte des dommages importants dans l’ADN, elle peut ralentir la division cellulaire afin de laisser du temps à la réparation.
Si les dommages sont irréparables, p53 peut contribuer à déclencher l’apoptose.
Le gène qui contient les instructions nécessaires à la fabrication de cette protéine, appelé TP53, est altéré dans de nombreux cancers.
Lorsque p53 ne fonctionne plus correctement, une cellule endommagée peut continuer à se diviser au lieu d’être éliminée.
Les chercheurs de l’UCLouvain étudient notamment les mécanismes par lesquels p53 intervient au niveau des mitochondries pour favoriser la mort des cellules cancéreuses.
Que sont les mitochondries ?
Les mitochondries sont souvent décrites comme les centrales énergétiques des cellules.
Elles jouent aussi un rôle majeur dans l’apoptose.
Lorsque certains signaux de mort sont activés, la membrane des mitochondries devient perméable. Des molécules, dont le cytochrome c, sont alors libérées dans la cellule.
Cette libération active une chaîne de protéines appelées caspases, qui organisent le démantèlement de la cellule.
Les cellules cancéreuses peuvent empêcher cette étape en modifiant l’équilibre entre deux familles de protéines :
- les protéines qui favorisent la survie ;
- et celles qui favorisent la mort cellulaire.
Certaines tumeurs produisent, par exemple, trop de protéines antiapoptotiques comme BCL-2.
Certains traitements cherchent-ils déjà à réactiver l’apoptose ?
Oui.
De nombreuses chimiothérapies et radiothérapies provoquent des dommages suffisamment importants pour pousser les cellules cancéreuses vers la mort.
Certains traitements ciblés cherchent aussi à rétablir directement les signaux d’apoptose.
Le vénétoclax, par exemple, bloque la protéine BCL-2. Il est utilisé dans certaines maladies du sang, notamment certaines leucémies.
Mais toutes les tumeurs ne dépendent pas des mêmes protéines. Un médicament efficace dans un cancer ne peut donc pas être automatiquement utilisé dans un autre.
Les cellules cancéreuses peuvent également activer des mécanismes de secours et devenir progressivement résistantes.
Comment la réparation de l’ADN aide-t-elle les cellules cancéreuses ?
Certaines chimiothérapies agissent en endommageant l’ADN des cellules qui se divisent rapidement.
Si les dégâts deviennent trop importants, la cellule devrait mourir.
Mais certaines cellules tumorales renforcent leurs systèmes de réparation et parviennent à survivre.
En 2023, une équipe de l’Université libre de Bruxelles dirigée par le professeur Cédric Blanpain a identifié un rôle important de la protéine RHOJ dans ce mécanisme.
Les chercheurs se sont intéressés à des cellules tumorales ayant subi une transition épithélio-mésenchymateuse, ou EMT.
Au cours de ce processus, les cellules peuvent perdre une partie de leurs attaches, devenir plus mobiles et acquérir des propriétés favorisant l’invasion des tissus.
L’étude a montré que RHOJ était particulièrement présente dans certaines cellules résistantes à la chimiothérapie.
Cette protéine semblait les aider à réparer les dommages causés à leur ADN. Lorsque son activité était diminuée expérimentalement, les cellules redevenaient plus sensibles au traitement.
Peut-on déjà cibler RHOJ chez les patients ?
Pas encore.
Ces résultats apportent une explication importante à la résistance de certaines cellules cancéreuses.
Ils suggèrent également qu’un futur médicament ciblant RHOJ pourrait rendre certaines tumeurs plus sensibles à la chimiothérapie.
Mais cette stratégie doit encore faire l’objet de recherches supplémentaires avant de pouvoir être évaluée puis éventuellement utilisée chez des patients.
Une découverte réalisée dans des cellules ou des modèles animaux ne constitue pas encore un nouveau traitement.
Certaines cellules peuvent-elles simplement se mettre en pause ?
Oui. C’est l’une des stratégies de survie les plus étonnantes étudiées actuellement.
De nombreux traitements anticancéreux sont particulièrement efficaces contre les cellules qui se multiplient rapidement.
Certaines cellules tumorales peuvent toutefois ralentir fortement leur activité et entrer temporairement dans un état proche de la dormance.
Ces cellules persistantes ne sont pas nécessairement résistantes à cause d’une mutation permanente. Elles changent provisoirement d’état pour traverser la période de traitement.
Lorsque la pression du traitement disparaît, elles peuvent recommencer à se multiplier et participer à la réapparition de la tumeur.
Que montre l’étude de la KU Leuven sur le cancer du sein ?
En 2025, des chercheurs de la KU Leuven ont étudié ce phénomène dans le cancer du sein triple négatif.
Ils ont observé que certaines cellules exposées à la chimiothérapie entraient dans un état de pause ressemblant à la diapause, un mécanisme naturel permettant à certains embryons de suspendre temporairement leur développement lorsque les conditions sont défavorables.
Ces cellules ne se divisaient presque plus pendant le traitement, ce qui leur permettait d’y échapper.
Les chercheurs ont identifié l’implication de la voie de signalisation WNT, un système de communication important pour le développement, la multiplication et l’état des cellules.
Dans leurs modèles expérimentaux, le blocage de cette voie empêchait la formation de certaines cellules persistantes et renforçait l’efficacité de la chimiothérapie.
Les travaux ont utilisé des cellules cultivées en laboratoire, des organoïdes dérivés de patients, des modèles animaux et des échantillons tumoraux.
Ces résultats sont prometteurs, mais ils ne signifient pas qu’un inhibiteur de WNT peut déjà être ajouté au traitement des patientes.
Pourquoi les cellules persistantes sont-elles difficiles à traiter ?
Les cellules persistantes posent plusieurs difficultés :
- elles peuvent être peu nombreuses et difficiles à repérer ;
- elles ne se divisent presque plus ;
- elles peuvent ressembler à des cellules en sommeil ;
- leur résistance peut être temporaire et réversible ;
- elles peuvent être protégées par les cellules voisines ;
- et elles peuvent se réveiller après la fin du traitement.
Ces cellules ne sont pas exactement identiques aux cellules devenues résistantes à cause d’une mutation génétique.
Cette distinction est importante, car elle pourrait nécessiter des traitements différents.
L’apoptose est-elle la seule forme de mort cellulaire ?
Non.
Les chercheurs ont identifié plusieurs formes de mort cellulaire régulée, parmi lesquelles :
- l’apoptose ;
- la nécroptose ;
- la pyroptose ;
- et la ferroptose.
Ces mécanismes ne provoquent pas les mêmes réactions dans la cellule ni dans le système immunitaire.
Dans certains cas, la mort d’une cellule cancéreuse passe presque inaperçue. Dans d’autres, elle libère des signaux capables d’alerter et de stimuler les défenses immunitaires.
La manière dont une cellule tumorale meurt peut donc être aussi importante que le fait de la tuer.
Qu’est-ce que la ferroptose ?
La ferroptose est une forme de mort cellulaire liée au fer et à l’oxydation de certaines graisses présentes dans les membranes.
Lorsque les défenses antioxydantes de la cellule ne suffisent plus, ces graisses endommagées s’accumulent et finissent par compromettre l’intégrité des membranes.
La cellule ne peut alors plus survivre.
Cette voie intéresse particulièrement les chercheurs, car certaines cellules cancéreuses résistantes à l’apoptose pourraient rester vulnérables à la ferroptose.
Une découverte belge sur la ferroptose
En 2025, une équipe du VIB-KU Leuven Center for Cancer Biology dirigée par la professeure Patrizia Agostinis a étudié l’endroit où commence l’oxydation des membranes pendant la ferroptose.
Les chercheurs ont identifié un rôle central des zones de contact entre deux structures cellulaires :
- le réticulum endoplasmique ;
- et les mitochondries.
Ces points de contact agiraient comme des zones de départ permettant aux dommages oxydatifs de se propager.
Lorsque les chercheurs éloignaient expérimentalement ces deux structures, les cellules étaient davantage protégées contre la ferroptose.
À l’inverse, le renforcement de leurs contacts augmentait les dommages et facilitait la mort cellulaire.
Cette vulnérabilité a notamment été étudiée dans des modèles de cancer du sein triple négatif.
L’objectif à long terme serait de déterminer si ces points de contact peuvent devenir des biomarqueurs ou des cibles thérapeutiques.
La mort des cellules cancéreuses peut-elle réveiller l’immunité ?
Oui, dans certaines situations.
Une mort cellulaire dite immunogène libère des signaux de danger susceptibles d’attirer et d’activer le système immunitaire.
La destruction de la cellule ne constitue alors qu’une première étape. Les défenses immunitaires peuvent ensuite apprendre à reconnaître certains éléments tumoraux et participer à l’élimination d’autres cellules cancéreuses.
Mais les tumeurs développent aussi des mécanismes permettant de devenir moins visibles ou de bloquer l’activité des cellules immunitaires.
Que montrent les recherches menées à l’Université de Liège ?
En 2026, une équipe du GIGA de l’Université de Liège, dirigée par le professeur Pierre Close, a étudié la manière dont les cellules cancéreuses contrôlent la fabrication de leurs protéines.
Les chercheurs ont perturbé une modification particulière des ARN de transfert, des molécules indispensables à la production correcte des protéines.
Cette perturbation a entraîné l’accumulation de protéines anormales dans les cellules tumorales.
Ces protéines ont activé un signal ressemblant à celui déclenché lors d’une infection virale. Le système immunitaire devenait alors davantage capable de reconnaître et d’attaquer la tumeur.
Dans les modèles précliniques étudiés, cette stratégie a contribué à transformer des tumeurs dites « froides », peu infiltrées par les cellules immunitaires, en tumeurs plus vulnérables à l’immunité.
Là encore, il s’agit d’une piste de recherche et non d’un traitement déjà disponible.
Pourquoi une tumeur ne réagit-elle pas partout de la même manière ?
Une tumeur n’est pas un ensemble parfaitement uniforme.
Elle peut contenir différentes populations de cellules présentant :
- des mutations différentes ;
- des métabolismes différents ;
- des vitesses de multiplication différentes ;
- des capacités variables de réparation de l’ADN ;
- ou une sensibilité différente à la mort cellulaire.
Son environnement joue également un rôle.
Les vaisseaux sanguins, les cellules immunitaires, le tissu conjonctif, l’oxygène disponible et les nutriments peuvent influencer la survie des cellules cancéreuses.
Un traitement peut donc éliminer une grande partie de la tumeur tout en laissant survivre une petite population particulièrement résistante.
Ces découvertes vont-elles rapidement changer les traitements en Belgique ?
Pas nécessairement.
Les études belges présentées dans cet article améliorent notre compréhension de la résistance tumorale et identifient de nouvelles cibles potentielles.
Mais plusieurs étapes sont nécessaires avant une utilisation médicale :
- confirmer les résultats dans différents modèles ;
- vérifier que la cible est réellement pertinente chez l’être humain ;
- développer un médicament suffisamment précis ;
- évaluer sa toxicité ;
- déterminer la dose adaptée ;
- puis réaliser des essais cliniques.
Certaines cibles jouent aussi un rôle normal dans les cellules saines. Les bloquer pourrait donc provoquer des effets indésirables.
Que signifient ces recherches pour les patients ?
Ces découvertes ne modifient pas immédiatement les traitements prescrits.
Elles montrent toutefois pourquoi un cancer peut parfois résister ou réapparaître malgré une réponse initiale favorable.
Elles permettent également d’envisager de nouvelles stratégies :
- empêcher les cellules d’entrer en dormance ;
- bloquer leurs systèmes de réparation ;
- réactiver l’apoptose ;
- déclencher une autre forme de mort comme la ferroptose ;
- ou rendre la destruction tumorale plus visible pour le système immunitaire.
L’objectif n’est pas seulement de tuer davantage de cellules, mais d’empêcher les quelques cellules survivantes de reconstruire la tumeur.
Ce qu’il faut retenir
La mort cellulaire programmée est un mécanisme naturel qui protège l’organisme contre les cellules trop endommagées.
Les cellules cancéreuses peuvent contourner ce système en bloquant l’apoptose, en réparant leur ADN, en modifiant leur métabolisme ou en entrant temporairement dans un état de repos.
Des chercheurs belges ont identifié plusieurs mécanismes importants :
- l’ULB a montré comment la protéine RHOJ peut aider certaines cellules à réparer les dommages provoqués par la chimiothérapie ;
- la KU Leuven a étudié des cellules persistantes capables de se mettre temporairement en pause ;
- le VIB-KU Leuven a précisé le rôle des contacts entre mitochondries et réticulum endoplasmique dans la ferroptose ;
- l’Université de Liège a découvert une manière expérimentale de rendre certaines tumeurs plus visibles pour l’immunité.
Ces avancées ouvrent de nouvelles pistes, mais elles restent principalement précliniques.
Elles ne constituent pas encore de nouveaux traitements disponibles pour les patients.
FAQ
Qu’est-ce que la mort cellulaire programmée ?
Il s’agit d’un mécanisme contrôlé permettant à l’organisme d’éliminer une cellule devenue inutile, trop ancienne ou dangereusement endommagée.
Qu’est-ce que l’apoptose ?
L’apoptose est une forme ordonnée de mort cellulaire programmée. La cellule se démantèle et ses débris sont éliminés sans provoquer généralement d’inflammation importante.
Pourquoi les cellules cancéreuses ne meurent-elles pas ?
Elles peuvent désactiver les signaux de mort, produire des protéines protectrices, réparer leur ADN ou ralentir temporairement leur activité pour survivre.
Une cellule cancéreuse est-elle immortelle ?
Pas au sens strict. Mais certaines cellules tumorales peuvent continuer à se diviser beaucoup plus longtemps que des cellules normales et contourner plusieurs mécanismes limitant leur survie.
Qu’est-ce qu’une cellule persistante ?
C’est une cellule tumorale qui survit temporairement à un traitement, souvent en ralentissant fortement son activité. Elle peut parfois recommencer à se multiplier après la fin du traitement.
Qu’est-ce que la ferroptose ?
La ferroptose est une forme de mort cellulaire provoquée par l’accumulation de dommages oxydatifs dans les graisses des membranes, selon un mécanisme dépendant du fer.
Peut-on déjà cibler RHOJ ou la voie WNT chez les patients ?
Pas dans le cadre décrit par ces études. Ces stratégies doivent encore être validées et évaluées dans des essais cliniques avant une éventuelle utilisation.
Ces recherches concernent-elles tous les cancers ?
Non. Les mécanismes de résistance diffèrent selon le type de cancer, les caractéristiques moléculaires de la tumeur et les traitements utilisés.
Une résistance au traitement signifie-t-elle qu’il n’existe plus de solution ?
Non. Plusieurs traitements ou combinaisons peuvent parfois être envisagés. La situation doit être évaluée individuellement par l’équipe oncologique.
Pour aller plus loin
- Pourquoi certains traitements contre le cancer restent-ils plus longtemps dans l’organisme ?
- Quels sont les principaux signaux d’alarme du cancer ?
- Trouver un professionnel de la santé sur Oncostar
Sources scientifiques et références
🇧🇪 Recherches menées en Belgique
- Université libre de Bruxelles – RHOJ et résistance à la chimiothérapie
Présentation des travaux de l’équipe du professeur Cédric Blanpain sur la réparation de l’ADN et la résistance de certaines cellules tumorales.
Cancer : découverte d’une protéine contrôlant la résistance à la chimiothérapie – ULB - KU Leuven – Cellules persistantes dans le cancer du sein
Étude montrant comment certaines cellules de cancers du sein triple négatifs peuvent entrer dans un état temporaire proche de la diapause après une chimiothérapie.
KU Leuven study uncovers how breast cancer cells pause to survive chemotherapy - VIB-KU Leuven – Ferroptose et contacts entre organites
Travaux identifiant les zones de contact entre le réticulum endoplasmique et les mitochondries comme des points importants dans le déclenchement de la ferroptose.
Killing cancer cells by boosting organelle bridges – VIB - Université de Liège – Production des protéines et immunité antitumorale
Recherche montrant comment la perturbation de la production protéique peut rendre certaines cellules tumorales plus visibles pour le système immunitaire.
Transformer la machinerie du cancer en moteur de l’immunité – GIGA ULiège - UCLouvain – Mécanismes moléculaires de l’apoptose
Présentation des recherches consacrées à p53, aux mitochondries et au déclenchement de l’apoptose dans les cellules cancéreuses.
Molecular mechanisms of apoptosis – UCLouvain
📚 Publications scientifiques
- Debaugnies M. et al. – Nature, 2023
RHOJ controls EMT-associated resistance to chemotherapy.
DOI : 10.1038/s41586-023-05838-7 - El Laithy Y. et al. – Cancer Research, 2025
Chemotherapy-Treated Breast Cancer Cells Activate the WNT Signaling Pathway to Enter a Diapause-Like Early Persister State.
Consulter la publication scientifique - Sassano M.L. et al. – Nature Cell Biology, 2025
Endoplasmic Reticulum-Mitochondria Contacts are prime hotspots of phospholipid peroxidation driving ferroptosis.
Consulter la publication dans Nature Cell Biology - Dziagwa C. et al. – Nature Communications, 2026
Disruption of tRNA threonylation triggers RIG-I mediated anti-tumour immune response.
DOI : 10.1038/s41467-026-69964-2
📖 Glossaire
- Apoptose : forme de mort cellulaire programmée permettant à l’organisme d’éliminer proprement une cellule devenue inutile ou trop endommagée.
- ADN : molécule contenant les instructions nécessaires au fonctionnement et à la multiplication des cellules.
- p53 : protéine qui surveille l’intégrité de l’ADN. Elle peut arrêter la division d’une cellule endommagée ou favoriser son élimination.
- Mitochondrie : structure cellulaire participant à la production d’énergie et au déclenchement de certaines formes de mort cellulaire.
- Caspases : enzymes qui organisent le démantèlement de la cellule pendant l’apoptose.
- BCL-2 : protéine qui protège les cellules contre l’apoptose. Certaines cellules cancéreuses en produisent une quantité excessive.
- Transition épithélio-mésenchymateuse ou EMT : transformation permettant à certaines cellules cancéreuses de devenir plus mobiles, invasives et parfois plus résistantes aux traitements.
- RHOJ : protéine étudiée par des chercheurs de l’ULB pour son rôle dans la réparation de l’ADN et la résistance de certaines cellules cancéreuses à la chimiothérapie.
- Cellule persistante : cellule cancéreuse qui survit temporairement à un traitement, notamment en ralentissant fortement son activité.
- Diapause : mise en pause temporaire du développement observée naturellement chez certains embryons. Des cellules cancéreuses peuvent adopter un état comparable pour résister à un traitement.
- Voie WNT : système de communication entre les cellules intervenant dans leur développement, leur multiplication et leur mise au repos.
- Ferroptose : forme de mort cellulaire dépendante du fer et provoquée par l’accumulation de dommages oxydatifs dans les membranes.
- Mort cellulaire immunogène : destruction d’une cellule qui libère des signaux capables d’alerter et de stimuler le système immunitaire.
- Tumeur froide : tumeur contenant peu de cellules immunitaires actives et généralement moins sensible à certaines immunothérapies.
- Étude préclinique : recherche réalisée en laboratoire, sur des cellules, des organoïdes ou des animaux, avant une éventuelle évaluation chez l’être humain.
🔬 Niveau de preuve scientifique
- ★★★★★ L’évasion de la mort cellulaire programmée constitue l’une des caractéristiques fondamentales du cancer.
- ★★★★★ Les altérations de p53 et des protéines contrôlant l’apoptose peuvent permettre à des cellules endommagées de survivre et de se multiplier.
- ★★★★★ De nombreux traitements anticancéreux agissent notamment en provoquant des dommages qui conduisent à la mort des cellules tumorales.
- ★★★★☆ Certaines cellules cancéreuses peuvent renforcer leurs mécanismes de réparation de l’ADN et devenir plus résistantes à la chimiothérapie.
- ★★★★☆ Des cellules persistantes peuvent ralentir temporairement leur activité, survivre au traitement puis recommencer à se multiplier.
- ★★★☆☆ La protéine RHOJ représente une cible potentielle pour réduire la résistance à certaines chimiothérapies. Cette stratégie reste préclinique.
- ★★★☆☆ Le blocage de la voie WNT pourrait empêcher certaines cellules de cancer du sein d’entrer dans un état persistant. Son intérêt thérapeutique doit encore être confirmé chez les patientes.
- ★★★☆☆ Le déclenchement de la ferroptose pourrait permettre d’éliminer certaines cellules cancéreuses résistantes à l’apoptose. Les applications thérapeutiques restent expérimentales.
- ★★★☆☆ La perturbation de la production des protéines pourrait rendre certaines tumeurs plus visibles pour le système immunitaire. Cette approche n’est pas encore un traitement validé.
- ★★★★★ Une découverte réalisée sur des cellules, des organoïdes ou des animaux ne permet pas de conclure immédiatement à une efficacité chez l’être humain.
Important : les mécanismes de résistance diffèrent selon le type de cancer, les caractéristiques biologiques de la tumeur et les traitements utilisés. Une cible prometteuse en laboratoire ne devient un traitement qu’après des études de sécurité et des essais cliniques rigoureux.
Ces recherches belges améliorent notre compréhension de la résistance tumorale, mais elles ne justifient actuellement aucune modification de traitement en dehors d’un avis médical ou d’un essai clinique encadré.
Dernière mise à jour scientifique : septembre 2026.