Course à pied et cancer : faut-il s’inquiéter d’une récente étude sur les marathoniens ?

Depuis plusieurs semaines, plusieurs médias relaient une étude américaine aux résultats qualifiés de « surprenants » : certains chercheurs ont observé une proportion importante de coureurs de marathon et d’ultramarathon parmi des patients atteints d’un cancer colorectal diagnostiqué avant l’âge de 50 ans.

Cette information a naturellement suscité de nombreuses réactions.

La course à pied pourrait-elle favoriser le développement d’un cancer ?

Faut-il remettre en question les bienfaits de l’activité physique ?

La réponse courte est non.

Mais cette étude soulève néanmoins des questions intéressantes qui méritent d’être expliquées.


Une étude qui interpelle

Les chercheurs ont analysé un groupe de patients atteints d’un cancer colorectal à début précoce, c’est-à-dire diagnostiqué avant l’âge de 50 ans.

Parmi ces patients, ils ont observé une proportion inattendue de personnes pratiquant la course à pied sur de très longues distances :

  • marathons ;
  • ultramarathons ;
  • entraînements intensifs sur plusieurs années.

Cette observation a conduit les scientifiques à s’interroger sur un éventuel lien entre les efforts d’endurance extrêmes et certains mécanismes biologiques impliqués dans le développement du cancer colorectal.

Cependant, il est essentiel de comprendre qu’il s’agit d’une observation et non d’une preuve de causalité.


Ce que l’étude ne démontre pas

L’étude ne démontre absolument pas que courir provoque un cancer.

C’est un point fondamental.

Les chercheurs ont identifié une association dans un groupe particulier de patients, mais cela ne signifie pas que la course à pied est responsable de la maladie.

De nombreux autres facteurs peuvent intervenir :

  • génétique ;
  • alimentation ;
  • microbiote intestinal ;
  • environnement ;
  • mode de vie ;
  • hasard biologique.

Comme souvent en recherche médicale, une observation soulève une question qui devra ensuite être confirmée ou infirmée par d’autres travaux.


Pourquoi ces résultats sont-ils considérés comme surprenants ?

Parce que depuis des décennies, l’activité physique est reconnue comme un facteur protecteur contre plusieurs cancers.

De nombreuses études ont montré qu’une activité physique régulière est associée à une diminution du risque de :

  • cancer colorectal ;
  • cancer du sein ;
  • cancer de l’endomètre ;
  • plusieurs autres cancers.

L’activité physique contribue également à :

  • maintenir un poids de santé ;
  • réduire l’inflammation chronique ;
  • améliorer le métabolisme ;
  • renforcer le système immunitaire.

Une hypothèse liée aux efforts extrêmes

Les chercheurs ne s’intéressent pas à la pratique sportive classique.

Leur réflexion concerne plutôt les très grands volumes d’entraînement observés chez certains marathoniens et ultramarathoniens.

Plusieurs hypothèses sont actuellement explorées :

Une diminution temporaire de l’irrigation intestinale

Lors d’efforts prolongés, une partie du flux sanguin est redirigée vers les muscles.

L’intestin pourrait alors subir des épisodes répétés de stress physiologique.

Une inflammation digestive répétée

Certaines études ont déjà observé des phénomènes inflammatoires transitoires après des compétitions d’endurance très longues.

Des microtraumatismes digestifs

Des altérations temporaires de la barrière intestinale ont été décrites chez certains sportifs pratiquant l’endurance extrême.

Pour l’instant, aucune de ces hypothèses n’a été démontrée comme responsable d’un cancer.


Les bénéfices de la course à pied restent largement supérieurs aux risques

À ce jour, les recommandations internationales n’ont pas changé.

Les organismes de santé publique continuent de recommander une activité physique régulière pour :

  • prévenir de nombreuses maladies chroniques ;
  • améliorer la santé cardiovasculaire ;
  • réduire le risque de plusieurs cancers ;
  • favoriser le bien-être psychologique.

Même chez les personnes atteintes d’un cancer, l’activité physique adaptée fait aujourd’hui partie intégrante des soins de support.


Une étude qui rappelle l’importance de la recherche

Cette étude ne doit pas être interprétée comme un message d’alerte contre la course à pied.

Elle illustre plutôt la manière dont la recherche scientifique fonctionne.

Les chercheurs observent parfois des phénomènes inattendus.

Ils formulent ensuite des hypothèses qui seront étudiées plus en profondeur.

Certaines seront confirmées.

D’autres seront abandonnées.

C’est grâce à ce processus que nos connaissances progressent.


Faut-il arrêter de courir ?

Non.

Pour l’immense majorité de la population, la réponse est très claire.

Les bénéfices de l’activité physique régulière dépassent largement les risques potentiels évoqués dans cette étude.

Les spécialistes continuent de recommander :

  • au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine ;
  • ou 75 minutes d’activité intense ;
  • associées à un mode de vie équilibré.

L’objectif reste de bouger régulièrement, quel que soit l’âge.


Le message à retenir

Cette étude soulève une question scientifique intéressante concernant les sportifs pratiquant des volumes d’entraînement extrêmement élevés.

Mais elle ne remet absolument pas en cause les bénéfices démontrés de l’activité physique pour la prévention du cancer.

Au contraire, rester actif demeure l’une des recommandations les plus solides en matière de santé publique.

Comme souvent en cancérologie, la prévention repose sur un ensemble de facteurs :

  • activité physique ;
  • alimentation équilibrée ;
  • limitation du tabac ;
  • consommation modérée d’alcool ;
  • participation aux programmes de dépistage.

Pour aller plus loin sur Oncostar

Sources

Professionnels pouvant vous accompagner

Oncostar référence des professionnels engagés auprès des patients et de leurs proches. Découvrez quelques profils susceptibles de vous accompagner dans votre parcours.

Vous accompagnez des patients atteints de cancer ?

Oncostar référence des professionnels de santé et des acteurs du bien-être spécialisés dans l accompagnement des patients et de leurs proches.

Rejoindre le réseau Oncostar

📩 Ne manquez aucune actualité !

Recevez directement dans votre boîte mail des conseils et les dernières mises à jour d’Oncostar.

Votre adresse e-mail ne sera utilisée que pour vous envoyer nos actualités. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.