Le papillomavirus humain, plus connu sous le nom de HPV (Human Papillomavirus), est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes au monde. Pourtant, malgré sa très grande fréquence, il reste encore mal connu du grand public.
Chaque année, le HPV est impliqué dans plusieurs milliers de cas de cancers en Europe. La bonne nouvelle est qu’il existe aujourd’hui des moyens efficaces de prévention, de dépistage et de vaccination.
Comprendre le papillomavirus, c’est se donner les moyens d’agir pour sa santé et celle de ses proches.
Qu’est-ce que le papillomavirus humain (HPV) ?
Le HPV regroupe plus de 200 virus différents appartenant à la famille des papillomavirus humains.
La plupart de ces virus sont inoffensifs et disparaissent spontanément grâce au système immunitaire. Cependant, certains types de HPV peuvent provoquer des lésions précancéreuses ou évoluer vers certains cancers lorsqu’ils persistent pendant plusieurs années.
Le HPV est extrêmement répandu : la majorité des personnes sexuellement actives seront exposées à un papillomavirus au cours de leur vie.
Dans la plupart des cas, l’infection passe totalement inaperçue.
Comment se transmet le HPV ?
Le papillomavirus se transmet principalement lors des contacts sexuels.
Contrairement à certaines idées reçues, la pénétration n’est pas nécessaire pour transmettre le virus. Un simple contact intime peau contre peau peut suffire.
La transmission peut avoir lieu :
- lors des rapports vaginaux ;
- lors des rapports anaux ;
- lors des rapports oraux ;
- par contact direct entre les zones génitales.
L’utilisation du préservatif réduit le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement, car certaines zones de peau restent exposées.
Quels sont les symptômes ?
La majorité des infections à HPV ne provoquent aucun symptôme.
C’est d’ailleurs ce qui explique en partie pourquoi le virus circule aussi facilement dans la population.
Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent prendre différentes formes :
Les verrues génitales
Certaines souches dites « à faible risque » peuvent provoquer des verrues génitales, également appelées condylomes.
Ces lésions sont bénignes mais peuvent être gênantes et nécessiter un traitement.
Les lésions précancéreuses
D’autres souches, dites « à haut risque », peuvent provoquer des modifications cellulaires au niveau :
- du col de l’utérus ;
- de l’anus ;
- du pénis ;
- de la vulve ;
- du vagin ;
- de la gorge.
Ces lésions ne provoquent généralement aucun symptôme au départ, d’où l’importance du dépistage.
Quels cancers peuvent être liés au HPV ?
Le papillomavirus est responsable de plusieurs cancers.
Cancer du col de l’utérus
C’est le cancer le plus connu associé au HPV.
Dans la très grande majorité des cas, un papillomavirus à haut risque est retrouvé.
Grâce au dépistage régulier, il est possible de détecter les lésions avant qu’elles n’évoluent vers un cancer.
Cancers ORL
Le HPV est également impliqué dans certains cancers de la bouche, de la gorge et des amygdales.
Ces cancers touchent aussi bien les hommes que les femmes.
Cancer anal
Le virus est un facteur de risque important pour certains cancers de l’anus.
Cancers du pénis, de la vulve et du vagin
Bien que plus rares, ces cancers peuvent également être associés à une infection persistante par certains types de HPV.
Pourquoi certaines infections deviennent-elles dangereuses ?
Dans la majorité des cas, l’organisme élimine naturellement le virus en quelques mois ou quelques années.
Cependant, lorsque l’infection persiste, les cellules infectées peuvent progressivement subir des modifications.
Ce processus est généralement très lent et peut prendre plusieurs années, voire plusieurs décennies.
C’est cette évolution progressive qui permet d’intervenir efficacement grâce au dépistage.
Le dépistage : un outil essentiel
Le dépistage permet de détecter des anomalies avant qu’elles ne se transforment en cancer.
Chez les femmes, le test HPV et le frottis restent des outils essentiels pour la prévention du cancer du col de l’utérus.
En Belgique, les recommandations de dépistage évoluent régulièrement afin d’intégrer les avancées scientifiques les plus récentes.
Il est important de suivre les conseils de son médecin ou de son gynécologue concernant la fréquence des examens.
La vaccination contre le HPV
La vaccination constitue aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces de prévention.
Elle protège contre les principaux types de HPV responsables :
- des cancers du col de l’utérus ;
- des cancers ORL liés au HPV ;
- des cancers anaux ;
- de nombreuses lésions précancéreuses ;
- des verrues génitales.
La vaccination est recommandée avant le début de la vie sexuelle, mais elle peut également être bénéfique plus tard selon les situations.
En Belgique, la vaccination HPV fait partie des programmes de prévention destinés aux jeunes filles et aux jeunes garçons.
Les hommes sont-ils concernés ?
Oui, absolument.
Pendant longtemps, le papillomavirus a surtout été associé au cancer du col de l’utérus.
Aujourd’hui, les spécialistes savent que le HPV concerne également les hommes.
Ils peuvent être porteurs du virus, le transmettre et développer eux-mêmes certains cancers liés au papillomavirus.
La prévention et la vaccination concernent donc l’ensemble de la population.
Peut-on guérir du HPV ?
Il n’existe pas de traitement permettant d’éliminer directement le virus.
Cependant, dans la majorité des cas, le système immunitaire parvient à le faire disparaître naturellement.
Les traitements disponibles visent principalement les conséquences de l’infection :
- verrues génitales ;
- lésions précancéreuses ;
- cancers associés.
Un suivi médical adapté permet généralement une prise en charge efficace lorsqu’une anomalie est détectée précocement.
Ce qu’il faut retenir
Le papillomavirus humain est extrêmement fréquent et concerne aussi bien les femmes que les hommes.
La plupart des infections disparaissent spontanément sans conséquence.
Certaines souches peuvent toutefois être responsables de cancers plusieurs années après l’infection.
La vaccination, le dépistage régulier et l’information du public constituent aujourd’hui les meilleurs moyens de prévention.
Mieux connaître le HPV, c’est contribuer à réduire le nombre de cancers évitables et permettre à chacun de prendre des décisions éclairées pour sa santé.