Les anticorps monoclonaux : comment fonctionnent-ils contre le cancer ?

Les anticorps monoclonaux : comment fonctionnent-ils contre le cancer ?

Trastuzumab, rituximab, pembrolizumab… Derrière de nombreux traitements utilisés aujourd’hui contre le cancer se cachent des anticorps monoclonaux. Mais que sont exactement ces médicaments ? Comment peuvent-ils reconnaître certaines cellules cancéreuses et contribuer à les combattre ? Oncostar vous explique leur fonctionnement simplement.

Les traitements contre le cancer ont considérablement évolué au cours des dernières décennies.

À côté de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie, les oncologues disposent désormais de traitements capables de cibler certaines caractéristiques particulières des cellules cancéreuses ou d’aider le système immunitaire à mieux les combattre.

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Les anticorps monoclonaux occupent une place importante parmi ces traitements.

Leur fonctionnement peut sembler complexe. Pourtant, le principe de départ est assez simple : fabriquer un anticorps capable de reconnaître une cible biologique bien précise et utiliser cette reconnaissance pour agir contre le cancer.

Un anticorps, c’est quoi exactement ?

Notre organisme produit naturellement des anticorps.

Ils font partie du système immunitaire et participent notamment à la reconnaissance d’éléments étrangers tels que certains virus ou bactéries.

Chaque anticorps est capable de reconnaître une structure particulière appelée antigène.

Pour simplifier, on peut imaginer l’anticorps comme une clé conçue pour reconnaître une serrure précise.

Les chercheurs ont appris à reproduire et à exploiter ce mécanisme en laboratoire. Ils peuvent fabriquer des anticorps spécifiquement sélectionnés pour reconnaître une cible déterminée.

Ce qu’il faut retenir

Les anticorps monoclonaux sont des médicaments fabriqués pour reconnaître une cible biologique précise.

En oncologie, ils peuvent bloquer certains mécanismes nécessaires au développement d’une tumeur, rendre les cellules cancéreuses plus visibles pour le système immunitaire, lever certains freins immunitaires ou encore transporter un médicament directement vers les cellules présentant une cible particulière.

Ils représentent aujourd’hui une famille majeure des traitements anticancéreux.

Mais un anticorps monoclonal n’est pas automatiquement adapté à tous les patients atteints d’un même cancer.

La présence de certaines cibles ou caractéristiques moléculaires de la tumeur peut être déterminante dans le choix du traitement.

En Belgique, ces décisions sont prises par les équipes spécialisées en fonction du type de cancer, de son stade, des caractéristiques de la tumeur et de la situation individuelle du patient.


Pour aller plus loin

Comprendre le fonctionnement de son traitement permet souvent de mieux appréhender les termes utilisés pendant les consultations.

Si votre oncologue vous propose un anticorps monoclonal, plusieurs questions simples peuvent être utiles :

  • Quelle est la cible de ce médicament ?
  • A-t-on recherché cette cible dans ma tumeur ?
  • S’agit-il d’une thérapie ciblée, d’une immunothérapie ou d’un anticorps conjugué ?
  • Quel est l’objectif du traitement dans ma situation ?
  • Quels effets secondaires dois-je signaler rapidement ?

Sur Oncostar, vous pouvez également :

À retenir : les anticorps monoclonaux ne constituent pas un traitement unique, mais une grande famille de médicaments. Leur point commun est leur capacité à reconnaître une cible précise. Leur efficacité dépend notamment du cancer concerné, de la présence de cette cible et de nombreux facteurs propres à chaque patient.

Sources scientifiques et références

Cet article s’appuie sur les informations destinées aux patients publiées par des organismes belges de référence ainsi que sur les connaissances scientifiques internationales concernant les anticorps monoclonaux, les thérapies ciblées et l’immunothérapie.

🇧🇪 Références belges

  • Fondation contre le Cancer – Traitements d’un cancer
    Informations destinées aux patients concernant les principaux traitements du cancer, notamment les thérapies ciblées et l’immunothérapie.
    Consulter la Fondation contre le Cancer
  • Fondation contre le Cancer – Immunothérapie
    Informations destinées aux patients sur le fonctionnement et l’utilisation de l’immunothérapie contre le cancer.
    Consulter les informations sur l’immunothérapie
  • Sciensano – Cancer
    Données, recherches et activités de santé publique concernant le cancer en Belgique.
    Consulter Sciensano
  • Registre du Cancer – Fondation Registre du Cancer
    Données épidémiologiques et statistiques officielles concernant les cancers en Belgique.
    Consulter le Registre du Cancer
  • INAMI – Institut national d’assurance maladie-invalidité
    Informations relatives aux médicaments, aux soins et à leur remboursement dans le système belge de soins de santé.
    Consulter l’INAMI
  • Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS)
    Autorité belge compétente en matière de qualité, de sécurité et d’efficacité des médicaments.
    Consulter l’AFMPS

🌍 Références internationales

📚 Quelques exemples d’anticorps utilisés en oncologie

  • Trastuzumab : anticorps ciblant HER2, notamment utilisé dans certains cancers HER2 positifs.
  • Rituximab : anticorps ciblant CD20, utilisé notamment dans certaines maladies hématologiques.
  • Pembrolizumab : anticorps ciblant PD-1 et appartenant à la famille des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire.
  • Nivolumab : autre anticorps ciblant PD-1, utilisé dans plusieurs cancers.
  • Bevacizumab : anticorps ciblant le VEGF, impliqué dans la formation de nouveaux vaisseaux sanguins.
  • Anticorps conjugués (ADC) : anticorps associés à une substance thérapeutique afin d’acheminer celle-ci préférentiellement vers les cellules présentant la cible recherchée.

La présence d’un médicament dans cette liste ne signifie évidemment pas qu’il convient à tous les patients ou à tous les cancers. Le choix dépend de l’indication, des caractéristiques de la maladie et de la situation individuelle du patient.

📖 Glossaire

  • Anticorps : protéine du système immunitaire capable de reconnaître une cible spécifique.
  • Antigène : structure pouvant être reconnue par un anticorps.
  • Anticorps monoclonal : anticorps produit en laboratoire et conçu pour reconnaître une cible précise.
  • Biomarqueur : caractéristique biologique mesurable pouvant notamment aider à orienter le diagnostic ou le choix d’un traitement.
  • HER2 : protéine pouvant être présente en quantité excessive dans certaines cellules cancéreuses.
  • PD-1 / PD-L1 : système participant à la régulation de la réponse immunitaire et pouvant être ciblé par certaines immunothérapies.
  • Thérapie ciblée : traitement dirigé contre une caractéristique ou un mécanisme particulier impliqué dans le développement du cancer.
  • Immunothérapie : traitement visant à mobiliser ou modifier la réponse du système immunitaire contre le cancer.
  • ADC : Antibody-Drug Conjugate, ou anticorps conjugué à un médicament.
  • Anticorps bispécifique : anticorps conçu pour reconnaître deux cibles différentes.
  • Résistance thérapeutique : capacité de cellules cancéreuses à ne plus répondre ou à devenir moins sensibles à un traitement.

🔬 Niveau de preuve scientifique

  • ★★★★★ Concernant le principe de fonctionnement des anticorps monoclonaux : mécanismes biologiques largement établis et validés.
  • ★★★★★ Concernant leur efficacité dans certaines indications oncologiques : démontrée par des essais cliniques et leur utilisation dans les traitements standards de nombreux cancers.
  • ★★★★★ Concernant la nécessité de rechercher certains biomarqueurs avant certaines thérapies ciblées : principe solidement établi de la médecine de précision.
  • ★★★★☆ Concernant les anticorps conjugués (ADC) : efficacité déjà démontrée dans plusieurs cancers, avec de nouvelles indications en développement.
  • ★★★★☆ Concernant les anticorps bispécifiques : efficacité démontrée dans certaines indications, notamment hématologiques, mais domaine thérapeutique encore en forte évolution.
  • ★★★☆☆ Concernant les nouvelles générations d’anticorps et les nouvelles associations thérapeutiques : résultats encourageants pour certaines stratégies, mais niveau de preuve variable selon la molécule et le cancer étudiés.

Dernière mise à jour scientifique : septembre 2026. Les indications thérapeutiques, autorisations européennes et conditions de remboursement en Belgique peuvent évoluer avec l’arrivée de nouveaux médicaments et les résultats des essais cliniques.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l’avis de votre oncologue ou de votre équipe soignante. Le choix d’un traitement anticancéreux dépend toujours de la situation médicale individuelle.

On parle alors d’anticorps monoclonaux.

En cancérologie, cette cible peut être une protéine présente à la surface d’une cellule cancéreuse, un récepteur participant à sa croissance ou encore une molécule impliquée dans les relations entre la tumeur et le système immunitaire.

Comment un anticorps monoclonal reconnaît-il une cellule cancéreuse ?

Tous les cancers ne se ressemblent pas.

Même deux personnes atteintes d’un cancer du même organe peuvent présenter des tumeurs ayant des caractéristiques biologiques différentes.

Certaines cellules cancéreuses possèdent, par exemple, une quantité particulièrement importante d’une protéine ou présentent une anomalie moléculaire susceptible de devenir une cible thérapeutique.

Un exemple bien connu concerne la protéine HER2.

Dans certains cancers du sein, les cellules tumorales présentent une surexpression de HER2. Des traitements ciblant cette protéine, comme le trastuzumab, peuvent alors être envisagés.

Mais si la cible n’est pas présente, le traitement correspondant risque de ne pas être utile.

C’est pourquoi l’analyse des caractéristiques de la tumeur joue aujourd’hui un rôle croissant dans le choix de certains traitements.

Cette approche fait partie de ce que l’on appelle la médecine de précision.

Que se passe-t-il lorsque l’anticorps trouve sa cible ?

Tous les anticorps monoclonaux n’agissent pas de la même manière.

Plusieurs mécanismes sont possibles.

1. Bloquer les signaux permettant à la tumeur de se développer

Certaines cellules cancéreuses utilisent des protéines situées à leur surface comme des sortes d’interrupteurs.

Lorsqu’elles sont activées, elles transmettent à la cellule des signaux favorisant sa croissance ou sa multiplication.

Un anticorps monoclonal peut venir se fixer sur l’une de ces protéines et perturber ce signal.

La cellule cancéreuse reçoit alors moins de messages lui permettant de se développer.

2. Signaler la cellule cancéreuse au système immunitaire

Certaines cellules tumorales parviennent à passer relativement inaperçues face aux défenses immunitaires.

Un anticorps monoclonal peut se fixer à une protéine présente sur ces cellules et contribuer à les rendre plus facilement identifiables par le système immunitaire.

Celui-ci peut alors participer à leur destruction.

Le rituximab, utilisé notamment dans certains lymphomes, est un exemple d’anticorps ciblant la protéine CD20 présente sur certains lymphocytes B.

3. Lever les freins du système immunitaire

Notre système immunitaire possède naturellement des mécanismes de contrôle destinés à éviter qu’il ne devienne trop agressif.

Certaines cellules cancéreuses détournent ces mécanismes afin d’échapper aux défenses de l’organisme.

Des anticorps monoclonaux appelés inhibiteurs de points de contrôle immunitaire peuvent bloquer certains de ces « freins ».

C’est notamment le principe des traitements ciblant les systèmes PD-1, PD-L1 ou CTLA-4.

Des médicaments comme le pembrolizumab ou le nivolumab appartiennent à cette famille.

Dans ce cas, l’anticorps ne détruit pas nécessairement directement la cellule cancéreuse : il aide surtout le système immunitaire à retrouver la capacité de l’attaquer.

4. Transporter un médicament jusqu’à la cellule cancéreuse

Les anticorps peuvent également servir de véritables véhicules thérapeutiques.

Certains sont associés à une molécule cytotoxique, c’est-à-dire capable de tuer une cellule.

L’anticorps reconnaît une cible présente sur la cellule cancéreuse et permet d’y acheminer sa charge thérapeutique.

Ces traitements sont appelés anticorps conjugués ou ADC – Antibody-Drug Conjugates.

On peut les comparer, de manière simplifiée, à un colis disposant d’une adresse : l’anticorps contribue à diriger sa charge vers les cellules possédant la cible recherchée.

Les ADC prennent aujourd’hui une place croissante dans le traitement de plusieurs cancers.

5. Rapprocher une cellule immunitaire d’une cellule cancéreuse

Une autre génération de médicaments est capable de reconnaître deux cibles différentes.

On parle notamment d’anticorps bispécifiques.

Certains peuvent reconnaître simultanément une cellule cancéreuse et une cellule du système immunitaire.

Le but est alors de les rapprocher afin de faciliter l’attaque de la cellule tumorale par le système immunitaire.

Cette stratégie est notamment utilisée ou étudiée dans plusieurs cancers du sang.

Anticorps monoclonal, thérapie ciblée et immunothérapie : est-ce la même chose ?

Pas exactement.

Cette distinction peut facilement prêter à confusion.

Le terme anticorps monoclonal décrit avant tout la nature du médicament.

Selon sa cible et son fonctionnement, un anticorps monoclonal peut être utilisé comme thérapie ciblée, comme immunothérapie, ou servir à transporter une autre substance thérapeutique.

Certains anticorps ciblent directement une caractéristique de la cellule cancéreuse.

D’autres agissent principalement sur le système immunitaire.

C’est pourquoi un patient peut entendre parler d’un « anticorps monoclonal », d’une « thérapie ciblée » ou d’une « immunothérapie » pour des médicaments appartenant pourtant à des familles qui se chevauchent partiellement.

Pourquoi ces traitements ne fonctionnent-ils pas chez tout le monde ?

C’est un point essentiel.

Un médicament ciblant une protéine particulière n’a généralement d’intérêt que si le cancer présente effectivement cette cible.

Des analyses peuvent donc être nécessaires avant le traitement afin d’étudier les caractéristiques biologiques ou moléculaires de la tumeur.

Mais même lorsque la cible est présente, la réponse au traitement peut varier d’une personne à l’autre.

Le cancer est une maladie biologiquement complexe.

Les cellules tumorales peuvent utiliser plusieurs mécanismes pour survivre et se développer. Elles peuvent également évoluer au cours de la maladie et parfois développer une résistance au traitement.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la recherche tente continuellement d’identifier de nouvelles cibles et de nouvelles associations thérapeutiques.

Ont-ils moins d’effets secondaires que la chimiothérapie ?

On entend parfois que les thérapies ciblées seraient des traitements « sans effets secondaires ».

Ce n’est pas exact.

Leurs effets indésirables sont souvent différents de ceux d’une chimiothérapie classique, mais ils existent.

Ils varient fortement selon l’anticorps utilisé et sa cible.

Certains traitements peuvent notamment provoquer des réactions lors de la perfusion, de la fatigue, des problèmes cutanés, digestifs, cardiovasculaires ou d’autres effets spécifiques.

Les anticorps utilisés comme immunothérapies peuvent également entraîner des effets indésirables particuliers.

En levant certains freins du système immunitaire, celui-ci peut parfois devenir trop actif et s’attaquer à des tissus ou organes sains.

Ces réactions peuvent notamment concerner la peau, les intestins, les poumons, le foie, les glandes endocrines ou d’autres organes.

Il est donc important de signaler à l’équipe soignante tout symptôme nouveau ou inhabituel pendant le traitement, même s’il semble au premier abord sans rapport avec le cancer.

Comment sont-ils administrés ?

De nombreux anticorps monoclonaux sont administrés par perfusion intraveineuse, généralement à l’hôpital ou en hôpital de jour.

Certains peuvent également être administrés par injection sous-cutanée.

La fréquence des administrations et la durée du traitement dépendent du médicament utilisé, du type de cancer, du stade de la maladie, du protocole choisi et de la réponse au traitement.

Un anticorps monoclonal peut être utilisé seul ou associé à d’autres traitements : chimiothérapie, hormonothérapie, autres thérapies ciblées ou immunothérapie.

Et en Belgique ?

Les anticorps monoclonaux font aujourd’hui partie de la prise en charge de nombreux cancers dans les services d’oncologie et d’hématologie.

Mais le choix d’un traitement ne dépend pas uniquement du nom du cancer.

Le type précis de tumeur, son stade, les traitements déjà reçus, l’état général du patient et surtout certaines caractéristiques biologiques ou moléculaires peuvent déterminer si un traitement ciblé est pertinent.

Pour certains cancers, l’analyse de biomarqueurs ou le profilage moléculaire de la tumeur peut donc jouer un rôle déterminant.

La décision thérapeutique est prise par l’équipe médicale en fonction de la situation individuelle du patient et des recommandations applicables.

Pourquoi les noms de ces médicaments se ressemblent-ils ?

Trastuzumab, rituximab, cetuximab, bevacizumab, pembrolizumab…

De nombreux anticorps monoclonaux commercialisés depuis plusieurs années possèdent un nom se terminant par « -mab », issu historiquement de l’expression anglaise monoclonal antibody.

Les conventions internationales utilisées pour nommer les nouveaux anticorps ont toutefois évolué.

Les futurs médicaments de cette famille ne porteront donc pas nécessairement cette terminaison.

Une révolution thérapeutique toujours en cours

Les anticorps monoclonaux ont profondément transformé la prise en charge de plusieurs cancers.

Et leur développement continue.

Anticorps conjugués, anticorps bispécifiques, nouvelles cibles moléculaires, associations avec l’immunothérapie…

La recherche tente désormais de rendre ces traitements toujours plus précis et de mieux comprendre pourquoi certains patients répondent durablement alors que d’autres développent une résistance.

L’objectif reste le même : mieux identifier les caractéristiques particulières de chaque cancer afin de proposer, lorsque cela est possible, le traitement le plus adapté.

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