Chaque année, des milliers de nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués en Belgique.
Mais ces cancers sont-ils répartis de manière uniforme sur le territoire ? Certaines régions présentent-elles davantage de certains cancers que d’autres ? Et si oui, pourquoi ?
Pour tenter de répondre à ces questions, la Flandre collabore avec la Fondation Registre du Cancer afin d’étudier les liens possibles entre l’exposition à différents polluants environnementaux et l’incidence de certains cancers.
L’objectif n’est pas de désigner des responsables, mais de mieux comprendre les facteurs qui pourraient influencer le risque de développer certaines maladies.
Pourquoi cartographier les cancers ?
Depuis de nombreuses années, la Fondation Registre du Cancer collecte les données relatives aux cancers diagnostiqués en Belgique.
Ces informations permettent notamment de :
- suivre l’évolution du nombre de cancers ;
- comparer les régions ;
- évaluer l’efficacité des programmes de dépistage ;
- mesurer les progrès des traitements ;
- soutenir la recherche scientifique.
En les croisant avec des données environnementales, les chercheurs espèrent identifier d’éventuels signaux nécessitant des investigations complémentaires.
Pollution et cancer : une question complexe
La pollution fait partie des facteurs étudiés depuis longtemps par les chercheurs.
Parmi les éléments susceptibles d’être analysés :
- la pollution de l’air ;
- les particules fines ;
- certains métaux lourds ;
- les substances chimiques industrielles ;
- les PFAS (« polluants éternels ») ;
- certaines contaminations des sols ou de l’eau.
Cependant, il est essentiel de rappeler une chose :
Vivre dans une zone plus exposée à certains polluants ne signifie pas qu’une personne développera un cancer.
Le risque dépend toujours d’une combinaison de nombreux facteurs.
Un cancer ne s’explique jamais par une seule cause
Les spécialistes rappellent qu’un cancer résulte généralement de plusieurs facteurs qui interagissent entre eux :
- l’âge ;
- le tabac ;
- la consommation d’alcool ;
- l’alimentation ;
- l’activité physique ;
- les prédispositions génétiques ;
- certaines infections ;
- les expositions professionnelles ;
- les facteurs environnementaux.
C’est précisément cette complexité qui rend les études épidémiologiques indispensables.
Corrélation ne signifie pas causalité
L’une des règles fondamentales de la recherche est de ne pas confondre corrélation et causalité.
Par exemple, si une région présente davantage de cancers du poumon, cela peut être lié à plusieurs facteurs :
- une pollution atmosphérique plus importante ;
- une population plus âgée ;
- un tabagisme historiquement plus élevé ;
- certaines activités industrielles ;
- d’autres facteurs encore inconnus.
Une carte permet donc d’identifier des zones où des recherches complémentaires sont nécessaires.
Elle ne permet pas, à elle seule, de démontrer qu’un polluant est responsable d’un cancer.
Pourquoi la Flandre lance-t-elle cette collaboration ?
L’objectif affiché est de disposer d’un outil scientifique permettant de mieux orienter les politiques de santé publique.
Les chercheurs souhaitent notamment :
- identifier des tendances régionales ;
- améliorer la prévention ;
- mieux cibler certaines études ;
- soutenir les décisions environnementales.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de santé publique et de recherche.
Et la Wallonie ?
À ce jour, la Wallonie ne dispose pas encore d’un programme similaire aussi structuré.
Les autorités wallonnes ont toutefois indiqué suivre cette initiative avec intérêt.
Par ailleurs, plusieurs travaux ont déjà permis de cartographier certains cancers en Wallonie afin d’étudier leur répartition géographique.
Les données du Registre belge du Cancer restent d’ailleurs utilisées à l’échelle nationale pour de nombreux projets de recherche.
Pourquoi ces travaux sont-ils utiles ?
Même lorsqu’ils ne démontrent pas directement une relation de cause à effet, ces travaux permettent :
- de mieux comprendre les facteurs de risque ;
- d’orienter de nouvelles recherches ;
- d’améliorer la surveillance sanitaire ;
- d’identifier des situations nécessitant une vigilance particulière.
Ils contribuent également à renforcer les politiques de prévention environnementale.
Ce que chacun peut faire aujourd’hui
Même si certains facteurs environnementaux échappent au contrôle individuel, plusieurs actions restent reconnues pour réduire le risque de cancer :
- ne pas fumer ;
- limiter la consommation d’alcool ;
- adopter une alimentation variée et équilibrée ;
- pratiquer une activité physique régulière ;
- protéger sa peau des UV ;
- participer aux programmes de dépistage recommandés.
La prévention reste aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces.
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La recherche continue de progresser
Les données environnementales, les registres des cancers, les progrès de l’intelligence artificielle et les analyses statistiques offrent aujourd’hui de nouvelles possibilités pour mieux comprendre les mécanismes des cancers.
Mais ces travaux demandent du temps.
Les chercheurs rappellent qu’il est essentiel d’interpréter ces résultats avec prudence afin d’éviter des conclusions hâtives.
La science progresse étape par étape.
Le message à retenir
Cartographier les cancers ne consiste pas à désigner des régions « à risque » ou à établir des responsabilités.
Il s’agit d’un outil scientifique destiné à mieux comprendre les interactions entre notre environnement et notre santé.
L’initiative flamande pourrait permettre de mieux orienter la recherche et, à terme, de renforcer les politiques de prévention au bénéfice de toute la population belge.
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Sources
- Fondation Registre du Cancer – Belgique
- Fondation Registre du Cancer – Recherche et cartographie
- SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement
- Sciensano – Santé environnementale et épidémiologie
- Agence européenne pour l’environnement (EEA) – Pollution et santé
- Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC/IARC)
- OCDE & Commission européenne – Profil Cancer Belgique 2025
- AViQ – Le cancer en Wallonie : répartition géographique et enjeux
Cette étude ne permet pas :
- d’affirmer qu’un quartier ou une commune « provoque » des cancers ;
- de conclure qu’une personne développera un cancer parce qu’elle vit dans une zone donnée ;
- d’isoler un seul facteur responsable.
En revanche, elle permet d’identifier des pistes de recherche, d’améliorer les connaissances scientifiques et d’aider les autorités à orienter les politiques de prévention. C’est exactement ce type de nuance qui renforce la qualité et la fiabilité d’un article de vulgarisation.
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