Un mal de gorge qui ne passe pas, une douleur persistante lorsque vous avalez ou encore un ganglion dans le cou… Ces symptômes sont le plus souvent liés à une infection bénigne. Mais lorsqu’ils persistent plusieurs semaines ou s’aggravent, ils peuvent parfois révéler un cancer des amygdales.
Ce cancer fait partie des cancers ORL (oto-rhino-laryngologiques) et plus précisément des cancers de l’oropharynx. Bien qu’il reste relativement rare, son incidence évolue, notamment en raison de l’augmentation des cancers liés au papillomavirus humain (HPV).
Quels sont les premiers symptômes ? Qui est le plus à risque ? Et quels traitements sont proposés aujourd’hui ? Voici ce qu’il faut savoir.
Qu’est-ce que le cancer des amygdales ?
Les amygdales sont deux masses de tissu lymphatique situées au fond de la gorge. Elles participent au système immunitaire en aidant l’organisme à lutter contre certaines infections.
Le cancer des amygdales se développe le plus souvent à partir des cellules qui tapissent leur surface. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un carcinome épidermoïde.
Il appartient à la famille des cancers de l’oropharynx, qui comprend également les cancers de la base de la langue, du voile du palais et de la paroi du pharynx.
Les premiers symptômes du cancer des amygdales
Au début de la maladie, les symptômes sont souvent peu spécifiques. C’est pourquoi ils peuvent être confondus avec une angine ou une autre infection de la gorge.
Les signes les plus fréquents sont :
- un mal de gorge persistant, souvent d’un seul côté ;
- une douleur en avalant (odynophagie) ;
- une difficulté à avaler (dysphagie) ;
- la sensation d’avoir un corps étranger dans la gorge ;
- une amygdale plus grosse que l’autre ;
- une douleur qui irradie vers une oreille sans infection visible ;
- un ganglion dans le cou ;
- une mauvaise haleine persistante ;
- plus rarement, du sang dans la salive.
Ces symptômes ne signifient pas forcément qu’il s’agit d’un cancer. Ils sont bien plus souvent dus à une affection bénigne. En revanche, s’ils persistent plus de deux à trois semaines malgré un traitement ou reviennent régulièrement, il est recommandé de consulter un médecin ou un ORL.
Pourquoi une douleur dans l’oreille ?
Une douleur de l’oreille sans anomalie visible est un symptôme assez caractéristique des cancers de l’oropharynx.
Elle s’explique par le fait que la gorge et l’oreille partagent certaines voies nerveuses. Une tumeur située au niveau des amygdales peut ainsi provoquer une douleur ressentie dans l’oreille, alors que celle-ci est parfaitement saine.
Quels sont les facteurs de risque ?
Le papillomavirus humain (HPV)
Depuis plusieurs années, le HPV, notamment le type 16, est devenu une cause majeure des cancers de l’oropharynx.
Contrairement aux idées reçues, le papillomavirus n’est pas uniquement impliqué dans le cancer du col de l’utérus. Il peut également être responsable de cancers touchant les amygdales et la base de la langue.
Les cancers liés au HPV apparaissent souvent chez des personnes plus jeunes et répondent généralement mieux aux traitements.
Le tabac
Le tabagisme reste un facteur de risque majeur.
Plus une personne fume longtemps et en grande quantité, plus le risque augmente.
L’alcool
Une consommation importante et régulière d’alcool favorise également le développement des cancers ORL.
Lorsqu’il est associé au tabac, le risque est considérablement plus élevé que celui lié à chacun de ces facteurs pris séparément.
D’autres facteurs
Plus rarement, d’autres éléments peuvent intervenir :
- une mauvaise hygiène bucco-dentaire ;
- certaines expositions professionnelles ;
- un système immunitaire affaibli.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Après un examen clinique, le médecin peut orienter le patient vers un spécialiste ORL.
Le bilan comprend généralement :
- un examen de la bouche et de la gorge ;
- une fibroscopie ORL ;
- une biopsie afin de confirmer le diagnostic ;
- un scanner ou une IRM pour évaluer l’extension de la maladie ;
- parfois un PET-scan.
Lorsque le cancer est confirmé, la tumeur est également analysée afin de déterminer si elle est liée au HPV.
Quels sont les traitements ?
Le traitement dépend du stade du cancer, de sa localisation et de l’état général du patient.
Les principales options sont :
La chirurgie
Elle consiste à retirer la tumeur lorsque cela est possible.
Grâce aux progrès des techniques chirurgicales, certaines interventions peuvent désormais être réalisées par voie transorale, sans incision externe.
La radiothérapie
Elle constitue un traitement de référence pour de nombreux cancers des amygdales.
La chimiothérapie
Elle peut être associée à la radiothérapie dans certaines situations.
Les thérapies ciblées et l’immunothérapie
Chez certains patients présentant une maladie avancée ou récidivante, des traitements innovants comme l’immunothérapie peuvent améliorer le contrôle de la maladie.
Quel est le pronostic ?
Le pronostic dépend de plusieurs facteurs :
- le stade au moment du diagnostic ;
- la présence ou non de ganglions ;
- l’état général du patient ;
- le statut HPV.
Les cancers liés au HPV présentent généralement un meilleur pronostic que ceux associés principalement au tabac et à l’alcool, même si chaque situation reste unique.
Peut-on prévenir le cancer des amygdales ?
Il est possible de réduire le risque en adoptant plusieurs mesures :
🚭 arrêter de fumer ;
🍷 limiter la consommation d’alcool ;
💉 se faire vacciner contre le HPV selon les recommandations en vigueur ;
🦷 maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire ;
👩⚕️ consulter rapidement en cas de symptômes persistants.
Quand faut-il consulter ?
Un avis médical est recommandé si vous présentez :
- un mal de gorge persistant depuis plus de deux à trois semaines ;
- une douleur à la déglutition qui ne disparaît pas ;
- une amygdale plus volumineuse d’un seul côté ;
- un ganglion cervical persistant ;
- une douleur d’oreille sans cause évidente ;
- des difficultés à avaler qui s’aggravent.
Dans la majorité des cas, ces symptômes auront une cause bénigne, mais un diagnostic précoce est essentiel lorsqu’il s’agit d’un cancer.
À retenir
Le cancer des amygdales est un cancer rare de l’oropharynx dont les premiers symptômes peuvent facilement être confondus avec une infection ORL. Un mal de gorge persistant, une douleur en avalant, un ganglion dans le cou ou une douleur d’oreille inexpliquée doivent conduire à consulter s’ils persistent.
Aujourd’hui, le papillomavirus humain (HPV) est devenu l’une des principales causes de ces cancers, aux côtés du tabac et de l’alcool. Les progrès du diagnostic, de la chirurgie, de la radiothérapie, de l’immunothérapie et des thérapies ciblées permettent toutefois d’améliorer la prise en charge et le pronostic de nombreux patients.
Un diagnostic précoce reste le meilleur moyen d’augmenter les chances de guérison.
Pour aller plus loin
Le cancer des amygdales fait partie des cancers ORL. Un mal de gorge persistant, une douleur en avalant ou un ganglion dans le cou ne sont généralement pas synonymes de cancer, mais ils méritent un avis médical lorsqu’ils persistent. Découvrez également :
- Peut-on avoir un HPV sans le savoir ? Symptômes, transmission et dépistage
- Les signaux d’alarme du cancer : quels symptômes doivent amener à consulter ?
- Alcool et cancer : quels sont les risques liés à la consommation ?
- Trouver un ORL, un oncologue ou un autre professionnel de santé près de chez vous
À retenir : le cancer des amygdales reste une maladie rare. Toutefois, un mal de gorge persistant, une douleur à la déglutition, une amygdale augmentée de volume d’un seul côté ou un ganglion dans le cou doivent conduire à consulter s’ils persistent plus de deux à trois semaines.
Sources scientifiques
Cet article s’appuie sur les recommandations et publications d’organismes scientifiques spécialisés dans les cancers ORL et les infections à papillomavirus humain (HPV).
- National Cancer Institute (NCI) – Head and Neck Cancers
- ESMO – Clinical Practice Guidelines for Head and Neck Cancers
- Organisation mondiale de la Santé (OMS) – Papillomavirus humain (HPV) et prévention
- Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC/IARC) – HPV et cancers de l’oropharynx
- Fondation contre le Cancer – Cancers ORL : prévention et prise en charge
- Fondation Registre du Cancer – Données épidémiologiques en Belgique
À noter : une part croissante des cancers de l’oropharynx, dont le cancer des amygdales, est aujourd’hui liée à une infection persistante par certains papillomavirus humains (HPV), notamment le HPV 16. Les cancers associés au HPV présentent souvent un meilleur pronostic que ceux principalement liés au tabac et à l’alcool, surtout lorsqu’ils sont diagnostiqués précocement.