Leur venin peut être mortel… pourtant, il pourrait aussi aider à combattre le cancer

Leur venin peut être mortel… pourtant, il pourrait aussi aider à combattre le cancer

Serpents, scorpions, abeilles, araignées… Leurs venins ont évolué pour agir rapidement et avec une grande efficacité sur des mécanismes biologiques très précis.

Certaines de leurs molécules peuvent paralyser, perturber le système nerveux, détruire des cellules ou provoquer des réactions potentiellement mortelles.

Mais cette puissance intéresse aussi les chercheurs.

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Depuis plusieurs années, des scientifiques isolent et modifient certaines molécules présentes dans les venins afin d’étudier leur capacité à reconnaître des cellules cancéreuses, transporter des médicaments jusqu’aux tumeurs ou même détruire certaines cellules tumorales.

Une idée qui peut sembler paradoxale : transformer une toxine en outil médical.

Et en 2026, cette piste est loin de relever de la science-fiction. Certaines molécules inspirées de venins sont toujours au stade du laboratoire, mais d’autres ont déjà atteint les essais cliniques chez l’être humain.

Pourquoi les venins intéressent-ils autant la médecine ?

Un venin n’est pas une substance unique.

Il s’agit d’un mélange extrêmement complexe pouvant contenir des dizaines, voire des centaines de molécules biologiquement actives :

  • peptides ;
  • protéines ;
  • enzymes ;
  • toxines ;
  • autres petites molécules.

Au cours de l’évolution, certaines ont acquis une capacité remarquable à interagir avec des récepteurs, des canaux ioniques ou des membranes cellulaires.

C’est précisément cette puissance et cette sélectivité moléculaire qui intéressent les chercheurs.

L’objectif n’est évidemment pas d’injecter du venin à une personne atteinte d’un cancer.

Il consiste plutôt à identifier une molécule intéressante, à comprendre son fonctionnement puis, éventuellement, à la modifier afin d’en conserver les propriétés utiles tout en réduisant sa toxicité.

🦂 Le venin de scorpion et le glioblastome

L’un des exemples les plus avancés concerne une petite molécule appelée chlorotoxine.

Malgré son nom inquiétant, cette molécule est devenue un véritable outil de recherche en neuro-oncologie.

La chlorotoxine est un peptide composé de 36 acides aminés initialement isolé dans le venin d’un scorpion, Leiurus quinquestriatus.

Pourquoi intéresse-t-elle autant les chercheurs ?

Parce qu’elle présente une capacité remarquable à reconnaître certaines cellules tumorales, notamment celles du glioblastome, une forme particulièrement agressive de cancer cérébral.

Une toxine transformée en GPS contre les cellules cancéreuses

C’est probablement l’aspect le plus fascinant de cette recherche.

Une molécule issue d’un venin ne doit pas nécessairement être utilisée pour tuer directement une cellule cancéreuse.

Elle peut également servir de système de ciblage.

Imaginez une sorte de GPS moléculaire.

Si une molécule reconnaît préférentiellement certaines cellules tumorales, les chercheurs peuvent tenter de lui attacher :

  • un médicament ;
  • une molécule fluorescente ;
  • une nanoparticule ;
  • un radio-isotope ;
  • ou même l’utiliser pour orienter certaines cellules immunitaires.

La chlorotoxine a ainsi été étudiée comme moyen de mieux visualiser les tumeurs pendant une opération et comme système permettant d’orienter des traitements vers les cellules cancéreuses.

Faire « briller » une tumeur grâce à une molécule inspirée du venin

L’une des applications les plus étonnantes est l’imagerie chirurgicale.

Une version modifiée de la chlorotoxine, associée à un marqueur fluorescent, a été développée pour permettre aux chirurgiens de mieux distinguer les tissus tumoraux des tissus sains pendant certaines opérations.

Le principe est simple :

chlorotoxine → reconnaissance de la tumeur → marqueur fluorescent → meilleure visualisation par le chirurgien.

Des dérivés comme le tozuleristide (BLZ-100) ont ainsi été étudiés chez l’être humain, notamment pour l’imagerie de certaines tumeurs cérébrales.

Nous sommes donc déjà bien au-delà de la simple expérience réalisée sur des cellules dans une boîte de laboratoire.

🦂 Des cellules CAR-T guidées par une toxine de scorpion

Les chercheurs sont même allés encore plus loin.

Les CAR-T cells sont des cellules immunitaires du patient qui sont modifiées en laboratoire afin de mieux reconnaître certaines cellules cancéreuses.

Une équipe a utilisé la chlorotoxine comme domaine de reconnaissance pour développer des CAR-T capables de cibler certaines cellules de glioblastome.

Autrement dit, une molécule provenant initialement d’un venin de scorpion sert de système de reconnaissance permettant à une cellule immunitaire de repérer la tumeur.

Cette approche a atteint les essais cliniques de phase I chez des personnes atteintes de glioblastome récidivant ou progressif.

Cela ne signifie pas que ce traitement est aujourd’hui validé contre le glioblastome.

Les essais précoces servent notamment à évaluer sa faisabilité, sa sécurité et la dose appropriée.

Mais le simple fait qu’une molécule dérivée d’un venin soit intégrée à une stratégie CAR-T testée chez l’être humain illustre le chemin parcouru.

🐝 Le venin d’abeille intéresse lui aussi les chercheurs

Le scorpion n’est pas le seul animal étudié.

Le venin d’abeille contient notamment une molécule appelée mélittine.

Elle représente environ 40 à 50 % du poids sec du venin d’abeille et contribue fortement à son activité biologique.

La mélittine peut perturber les membranes cellulaires.

Cette propriété explique une partie de sa toxicité, mais elle a également suscité un intérêt en cancérologie.

Dans différents modèles précliniques, les chercheurs ont observé des effets sur plusieurs mécanismes associés au cancer, notamment :

  • la destruction des membranes cellulaires ;
  • l’apoptose, ou mort cellulaire programmée ;
  • la ferroptose ;
  • certaines voies de signalisation impliquées dans la croissance tumorale ;
  • l’angiogenèse ;
  • l’invasion tumorale ;
  • certains mécanismes associés aux métastases.

La mélittine peut-elle tuer des cellules de cancer du sein ?

Le cancer du sein fait notamment partie des cancers dans lesquels la mélittine a été étudiée.

Une revue systématique publiée en 2025 a analysé les recherches consacrées à son potentiel dans ce domaine et décrit plusieurs effets anticancéreux observés expérimentalement.

Mais une distinction est essentielle :

tuer une cellule cancéreuse en laboratoire n’est pas la même chose que traiter un cancer chez une personne.

De très nombreuses substances peuvent détruire des cellules dans une boîte de Petri.

Le défi consiste à obtenir le même effet dans une tumeur sans endommager dangereusement les cellules normales du patient.

Et c’est précisément le principal problème de la mélittine.

Une molécule anticancéreuse… mais également toxique

La mélittine n’est pas capable de faire naturellement la différence parfaite entre une cellule cancéreuse et une cellule saine.

Elle peut notamment endommager les globules rouges.

Elle présente également :

  • une toxicité systémique ;
  • un potentiel allergène important ;
  • un risque de réactions sévères chez certaines personnes.

Un important document scientifique publié en juin 2026 par un groupe de travail de l’European Academy of Allergy and Clinical Immunology (EAACI) considère le potentiel anticancéreux de la mélittine comme intéressant, mais souligne précisément ces obstacles à son utilisation chez l’être humain.

Les nanotechnologies pourraient-elles résoudre le problème ?

C’est l’une des pistes actuellement étudiées.

Plutôt que de laisser la mélittine circuler librement dans l’organisme, les chercheurs tentent de l’intégrer dans des systèmes permettant de la délivrer plus précisément vers les cellules tumorales.

Par exemple :

nanoparticule → transport de la mélittine → ciblage de la tumeur → libération locale.

L’objectif serait de conserver son activité anticancéreuse tout en réduisant son exposition aux tissus sains.

D’autres équipes modifient directement la structure des peptides issus des venins pour tenter de créer des versions plus sélectives et moins toxiques.

Ces approches restent principalement expérimentales.

🐍 Et le venin de serpent ?

Les venins de serpents contiennent eux aussi de nombreuses molécules capables d’interagir avec des mécanismes biologiques impliqués dans le cancer.

Certaines peuvent notamment influencer :

  • la coagulation ;
  • l’adhésion cellulaire ;
  • la formation des vaisseaux sanguins ;
  • la migration cellulaire ;
  • certains mécanismes de mort cellulaire.

Des toxines et enzymes provenant de différents serpents ont donc été étudiées comme sources potentielles de molécules anticancéreuses.

Une récente revue scientifique souligne cependant une réalité importante : malgré l’abondance des résultats précliniques, très peu de molécules issues de venins ont réussi à atteindre le stade des essais cliniques en oncologie.

Pourquoi est-il si difficile de transformer un venin en médicament ?

Une molécule peut sembler extrêmement prometteuse au laboratoire et ne jamais devenir un médicament.

Pour les molécules issues des venins, plusieurs obstacles sont particulièrement importants.

La toxicité

Une toxine est, par définition, capable de perturber fortement certains mécanismes biologiques.

Il faut donc parvenir à contrôler son action.

La sélectivité

Le traitement doit idéalement attaquer les cellules cancéreuses tout en épargnant suffisamment les tissus sains.

La stabilité

Certains peptides sont rapidement détruits dans l’organisme.

Leur distribution

Une molécule efficace doit atteindre la tumeur en quantité suffisante.

Les réactions immunitaires

Certaines molécules peuvent provoquer une réponse immunitaire ou allergique.

La dose

Une quantité trop faible peut être inefficace ; une quantité trop importante peut devenir dangereuse.

C’est pourquoi le développement d’un médicament nécessite généralement plusieurs étapes : laboratoire, modèles animaux, essais de phase I, puis phases II et III avant une éventuelle autorisation.

⚠️ Se faire piquer par une abeille ne traite évidemment pas le cancer

C’est un message particulièrement important.

Les recherches sur la mélittine ne signifient absolument pas que les piqûres d’abeilles peuvent traiter un cancer.

De la même manière :

le venin de scorpion n’est pas un traitement du glioblastome ;
le venin de serpent n’est pas une chimiothérapie naturelle ;
l’apithérapie ne remplace aucun traitement oncologique validé.

Le venin brut contient de nombreuses substances et son administration peut provoquer des réactions graves, notamment des réactions allergiques potentiellement mortelles.

La recherche scientifique travaille sur des molécules isolées, purifiées, modifiées et administrées dans des conditions extrêmement contrôlées.

Ce n’est absolument pas équivalent à utiliser directement le venin d’un animal.

🇧🇪 Et en Belgique ?

Cette recherche concerne également indirectement la Belgique.

Le document de position de l’EAACI consacré à la mélittine et publié en juin 2026 comprend notamment des chercheurs de la KU Leuven et de l’UZ Leuven.

Il illustre l’émergence d’un domaine parfois appelé AllergoOncology, qui étudie notamment les interactions entre allergie, système immunitaire et cancer.

Mais à l’heure actuelle, les venins d’abeilles, de scorpions ou de serpents ne constituent pas des traitements standards contre le cancer en Belgique.

Une personne atteinte d’un cancer ne doit donc jamais utiliser un venin ou une thérapie à base de venin en remplacement ou en complément de son traitement sans en parler à son équipe médicale.

La nature a déjà inspiré de nombreux médicaments

L’idée d’aller chercher des médicaments dans la nature n’est pas nouvelle.

Une grande partie de la pharmacologie moderne est issue ou inspirée de molécules découvertes dans :

  • les plantes ;
  • les champignons ;
  • les bactéries ;
  • les organismes marins ;
  • et les animaux.

Les venins représentent une immense bibliothèque moléculaire façonnée par des millions d’années d’évolution.

Pour un chercheur, une toxine n’est donc pas seulement un poison.

Elle peut également être une molécule extrêmement précise dont il faut comprendre le fonctionnement.

Et parfois, cette compréhension permet de transformer une arme biologique en outil médical.

Ce qu’il faut retenir

Les venins d’animaux contiennent des molécules biologiquement très actives qui intéressent la recherche contre le cancer.

La chlorotoxine, issue du venin de scorpion, est notamment étudiée pour reconnaître certaines cellules de glioblastome. Des technologies utilisant cette propriété ont déjà atteint les essais cliniques, notamment pour l’imagerie tumorale et pour guider des cellules CAR-T.

La mélittine, issue du venin d’abeille, présente quant à elle plusieurs propriétés anticancéreuses dans des modèles précliniques, mais sa toxicité et son potentiel allergène constituent encore des obstacles majeurs.

D’autres molécules issues de venins de serpents, d’araignées ou d’autres animaux sont également étudiées.

Mais dans la grande majorité des cas, nous sommes encore au stade de la recherche.

Le véritable potentiel médical ne réside pas dans le venin brut, mais dans les molécules que les scientifiques peuvent isoler, comprendre, modifier et éventuellement transformer en médicaments.


FAQ

Le venin peut-il tuer des cellules cancéreuses ?

Certaines molécules présentes dans différents venins peuvent détruire ou perturber des cellules cancéreuses en laboratoire. Cela ne signifie pas qu’un venin brut constitue un traitement efficace ou sûr chez l’être humain.

Le venin d’abeille peut-il traiter le cancer ?

Non. La mélittine contenue dans le venin d’abeille présente des propriétés anticancéreuses intéressantes dans des modèles précliniques, mais sa toxicité et son potentiel allergène empêchent actuellement de la considérer comme un traitement standard.

Une piqûre d’abeille peut-elle avoir un effet anticancéreux ?

Il n’existe aucune raison scientifique d’utiliser des piqûres d’abeilles pour traiter un cancer. Elles peuvent au contraire provoquer des réactions allergiques graves.

Pourquoi le venin de scorpion est-il étudié contre le glioblastome ?

Une molécule appelée chlorotoxine peut reconnaître certaines caractéristiques des cellules de glioblastome. Les chercheurs utilisent cette propriété comme système de ciblage pour l’imagerie ou pour orienter certaines thérapies vers la tumeur.

Existe-t-il déjà des essais chez l’être humain ?

Oui, pour certaines technologies dérivées de molécules issues de venins. Des essais de phase I ont notamment évalué des CAR-T utilisant un domaine de ciblage dérivé de la chlorotoxine chez des patients atteints de glioblastome.

Pourquoi ne pas simplement injecter la toxine dans la tumeur ?

Parce qu’une molécule toxique peut également endommager les cellules normales. Une grande partie de la recherche consiste précisément à améliorer son ciblage et à réduire sa toxicité.

Les venins pourraient-ils devenir de vrais traitements contre le cancer ?

Certaines molécules dérivées ou inspirées des venins pourraient contribuer à de futurs traitements, outils diagnostiques ou systèmes de délivrance ciblée. Mais la plupart des pistes restent aujourd’hui précliniques et doivent encore démontrer leur efficacité et leur sécurité chez l’être humain.

Pour aller plus loin

Les venins illustrent une stratégie de recherche de plus en plus étudiée en cancérologie : identifier dans la nature des molécules capables d’agir sur des mécanismes biologiques précis, puis les modifier afin d’en faire éventuellement des outils diagnostiques ou thérapeutiques.

⚠️ Venin étudié en laboratoire ≠ traitement contre le cancer

Les recherches présentées dans cet article concernent principalement des molécules isolées, purifiées ou modifiées à partir de venins. Elles ne démontrent pas que les piqûres d’abeilles, le venin de scorpion, le venin de serpent ou l’apithérapie puissent traiter un cancer. L’utilisation directe d’un venin peut être dangereuse et provoquer, notamment, des réactions allergiques sévères.

Sources scientifiques et références

Les recherches sur les venins en oncologie concernent des molécules très différentes et se situent à des niveaux de développement variables. Certaines observations proviennent uniquement de modèles cellulaires ou animaux, tandis que quelques technologies dérivées de peptides de venins ont atteint les essais cliniques précoces.

🔬 Venins et recherche contre le cancer

  • Molecular Cancer Therapeutics – Translating Venom to Medicine
    Revue scientifique consacrée aux molécules dérivées des venins et à leur potentiel de développement en oncologie, notamment pour le ciblage tumoral et les nouvelles stratégies thérapeutiques.
    Consulter la publication
  • Revue scientifique sur les peptides et toxines issus de venins en oncologie
    Analyse des mécanismes étudiés, des applications potentielles et des principaux obstacles à la transformation de ces molécules en traitements utilisables chez l’être humain.
    Consulter la publication

🦂 Chlorotoxine, scorpion et glioblastome

  • National Cancer Institute – Chlorotoxin CAR-T cells
    Essai clinique précoce évaluant une stratégie CAR-T utilisant un domaine de reconnaissance dérivé de la chlorotoxine chez des patients atteints de glioblastome récidivant ou progressif.
    Consulter la fiche de l’essai clinique
  • ClinicalTrials.gov – Chlorotoxin CAR-T
    Registre international des essais cliniques permettant de suivre le développement de cette stratégie expérimentale contre certaines tumeurs cérébrales.
    Rechercher les essais sur ClinicalTrials.gov

🐝 Mélittine, venin d’abeille et cancer

  • European Academy of Allergy and Clinical Immunology – 2026
    Travail scientifique consacré à la mélittine et à ses propriétés biologiques, incluant son potentiel anticancéreux mais également les problèmes de toxicité, d’allergénicité et de délivrance qui limitent actuellement son utilisation clinique.
    Consulter la publication sur PubMed
  • Revue systématique – Mélittine et cancer du sein
    Analyse des données expérimentales disponibles concernant les mécanismes anticancéreux potentiels de la mélittine dans le cancer du sein.
    Consulter la publication sur PubMed

🇧🇪 Et la Belgique ?

La recherche sur ces molécules concerne également des équipes européennes. Des chercheurs affiliés notamment à la KU Leuven et à l’UZ Leuven figurent parmi les contributeurs de travaux scientifiques récents consacrés à la mélittine et à ses applications potentielles.

À l’heure actuelle, les venins d’abeille, de scorpion ou de serpent ne constituent pas des traitements standards du cancer en Belgique. Toute approche expérimentale doit être évaluée dans le cadre de recherches et d’essais cliniques rigoureusement contrôlés.

📖 Glossaire

  • Venin : mélange complexe de substances biologiquement actives produit par certains animaux.
  • Peptide : petite chaîne d’acides aminés pouvant exercer différentes fonctions biologiques.
  • Chlorotoxine : peptide initialement isolé dans le venin d’un scorpion et étudié notamment pour sa capacité à reconnaître certaines cellules tumorales.
  • Mélittine : peptide constituant majeur du venin d’abeille, capable notamment de perturber les membranes cellulaires.
  • Glioblastome : tumeur cérébrale maligne particulièrement agressive.
  • CAR-T cells : lymphocytes T modifiés en laboratoire afin de reconnaître certaines caractéristiques présentes sur des cellules tumorales.
  • Préclinique : stade de recherche réalisé avant les essais chez l’être humain, notamment sur des cellules ou des modèles animaux.
  • Phase I : première étape des essais cliniques chez l’être humain, principalement destinée à étudier la sécurité, la tolérance et les doses d’un traitement expérimental.

⭐ Niveau de preuve scientifique

  • ★★★★★ Certains venins contiennent des peptides et protéines ayant des activités biologiques pouvant être exploitées en pharmacologie.
  • ★★★★☆ La chlorotoxine présente des propriétés de ciblage tumoral qui ont conduit au développement de technologies évaluées chez l’être humain.
  • ★★★☆☆ Des CAR-T utilisant un système de reconnaissance dérivé de la chlorotoxine ont atteint des essais cliniques précoces dans le glioblastome.
  • ★★☆☆☆ La mélittine présente différents effets anticancéreux dans des modèles expérimentaux, mais son potentiel thérapeutique chez l’être humain reste à démontrer.
  • ★☆☆☆☆ Il n’existe aucune preuve permettant de considérer les piqûres d’abeilles ou l’administration non médicale de venins comme un traitement du cancer.

⚠️ Attention aux interprétations trompeuses

Lorsqu’une étude annonce qu’une molécule issue d’un venin « tue des cellules cancéreuses », cela ne signifie pas qu’elle peut déjà traiter un cancer chez l’être humain. Le passage d’une expérience en laboratoire à un médicament nécessite notamment de démontrer son efficacité, sa sécurité, sa sélectivité et sa capacité à atteindre la tumeur à une dose compatible avec l’organisme.

Dernière mise à jour scientifique : août 2026.

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