Une jambe qui gonfle soudainement, une douleur inhabituelle au mollet, un essoufflement brutal ou une douleur dans la poitrine : chez une personne atteinte d’un cancer, ces symptômes méritent une attention particulière. Le cancer et certains de ses traitements augmentent en effet le risque de développer un caillot sanguin. On parle de thrombose veineuse profonde lorsqu’il se forme dans une veine, souvent dans la jambe, et d’embolie pulmonaire lorsqu’une partie du caillot migre jusqu’aux poumons. Ces complications peuvent être graves, mais elles peuvent être traitées — et parfois prévenues.
Cancer et thrombose peuvent sembler être deux maladies sans rapport.
Pourtant, elles sont étroitement liées.
Les personnes atteintes d’un cancer présentent un risque plus élevé de thromboembolie veineuse que la population générale. Les recommandations internationales considèrent d’ailleurs la prévention et le traitement des thromboses comme une partie importante de la prise en charge oncologique.
Pourquoi ?
Parce qu’un cancer peut modifier :
l’équilibre naturel de la coagulation du sang.
Et ce n’est pas le seul facteur.
La maladie, certains traitements, une opération, une hospitalisation, une diminution de la mobilité ou encore la présence d’un cathéter peuvent parfois se combiner.
Comprendre ce risque permet surtout de reconnaître rapidement les symptômes qui doivent alerter.
🩸 Qu’est-ce qu’une thrombose ?
Notre organisme possède un système de coagulation extrêmement utile.
Lorsqu’un vaisseau sanguin est blessé, il permet de former un caillot afin de stopper le saignement.
Mais un caillot peut parfois apparaître :
alors qu’il n’est pas nécessaire.
Lorsqu’il se forme dans une veine profonde, on parle de :
thrombose veineuse profonde
ou :
TVP.
On utilise aussi couramment le mot :
phlébite.
Elle touche souvent une veine profonde de la jambe, même si d’autres localisations sont possibles.
🫁 Et qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire ?
Le principal danger d’une thrombose veineuse profonde est qu’une partie du caillot puisse se détacher.
Elle circule alors dans le sang jusqu’aux poumons.
Le caillot peut venir obstruer une artère pulmonaire.
C’est :
l’embolie pulmonaire.
La thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire sont donc deux manifestations d’une même maladie :
la thromboembolie veineuse.
Une embolie pulmonaire peut être peu symptomatique dans certains cas.
Dans d’autres, elle peut constituer une urgence vitale.
🧬 Pourquoi le cancer favorise-t-il la formation de caillots ?
La relation entre cancer et coagulation est complexe.
Une tumeur n’est pas simplement un groupe de cellules qui se multiplient.
Elle peut également produire ou stimuler différentes substances capables d’interagir avec :
- les plaquettes ;
- les cellules des vaisseaux ;
- les protéines de la coagulation ;
- l’inflammation ;
- et le système immunitaire.
Le résultat peut être un organisme davantage orienté vers :
la coagulation.
On parle parfois d’un état :
hypercoagulable.
Autrement dit, chez certains patients, le sang présente une plus grande tendance à former des caillots.
🔺 Cancer + traitements + immobilité : plusieurs facteurs peuvent s’additionner
Pour comprendre la thrombose, les médecins utilisent depuis longtemps trois grands mécanismes, regroupés sous le nom de :
triade de Virchow.
🩸 Le sang coagule davantage
Le cancer peut favoriser un état d’hypercoagulabilité.
🧱 La paroi du vaisseau est perturbée
Une chirurgie, un cathéter ou certains traitements peuvent contribuer à modifier ou irriter les vaisseaux.
🛏️ Le sang circule moins rapidement
Une hospitalisation, une opération, une fatigue importante ou une mobilité réduite peuvent favoriser la stagnation du sang dans les veines.
Chez une personne atteinte d’un cancer, plusieurs de ces mécanismes peuvent être présents simultanément.
🎗️ Tous les cancers présentent-ils le même risque de thrombose ?
Non.
Le risque varie considérablement selon :
- le type de cancer ;
- son stade ;
- les traitements utilisés ;
- l’état général ;
- les antécédents de thrombose ;
- et d’autres caractéristiques individuelles.
Les recommandations ASCO insistent justement sur cette grande variabilité et recommandent une évaluation du risque, notamment au début d’un traitement systémique et lors d’une hospitalisation.
Certains cancers sont historiquement associés à un risque thrombotique particulièrement important, notamment certains cancers :
- du pancréas ;
- de l’estomac ;
- du cerveau ;
- du poumon ;
- gynécologiques ;
- et certaines maladies hématologiques.
Un cancer métastatique ou très actif peut également augmenter le risque.
Mais cela ne signifie évidemment pas qu’une thrombose apparaîtra chez toutes les personnes concernées.
💊 Les traitements anticancéreux peuvent-ils augmenter le risque ?
Oui, certains traitements peuvent contribuer au risque thrombotique.
Cela dépend toutefois fortement :
du médicament et du contexte.
Le risque peut notamment être influencé par certaines :
- chimiothérapies ;
- hormonothérapies ;
- thérapies ciblées ;
- associations de traitements ;
- et certains traitements utilisés dans le myélome multiple.
La chirurgie oncologique représente également une période particulière de risque.
C’est pourquoi les recommandations internationales prévoient une prévention anticoagulante dans certaines situations chirurgicales ou chez certains patients présentant un risque suffisamment élevé.
Il ne faut cependant jamais arrêter un traitement anticancéreux parce que l’on a lu qu’il pouvait augmenter le risque de thrombose.
Le risque individuel doit être évalué par l’équipe médicale.
🏥 Pourquoi une opération augmente-t-elle le risque ?
La chirurgie réunit plusieurs facteurs favorisant la thrombose :
- réaction inflammatoire ;
- activation de la coagulation ;
- lésion de tissus et de vaisseaux ;
- immobilité pendant et après l’intervention ;
- parfois diminution temporaire de la mobilité.
Chez les patients opérés d’un cancer, une prévention par anticoagulants est donc fréquemment utilisée.
Les recommandations ASCO prévoient une prophylaxie pharmacologique pour les patients concernés par une chirurgie oncologique majeure, avec possibilité de prolonger la prévention chez certains patients à risque.
💉 Et les chambres implantables et cathéters ?
Un cathéter veineux central ou une chambre implantable — souvent appelée Port-a-Cath — facilite énormément l’administration des traitements.
Mais la présence d’un dispositif dans une veine peut également favoriser une thrombose autour du cathéter.
Dans ce cas, les symptômes peuvent apparaître non pas dans la jambe mais au niveau :
- d’un bras ;
- d’une épaule ;
- du cou ;
- ou du haut du thorax.
On peut observer par exemple :
un bras qui gonfle ;
une sensation de lourdeur ;
une douleur ;
des veines superficielles soudainement plus visibles.
Ces symptômes doivent être signalés à l’équipe médicale.
🦵 Quels sont les signes d’une phlébite ?
Une thrombose veineuse profonde de la jambe peut provoquer :
🦵 un gonflement d’une seule jambe ;
🔥 une sensation de chaleur ;
🔴 une modification de la couleur de la peau ;
⚡ une douleur ou une sensibilité inhabituelle ;
📏 une différence de volume entre les deux jambes.
La douleur peut notamment toucher le mollet ou la cuisse.
Mais attention :
une thrombose peut aussi provoquer peu de symptômes.
Et inversement, une douleur au mollet n’est pas automatiquement une thrombose.
Seul un examen médical, souvent complété par une échographie veineuse et parfois d’autres examens, permet d’établir le diagnostic.
🚨 Quels signes peuvent évoquer une embolie pulmonaire ?
Certains symptômes nécessitent une évaluation médicale particulièrement rapide.
Notamment :
🫁 un essoufflement brutal ou inhabituel ;
💥 une douleur thoracique soudaine, parfois accentuée par l’inspiration ;
❤️ un cœur qui bat rapidement ;
😵 un malaise, des vertiges ou une perte de connaissance ;
🩸 parfois des crachats contenant du sang.
Chez une personne atteinte d’un cancer, l’apparition soudaine d’un essoufflement ou d’une douleur thoracique ne doit pas être simplement attribuée :
au stress,
à la fatigue,
ou au traitement.
Une embolie pulmonaire fait partie des diagnostics qu’il faut pouvoir exclure rapidement.
🚑 Quand faut-il appeler les secours ?
Un essoufflement brutal et important, une douleur thoracique intense, une perte de connaissance ou un malaise sévère peuvent correspondre à une urgence médicale.
En Belgique :
📞 112
est le numéro d’urgence.
Il vaut mieux demander une évaluation médicale que tenter de déterminer soi-même si les symptômes correspondent réellement à une embolie pulmonaire.
🩺 Et pour une jambe qui gonfle soudainement ?
Un gonflement inexpliqué d’une jambe, particulièrement s’il est associé à une douleur, une chaleur ou une modification de couleur, doit également conduire à :
contacter rapidement un professionnel de santé.
Selon la situation, l’équipe oncologique, le médecin traitant ou un service d’urgence pourra orienter vers les examens nécessaires.
Il ne faut pas :
- masser vigoureusement la jambe ;
- attendre plusieurs jours « pour voir » si le gonflement disparaît ;
- commencer soi-même de l’aspirine ou un anticoagulant.
🔎 Comment diagnostique-t-on une thrombose ?
Pour une suspicion de thrombose veineuse profonde, l’examen de référence repose souvent sur :
l’échographie des veines.
Le médecin tient également compte :
- des symptômes ;
- du contexte ;
- du risque individuel ;
- et éventuellement de certains examens sanguins.
Dans la population générale, le dosage des D-dimères peut être utilisé dans certaines stratégies diagnostiques.
Chez les personnes atteintes d’un cancer, leur interprétation peut toutefois être plus complexe car le cancer, l’inflammation, une opération ou d’autres situations peuvent déjà augmenter leur concentration.
Un D-dimère élevé ne signifie donc pas automatiquement :
thrombose.
🫁 Comment diagnostique-t-on une embolie pulmonaire ?
Selon la situation clinique, plusieurs examens peuvent être utilisés.
L’un des principaux est :
l’angioscanner pulmonaire.
Il permet de visualiser les artères pulmonaires et de rechercher un caillot.
D’autres examens peuvent également être nécessaires selon le patient :
- analyses sanguines ;
- électrocardiogramme ;
- mesure de l’oxygénation ;
- échographie ;
- scintigraphie ventilation-perfusion dans certaines situations.
Le choix dépend de l’état clinique et des éventuelles contre-indications.
💊 Comment traite-t-on une thrombose lorsqu’on a un cancer ?
Le traitement repose généralement sur :
un anticoagulant.
Contrairement à une idée fréquente, un anticoagulant ne « dissout » pas instantanément le caillot.
Il empêche principalement :
- son extension ;
- la formation de nouveaux caillots ;
- et réduit le risque de récidive.
L’organisme peut ensuite progressivement dégrader le thrombus.
💉 Quels anticoagulants peuvent être utilisés ?
Pendant longtemps, les personnes atteintes d’un cancer et d’une thrombose ont principalement été traitées par des injections d’:
héparine de bas poids moléculaire.
Ces médicaments restent utilisés.
Mais certains anticoagulants oraux directs occupent désormais également une place importante.
Les recommandations ASCO incluent notamment, selon la situation :
- l’apixaban ;
- le rivaroxaban ;
- l’edoxaban ;
- et les héparines de bas poids moléculaire.
Le choix dépend cependant du cancer, du risque de saignement, des traitements reçus, de la fonction rénale et des interactions médicamenteuses.
🩸 Pourquoi le risque de saignement compte-t-il autant ?
Parce que traiter une thrombose chez une personne atteinte d’un cancer demande de trouver un équilibre entre :
éviter un nouveau caillot
et :
ne pas provoquer de saignement important.
Certaines tumeurs ou situations augmentent davantage le risque hémorragique.
Les recommandations signalent notamment une prudence particulière avec certains anticoagulants oraux chez les patients présentant des cancers gastro-intestinaux ou génito-urinaires à risque de saignement.
Le choix du traitement anticoagulant doit donc être :
individualisé.
⏱️ Combien de temps faut-il prendre l’anticoagulant ?
Il n’existe pas une durée identique pour tout le monde.
Les recommandations ASCO prévoient généralement un traitement anticoagulant pendant au moins :
6 mois
dans le cadre d’une thrombose associée au cancer, avec réévaluation ensuite.
Le traitement peut être poursuivi plus longtemps lorsque :
- le cancer reste actif ;
- des métastases sont présentes ;
- certains traitements se poursuivent ;
- ou que le risque de récidive reste important.
Mais la décision dépend également :
- du risque de saignement ;
- de l’évolution du cancer ;
- des préférences du patient ;
- et de la situation clinique.
🛡️ Peut-on prévenir les thromboses pendant un cancer ?
Oui, dans certaines situations.
Mais cela ne signifie pas que toutes les personnes atteintes d’un cancer doivent recevoir un anticoagulant.
C’est une nuance essentielle.
Les recommandations ASCO indiquent que la prévention anticoagulante :
n’est pas recommandée systématiquement à tous les patients ambulatoires atteints d’un cancer.
Pourquoi ?
Parce qu’un anticoagulant diminue le risque de thrombose mais augmente également :
le risque de saignement.
Il faut donc identifier les patients chez lesquels le bénéfice attendu dépasse ce risque.
📊 Comment les médecins évaluent-ils le risque ?
Plusieurs éléments sont pris en compte.
Chez certains patients ambulatoires commençant un traitement systémique, un outil appelé :
score de Khorana
peut contribuer à l’évaluation du risque.
Il prend notamment en considération :
- le type de cancer ;
- le taux de plaquettes ;
- l’hémoglobine ;
- les globules blancs ;
- l’indice de masse corporelle.
Mais ce score n’est qu’une partie de l’évaluation.
L’âge, les antécédents, le stade du cancer, les traitements, l’immobilité, une opération récente ou d’autres facteurs peuvent également compter.
Les recommandations insistent donc sur une évaluation :
individualisée et répétée au cours du parcours de soins.
🚶 Bouger permet-il de prévenir une thrombose ?
Maintenir une activité physique adaptée et éviter les longues périodes d’immobilité peut contribuer à favoriser la circulation veineuse.
Selon l’état de santé, cela peut simplement signifier :
- se lever régulièrement ;
- marcher quelques minutes ;
- mobiliser les jambes ;
- reprendre progressivement une activité après une intervention.
Mais une personne très fatiguée, hospitalisée ou venant d’être opérée doit suivre les recommandations de son équipe médicale.
Bouger ne remplace pas une prévention anticoagulante lorsqu’elle est médicalement indiquée.
💧 Et boire beaucoup d’eau ?
Une hydratation correcte est généralement utile pendant les traitements, sauf indication médicale contraire.
Mais boire davantage :
ne constitue pas un traitement contre la thrombose
et ne remplace pas un anticoagulant ou une évaluation médicale.
Même chose pour :
- les compléments alimentaires ;
- l’aspirine ;
- les plantes ;
- les « fluidifiants naturels ».
Certains peuvent même augmenter le risque de saignement ou interagir avec les traitements.
✈️ Cancer, thrombose et longs trajets : faut-il être prudent ?
Une immobilité prolongée peut contribuer au risque de thrombose.
Un long trajet en avion, en voiture ou en train peut donc représenter un facteur supplémentaire chez une personne présentant déjà plusieurs facteurs de risque.
Mais le niveau de risque varie énormément d’une personne à l’autre.
Avant un long voyage, notamment après une opération, pendant certains traitements ou après une thrombose récente, il peut être utile d’en parler avec l’équipe médicale.
Il ne faut pas commencer soi-même un anticoagulant ou de l’aspirine « pour le voyage ».
🩸 Une thrombose peut-elle être le premier signe d’un cancer ?
Parfois.
Une thrombose peut exceptionnellement conduire à découvrir un cancer qui n’avait pas encore été diagnostiqué.
Cette association est connue depuis longtemps.
Mais cela ne signifie absolument pas que :
toute thrombose cache un cancer.
La majorité des thromboses peuvent être associées à de nombreux autres facteurs :
- opération ;
- immobilisation ;
- grossesse ;
- contraception ou traitements hormonaux ;
- âge ;
- antécédents ;
- maladies inflammatoires ;
- facteurs génétiques ;
- ou parfois aucune cause immédiatement identifiable.
Lorsqu’une thrombose survient sans facteur évident, le médecin évalue la situation et décide des examens pertinents.
Une batterie systématique d’examens à la recherche de tous les cancers n’est pas automatiquement nécessaire.
🔄 Peut-on refaire une thrombose malgré un anticoagulant ?
Oui, cela peut arriver.
Les personnes atteintes d’un cancer présentent non seulement davantage de thromboses, mais aussi un risque de récidive plus important que les personnes sans cancer.
Si de nouveaux symptômes apparaissent alors qu’un anticoagulant est déjà prescrit, il faut donc les signaler.
Il ne faut surtout pas :
doubler la dose soi-même.
L’équipe médicale devra rechercher la cause et éventuellement adapter le traitement.
🩹 Quels signes doivent alerter lorsqu’on prend un anticoagulant ?
Puisqu’un anticoagulant augmente le risque de saignement, certains symptômes doivent également être signalés rapidement :
- saignement qui ne s’arrête pas ;
- sang dans les urines ;
- selles noires ou sang dans les selles ;
- vomissements contenant du sang ;
- saignements répétés importants ;
- apparition inhabituelle de nombreux hématomes ;
- mal de tête brutal ou inhabituel, surtout après une chute ou un choc.
La conduite à tenir dépend de la gravité de la situation.
Un anticoagulant ne doit pas être interrompu de sa propre initiative.
Arrêter brutalement le traitement peut réaugmenter le risque de thrombose.
🚨 Le mémo Oncostar : les signes à ne pas banaliser
🦵 Une jambe
Gonflement soudain
Douleur inhabituelle
Chaleur ou changement de couleur
➡️ Thrombose possible : avis médical rapide.
💉 Un bras avec cathéter ou chambre implantable
Bras ou épaule qui gonfle
Douleur ou lourdeur inhabituelle
Veines soudainement très visibles
➡️ Contactez rapidement l’équipe médicale.
🫁 Respiration / poitrine
Essoufflement brutal
Douleur thoracique soudaine
Malaise ou perte de connaissance
Difficulté importante à respirer
➡️ Embolie pulmonaire possible : urgence médicale — 112 en Belgique.
🧠 Cinq idées reçues sur cancer et thrombose
« Si je marche tous les jours, je ne peux pas faire de thrombose. »
Faux.
L’activité physique peut contribuer à réduire certains facteurs de risque, mais elle n’annule pas le risque lié au cancer.
« Une thrombose fait toujours très mal. »
Faux.
Certaines thromboses sont peu symptomatiques.
« Une embolie pulmonaire provoque toujours une douleur énorme. »
Faux.
La présentation peut être très variable.
« Tous les patients sous chimiothérapie devraient prendre un anticoagulant. »
Faux.
La prévention systématique n’est pas recommandée pour tous les patients ambulatoires.
« Si je prends déjà un anticoagulant, je ne peux plus faire de thrombose. »
Faux.
Le risque diminue, mais une récidive reste possible.
Ce qu’il faut retenir
🩸 Le cancer augmente le risque de thromboembolie veineuse, qui comprend la thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire.
🧬 La maladie peut favoriser la coagulation, tandis que les traitements, la chirurgie, l’immobilité et certains cathéters peuvent ajouter d’autres facteurs de risque.
🎗️ Tous les cancers et tous les patients n’ont pas le même niveau de risque.
🦵 Une jambe qui gonfle soudainement, devient douloureuse ou chaude doit faire évoquer une thrombose.
🫁 Un essoufflement brutal, une douleur thoracique ou un malaise peuvent évoquer une embolie pulmonaire et nécessitent une évaluation urgente.
💊 Une thrombose associée au cancer est généralement traitée par anticoagulants. Plusieurs options existent aujourd’hui et le choix dépend notamment du risque de saignement et des interactions médicamenteuses.
🛡️ Les anticoagulants préventifs ne sont pas prescrits automatiquement à toutes les personnes atteintes d’un cancer.
📊 Le risque doit être évalué individuellement et réévalué au cours du parcours oncologique.
⚠️ Il ne faut jamais commencer, arrêter ou modifier seul un anticoagulant, de l’aspirine ou un traitement anticancéreux en raison du risque de thrombose.
À retenir : la thrombose est une complication connue du cancer et de certaines situations liées à son traitement. L’objectif n’est pas de vivre dans la crainte d’un caillot, mais d’en connaître les principaux signes. Une jambe qui gonfle brutalement ou un essoufflement soudain sont des symptômes qu’il vaut mieux signaler rapidement plutôt que banaliser.
Pour aller plus loin
La prévention d’une thrombose ne repose pas uniquement sur les médicaments. Lorsque l’état de santé le permet, conserver une certaine mobilité fait partie des mesures utiles pendant et après les traitements.
👉 Activité physique et cancer : pourquoi bouger peut réellement aider
Oncostar reviendra également sur les situations particulières dans lesquelles le risque peut évoluer : chirurgie, hospitalisation, voyages, cathéters ou reprise progressive de l’activité.
Sources scientifiques et références
🌍 ASCO — prévention et traitement de la thrombose associée au cancer
Les recommandations de l’American Society of Clinical Oncology détaillent l’évaluation du risque, la prévention et le traitement de la thromboembolie veineuse chez les personnes atteintes d’un cancer. L’actualisation publiée en 2023 a notamment intégré de nouvelles données sur les anticoagulants oraux directs.
Consulter les recommandations ASCO
🌍 ASCO — évaluation et prévention du risque
Les recommandations complètes précisent notamment que la prophylaxie anticoagulante ne doit pas être proposée systématiquement à tous les patients ambulatoires atteints d’un cancer et recommandent une évaluation régulière du risque thrombotique.
📖 Glossaire
Thrombose : formation d’un caillot sanguin à l’intérieur d’un vaisseau.
Thrombus : terme médical désignant le caillot formé dans un vaisseau.
Thrombose veineuse profonde (TVP) : formation d’un caillot dans une veine profonde, souvent située dans la jambe.
Phlébite : terme couramment utilisé pour désigner une thrombose veineuse, notamment une TVP.
Embolie pulmonaire : obstruction d’une artère pulmonaire par un caillot, généralement provenant d’une thrombose veineuse.
Thromboembolie veineuse (TEV) : terme regroupant principalement la thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire.
Anticoagulant : médicament diminuant la capacité du sang à former ou agrandir des caillots.
Héparine de bas poids moléculaire : famille d’anticoagulants généralement administrés par injection sous-cutanée.
Anticoagulant oral direct : médicament anticoagulant pris par voie orale, comme l’apixaban, le rivaroxaban ou l’edoxaban.
D-dimères : fragments produits lors de la dégradation de la fibrine d’un caillot. Leur dosage peut participer à certaines stratégies diagnostiques mais manque de spécificité, notamment dans le contexte du cancer.
Score de Khorana : outil utilisé dans certaines situations pour estimer le risque de thrombose chez des patients ambulatoires atteints d’un cancer recevant un traitement systémique.
Triade de Virchow : trois grands mécanismes favorisant la thrombose : hypercoagulabilité, ralentissement du flux sanguin et atteinte de la paroi vasculaire.
🔬 Niveau de preuve scientifique
★★★★★ Le cancer augmente le risque de thromboembolie veineuse.
Cette association est solidement établie et intégrée aux recommandations internationales.
★★★★★ La chirurgie, l’hospitalisation, l’immobilité et certains traitements peuvent augmenter davantage le risque chez certains patients.
★★★★★ Les anticoagulants réduisent le risque de récidive après une thrombose associée au cancer.
★★★★☆ Une prophylaxie anticoagulante peut réduire le risque de thrombose chez certains patients ambulatoires à haut risque.
Elle doit être sélectionnée individuellement car elle expose également à un risque de saignement.
★★★★★ Une prophylaxie anticoagulante systématique n’est pas indiquée chez tous les patients ambulatoires atteints d’un cancer.
Dernière mise à jour scientifique : octobre 2026.
Cet article fournit une information générale et ne remplace pas un avis médical. En cas d’essoufflement brutal, de douleur thoracique importante, de malaise sévère ou de perte de connaissance, une évaluation médicale urgente est nécessaire. En Belgique, le numéro d’urgence est le 112. Si vous prenez déjà un anticoagulant, ne modifiez jamais la dose et ne l’interrompez pas sans avis médical.