Cancer chez l’enfant : pourquoi les cancers pédiatriques sont-ils différents de ceux des adultes ?

Cancer chez l’enfant : pourquoi les cancers pédiatriques sont-ils différents de ceux des adultes ?

Chaque année en Europe, près de 35 000 enfants et adolescents reçoivent un diagnostic de cancer. Malgré les progrès considérables réalisés ces dernières décennies, plus de 6 000 jeunes patients en décèdent encore chaque année, rappelle récemment une infographie publiée par le Parlement européen à l’occasion des enjeux liés aux cancers pédiatriques.

Si ces maladies restent rares comparées aux cancers de l’adulte, elles constituent toujours la première cause de décès liée à une maladie après la première année de vie chez les enfants en Europe.

Mais contrairement aux idées reçues, les cancers pédiatriques sont très différents de ceux observés chez les adultes.

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Les cancers de l’enfant ne sont pas liés au mode de vie

Chez les adultes, de nombreux cancers sont favorisés par des facteurs comme :

  • le tabagisme ;
  • la consommation d’alcool ;
  • l’obésité ;
  • l’exposition excessive au soleil ;
  • certaines habitudes alimentaires.

Chez les enfants, la situation est totalement différente.

Les cancers pédiatriques sont le plus souvent liés à des anomalies survenant très tôt au cours du développement, à des modifications génétiques ou à des dysfonctionnements cellulaires. Dans la majorité des cas, aucune cause évitable n’est identifiée.

Les parents ne doivent donc pas culpabiliser : dans l’immense majorité des situations, rien n’aurait permis d’empêcher la maladie.


Quels sont les cancers les plus fréquents chez les enfants ?

Les cancers pédiatriques regroupent plusieurs dizaines de maladies différentes.

En Europe, les plus fréquents sont :

🩸 Les leucémies (25,8 %)
Elles touchent les cellules du sang et de la moelle osseuse. La leucémie lymphoblastique aiguë est la forme la plus fréquente chez l’enfant.

🧠 Les tumeurs cérébrales et du système nerveux central (20,4 %)
Elles représentent la deuxième grande famille de cancers pédiatriques.

🦠 Les lymphomes (14,5 %)
Ils concernent le système lymphatique, qui participe aux défenses immunitaires.

D’autres cancers plus rares existent également, comme les neuroblastomes, les tumeurs de Wilms (rein), les sarcomes des os ou des tissus mous, ou encore le rétinoblastome.


Quels symptômes doivent alerter ?

Les cancers pédiatriques sont souvent difficiles à reconnaître, car leurs premiers symptômes ressemblent à ceux de nombreuses maladies bénignes.

Parmi les signes qui doivent conduire à consulter lorsqu’ils persistent ou s’aggravent :

  • une fatigue inhabituelle ;
  • une pâleur importante ;
  • une fièvre prolongée sans cause évidente ;
  • des douleurs osseuses persistantes ;
  • des maux de tête répétés, surtout accompagnés de vomissements ;
  • un ganglion qui ne disparaît pas ;
  • une perte de poids inexpliquée ;
  • des bleus ou saignements inhabituels ;
  • une boiterie sans traumatisme.

Ces symptômes ne signifient généralement pas qu’un enfant est atteint d’un cancer, mais ils justifient un avis médical s’ils persistent.


Des progrès spectaculaires depuis plusieurs décennies

La bonne nouvelle est que les traitements ont énormément évolué.

Aujourd’hui, dans les pays européens à revenu élevé, environ 8 enfants sur 10 guérissent de leur cancer.

Cette amélioration est le résultat de nombreux progrès :

  • une meilleure organisation des soins spécialisés ;
  • des protocoles de chimiothérapie plus efficaces ;
  • des chirurgies plus précises ;
  • une radiothérapie mieux ciblée ;
  • le développement des thérapies ciblées ;
  • l’arrivée de certaines immunothérapies pour des cancers spécifiques.

Grâce à la recherche internationale et aux essais cliniques, les chances de survie continuent de progresser.


Guérir ne signifie pas toujours tourner complètement la page

Les progrès des traitements ont permis à un nombre croissant d’enfants d’atteindre l’âge adulte.

Mais cette réussite s’accompagne d’un nouveau défi.

Selon le Parlement européen, près de deux survivants sur trois développent au moins une affection chronique liée aux traitements reçus pendant l’enfance.

Ces effets peuvent concerner :

  • le cœur ;
  • les hormones ;
  • la croissance ;
  • l’audition ;
  • la fertilité ;
  • ou augmenter le risque d’un second cancer.

C’est pourquoi un suivi médical à long terme est souvent recommandé.


Pourquoi le Parlement européen tire-t-il la sonnette d’alarme ?

L’infographie publiée par le Parlement européen rappelle que tous les enfants ne bénéficient pas encore des mêmes chances en Europe.

Les principales priorités identifiées sont :

  • améliorer le diagnostic précoce ;
  • garantir l’accès aux médicaments essentiels ;
  • favoriser la participation aux essais cliniques ;
  • développer les collaborations entre centres spécialisés ;
  • assurer un suivi des survivants tout au long de leur vie.

Ces collaborations européennes sont particulièrement importantes pour les cancers rares, qui nécessitent une expertise très spécialisée.


Et en Belgique ?

La Belgique dispose de plusieurs centres hospitaliers spécialisés dans la prise en charge des cancers pédiatriques, travaillant en réseau avec des partenaires européens.

Les jeunes patients peuvent ainsi bénéficier d’équipes multidisciplinaires réunissant pédiatres oncologues, chirurgiens, radiothérapeutes, psychologues, infirmiers spécialisés et autres professionnels de santé.

La participation à des essais cliniques internationaux permet également d’offrir, lorsque cela est possible, un accès aux traitements les plus innovants.


La recherche continue d’avancer

Les chercheurs explorent aujourd’hui de nombreuses pistes :

🧬 mieux comprendre les anomalies génétiques responsables des cancers pédiatriques ;

🎯 développer des traitements toujours plus ciblés ;

🛡️ réduire les effets secondaires à long terme ;

💙 améliorer la qualité de vie des enfants pendant et après les traitements.

L’objectif est double : guérir davantage d’enfants tout en limitant les séquelles liées aux traitements.


À retenir

Les cancers pédiatriques sont rares, mais ils représentent toujours un enjeu majeur de santé publique.

Contrairement aux cancers de l’adulte, ils sont rarement liés au mode de vie et résultent le plus souvent de mécanismes biologiques complexes survenant au cours du développement.

Grâce aux progrès de la médecine, environ 80 % des enfants guérissent aujourd’hui dans les pays européens à revenu élevé. Toutefois, des défis persistent : améliorer l’accès aux traitements, réduire les inégalités entre pays, limiter les effets secondaires à long terme et poursuivre les efforts de recherche.

En cette Journée mondiale du cancer du poumon… pardon, dans le contexte des actions européennes en faveur des cancers pédiatriques, ce message est essentiel : chaque enfant doit pouvoir bénéficier des meilleures chances de guérison, quel que soit son lieu de résidence en Europe.

Pour aller plus loin

Les cancers pédiatriques sont rares mais représentent toujours un enjeu majeur de santé publique. Grâce aux progrès de la recherche et des traitements, les chances de guérison ont considérablement augmenté ces dernières décennies. Découvrez également :

À retenir : les cancers de l’enfant sont très différents de ceux de l’adulte. Ils sont rarement liés au mode de vie et nécessitent une prise en charge hautement spécialisée. Aujourd’hui, environ 80 % des enfants guérissent dans les pays européens à revenu élevé, mais des progrès restent nécessaires pour garantir un accès équitable aux meilleurs traitements partout en Europe.

Sources scientifiques

Cet article s’appuie sur les données et recommandations publiées par des organismes scientifiques et institutionnels européens spécialisés dans les cancers pédiatriques.

À noter : selon les données européennes, près de 35 000 enfants et adolescents reçoivent chaque année un diagnostic de cancer en Europe. Grâce aux progrès thérapeutiques, environ 80 % des jeunes patients guérissent dans les pays à revenu élevé, mais des disparités persistent entre les États membres concernant l’accès au diagnostic, aux traitements innovants, aux essais cliniques et au suivi à long terme.

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