Pendant longtemps, les cancers de la gorge étaient principalement associés au tabac et à la consommation excessive d’alcool. Aujourd’hui, une autre cause prend une place de plus en plus importante : le papillomavirus humain (HPV).
En Belgique comme dans de nombreux autres pays, les médecins constatent une augmentation des cancers de l’oropharynx liés à ce virus. Cette évolution rappelle que le HPV ne concerne pas uniquement les femmes ni le cancer du col de l’utérus.
Le HPV, un virus très fréquent
Le papillomavirus humain est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues dans le monde.
On estime que la majorité des personnes sexuellement actives seront exposées au HPV au moins une fois au cours de leur vie.
Dans la plupart des cas, le système immunitaire élimine naturellement le virus en quelques mois ou quelques années, sans provoquer de symptôme.
Cependant, certains types de HPV, notamment les HPV 16 et 18, peuvent persister dans l’organisme et favoriser le développement de certains cancers.
Quels cancers sont liés au HPV ?
Le HPV est principalement connu pour son implication dans le cancer du col de l’utérus.
Mais il peut également être responsable de plusieurs autres cancers, notamment :
- les cancers de l’oropharynx (gorge, amygdales, base de la langue) ;
- les cancers de l’anus ;
- les cancers du pénis ;
- les cancers de la vulve ;
- certains cancers du vagin.
Aujourd’hui, les cancers de l’oropharynx représentent l’une des localisations dont l’incidence liée au HPV augmente le plus.
Pourquoi les cancers de la gorge augmentent-ils ?
Les spécialistes estiment que cette augmentation est principalement liée à la transmission du HPV lors des contacts sexuels.
Contrairement aux cancers ORL classiques, souvent associés au tabac et à l’alcool, les cancers liés au HPV peuvent apparaître chez des personnes :
- plus jeunes ;
- qui n’ont jamais fumé ;
- qui consomment peu ou pas d’alcool.
Le développement du cancer est généralement très lent. Il peut s’écouler 10 à 30 ans entre l’infection initiale et l’apparition de la maladie.
Quels sont les symptômes ?
Au début, les symptômes sont souvent peu spécifiques.
Les principaux signes sont :
- un mal de gorge persistant ;
- une difficulté ou une douleur à avaler ;
- une boule dans le cou ;
- une modification durable de la voix ;
- une douleur persistante dans une oreille ;
- une plaie dans la bouche qui ne guérit pas.
Ces symptômes ne signifient pas forcément qu’il s’agit d’un cancer, mais ils justifient une consultation s’ils persistent plusieurs semaines.
Un meilleur pronostic que d’autres cancers ORL
Une bonne nouvelle mérite d’être soulignée.
Les cancers de l’oropharynx liés au HPV répondent généralement mieux aux traitements que les cancers principalement liés au tabac.
Plusieurs études montrent des taux de survie plus élevés, notamment lorsque le diagnostic est posé précocement.
Cela ne signifie pas que ces cancers sont bénins, mais les perspectives sont souvent plus favorables.
Peut-on prévenir ces cancers ?
Oui.
La prévention repose sur plusieurs mesures.
La vaccination contre le HPV constitue aujourd’hui le moyen le plus efficace de réduire le risque de cancers liés à ce virus.
En Belgique, elle est recommandée aussi bien chez les filles que chez les garçons avant le début de la vie sexuelle, mais peut également être proposée plus tard selon les situations.
Il est également conseillé :
- d’éviter le tabac ;
- de limiter la consommation d’alcool ;
- de consulter rapidement en cas de symptômes persistants.
Existe-t-il un dépistage ?
Contrairement au cancer du col de l’utérus, il n’existe actuellement pas de programme de dépistage organisé pour les cancers de l’oropharynx liés au HPV.
C’est pourquoi il est important de ne pas banaliser un mal de gorge ou une boule dans le cou qui persiste plusieurs semaines.
À retenir
Le papillomavirus humain est aujourd’hui responsable d’un nombre croissant de cancers de la gorge.
Même si cette évolution est préoccupante, plusieurs moyens de prévention existent. La vaccination, la réduction des facteurs de risque et une consultation précoce en cas de symptômes inhabituels permettent d’améliorer les chances d’un diagnostic rapide et d’une prise en charge efficace.
Parce que mieux connaître le HPV, c’est aussi mieux prévenir les cancers qui peuvent lui être associés.
Pour aller plus loin
Le papillomavirus humain (HPV) est aujourd’hui impliqué dans plusieurs cancers chez les femmes comme chez les hommes. Pour mieux comprendre les enjeux de prévention et de prise en charge, découvrez également nos autres articles :
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Sources
- Organisation mondiale de la Santé (OMS) – Human papillomavirus (HPV) and cancer
- Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC/IARC)
- Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) – Human papillomavirus (HPV)
- Sciensano – Institut belge de santé publique
- Fondation contre le Cancer (Belgique) – HPV et cancers liés au papillomavirus
- ESMO – Clinical Practice Guidelines for Head and Neck Cancers