Pourquoi le cancer du poumon touche aussi les non-fumeurs ? Ce que révèle la science

Pourquoi le cancer du poumon touche aussi les non-fumeurs ? Ce que révèle la science

Pendant longtemps, le cancer du poumon a été presque exclusivement associé au tabac. Pourtant, une réalité souvent méconnue mérite d’être soulignée : des personnes n’ayant jamais fumé peuvent elles aussi développer un cancer du poumon.

Ce constat soulève de nombreuses questions. Pourquoi cela arrive-t-il ? Quels sont les facteurs de risque ? Et surtout, qu’en est-il en Belgique ?

Les recherches récentes permettent aujourd’hui de mieux comprendre ce phénomène.

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Le tabac reste le principal facteur de risque

Il est important de rappeler que le tabagisme demeure de très loin la première cause de cancer du poumon.

Environ 80 à 90 % des cancers du poumon sont liés directement ou indirectement à la consommation de tabac.

Arrêter de fumer reste donc la mesure de prévention la plus efficace.

Mais cela ne signifie pas que les non-fumeurs sont totalement protégés.


Jusqu’à un cancer du poumon sur cinq concerne des non-fumeurs

Selon les études internationales, 10 à 20 % des cancers du poumon surviennent chez des personnes n’ayant jamais fumé.

Si ces patients formaient un pays, le cancer du poumon des non-fumeurs représenterait l’une des principales causes de décès par cancer dans le monde.

Les chercheurs considèrent aujourd’hui cette forme de cancer comme une entité ayant parfois des caractéristiques biologiques différentes.


Pourquoi un non-fumeur peut-il développer un cancer du poumon ?

Plusieurs facteurs peuvent intervenir.

Le radon : un risque encore trop peu connu

Le radon est un gaz radioactif naturel provenant du sous-sol.

Invisible, inodore et sans goût, il peut s’accumuler dans certaines habitations, notamment dans les caves ou les pièces peu ventilées.

Après le tabac, le radon est considéré comme la deuxième cause de cancer du poumon, et la première chez les personnes qui n’ont jamais fumé.


Le tabagisme passif

Respirer régulièrement la fumée de cigarette augmente également le risque de cancer du poumon.

Même si ce risque est nettement inférieur à celui du tabagisme actif, il reste bien documenté.


La pollution de l’air

Les particules fines, notamment celles liées au trafic routier et à certaines activités industrielles, sont aujourd’hui classées comme cancérogènes par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC).

Une exposition prolongée peut contribuer au développement d’un cancer du poumon.


Les expositions professionnelles

Certaines professions exposent davantage à des substances reconnues comme cancérogènes :

  • amiante ;
  • silice ;
  • gaz d’échappement diesel ;
  • arsenic ;
  • chrome ;
  • nickel.

Ces expositions concernent notamment certains secteurs industriels, du bâtiment ou des transports.


Les facteurs génétiques

Chez les non-fumeurs, certains cancers présentent plus fréquemment des anomalies génétiques spécifiques.

Par exemple, les mutations du gène EGFR sont davantage observées chez les personnes n’ayant jamais fumé, ce qui peut influencer le choix des traitements ciblés.


Les symptômes sont-ils différents ?

Non.

Les symptômes restent généralement les mêmes :

  • toux persistante ;
  • essoufflement ;
  • douleurs thoraciques ;
  • crachats de sang ;
  • perte de poids inexpliquée ;
  • fatigue importante.

Chez les non-fumeurs, le diagnostic est parfois retardé, car le cancer du poumon est moins souvent suspecté.


🇧🇪 Et en Belgique ?

En Belgique, plusieurs facteurs méritent une attention particulière.

Le radon est présent dans certaines régions

L’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) rappelle que certaines zones du pays présentent un potentiel plus élevé d’exposition au radon.

Les provinces de :

  • Luxembourg ;
  • Namur ;
  • Liège ;
  • certaines parties du Brabant wallon

sont particulièrement concernées.

Un simple test de mesure permet de connaître la concentration de radon dans son habitation.


Les autorités recommandent de mesurer son habitation

L’AFCN recommande particulièrement une mesure :

  • lors d’un achat immobilier ;
  • après des travaux importants ;
  • si l’habitation est située dans une zone à risque.

Lorsque les concentrations sont élevées, des solutions relativement simples permettent souvent de réduire l’exposition.


Le cancer du poumon reste fréquent en Belgique

Selon le Registre belge du Cancer, le cancer du poumon figure parmi les cancers les plus fréquents dans notre pays.

Même si la majorité des cas restent liés au tabac, les spécialistes observent également des diagnostics chez des personnes n’ayant jamais fumé.


Peut-on prévenir ces cancers ?

On ne peut malheureusement pas prévenir tous les cancers du poumon.

En revanche, plusieurs mesures permettent de réduire le risque :

✅ ne pas fumer ;

✅ éviter le tabagisme passif ;

✅ mesurer le radon dans son habitation lorsque cela est recommandé ;

✅ respecter les protections professionnelles ;

✅ limiter autant que possible l’exposition à la pollution.


Ce qu’il faut retenir

Le cancer du poumon ne touche pas uniquement les fumeurs.

Chez les non-fumeurs, plusieurs facteurs peuvent intervenir, notamment le radon, la pollution atmosphérique, certaines expositions professionnelles et des prédispositions génétiques.

En Belgique, la sensibilisation au radon représente un enjeu important de santé publique. Connaître ce risque et agir lorsque cela est nécessaire permet de réduire une partie des cancers du poumon évitables.

La meilleure prévention reste toutefois l’arrêt du tabac et l’adoption de mesures limitant les autres expositions connues.


FAQ – Les questions fréquentes

Un non-fumeur peut-il vraiment avoir un cancer du poumon ?

Oui. Entre 10 et 20 % des cancers du poumon surviennent chez des personnes n’ayant jamais fumé.

Quel est le principal risque chez les non-fumeurs ?

Le radon est considéré comme la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs.

Le radon est-il présent en Belgique ?

Oui. Certaines régions belges présentent un potentiel plus élevé d’exposition, notamment dans le sud du pays.

Peut-on mesurer le radon chez soi ?

Oui. Des kits de mesure sont disponibles et sont recommandés dans les zones concernées.

Les symptômes sont-ils différents ?

Non. Les symptômes sont généralement identiques à ceux observés chez les fumeurs.


Pour aller plus loin

Le cancer du poumon est souvent associé au tabagisme, mais il peut également toucher des personnes n’ayant jamais fumé. Comprendre les différents facteurs de risque, comme le radon, la pollution de l’air ou certaines expositions professionnelles, permet d’adopter des mesures de prévention adaptées.

À retenir : ne jamais avoir fumé réduit fortement le risque de cancer du poumon, mais ne le supprime pas totalement. Le radon, la pollution de l’air et certaines expositions professionnelles sont également des facteurs de risque reconnus.

Sources scientifiques et références

Cet article repose sur les données des autorités sanitaires belges et internationales ainsi que sur les publications scientifiques les plus récentes concernant le cancer du poumon chez les personnes n’ayant jamais fumé.

🇧🇪 Références belges

🌍 Références internationales

  • Organisation mondiale de la Santé (OMS)
    Cancer du poumon, pollution de l’air et prévention.
    https://www.who.int
  • Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC/IARC)
    Classification des agents cancérogènes, notamment la pollution atmosphérique et le radon.
    https://www.iarc.who.int
  • American Cancer Society
    Lung Cancer in People Who Never Smoked.
    https://www.cancer.org
  • National Cancer Institute (NCI)
    Facteurs de risque du cancer du poumon.
    https://www.cancer.gov

📚 Études scientifiques majeures

  • The Lancet Respiratory Medicine
    Lung cancer in never-smokers: emerging evidence and future challenges.
  • Nature Reviews Cancer
    Biologie moléculaire et caractéristiques des cancers du poumon chez les non-fumeurs.
  • New England Journal of Medicine
    Études sur les mutations EGFR et les thérapies ciblées dans les cancers pulmonaires des non-fumeurs.
  • Environmental Health Perspectives
    Travaux sur le radon résidentiel et le risque de cancer du poumon.

📖 Glossaire

  • Radon : gaz radioactif naturel provenant du sous-sol pouvant s’accumuler dans les bâtiments.
  • EGFR : gène pouvant présenter des mutations dans certains cancers du poumon, notamment chez les non-fumeurs.
  • Tabagisme passif : exposition involontaire à la fumée de tabac.
  • Particules fines (PM2.5) : particules microscopiques présentes dans l’air, pouvant pénétrer profondément dans les poumons.
  • Thérapie ciblée : traitement agissant spécifiquement sur certaines anomalies moléculaires des cellules cancéreuses.

🔬 Niveau de preuve scientifique

  • ★★★★★ Le tabagisme reste le principal facteur de risque du cancer du poumon.
  • ★★★★★ Le radon est reconnu comme la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs.
  • ★★★★★ Les effets cancérogènes de la pollution atmosphérique sont établis par le CIRC.
  • ★★★★☆ Les mutations EGFR sont plus fréquentes chez les personnes n’ayant jamais fumé.
  • ★★★★☆ Les expositions professionnelles (amiante, silice, diesel…) augmentent le risque de cancer pulmonaire.

Dernière mise à jour scientifique : juillet 2026. Les données présentées reposent sur les recommandations des autorités sanitaires belges, du CIRC, de l’OMS et sur les principales publications scientifiques disponibles à ce jour.

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