Une étude publiée en 2026 a relancé les inquiétudes concernant d’éventuels effets « tumorigènes » du vapotage. Des chercheurs ont observé, sur des cellules cultivées en laboratoire, qu’un ARN baptisé VALT1 était associé à plusieurs comportements cellulaires que l’on retrouve dans le développement des cancers. Mais peut-on en conclure que la cigarette électronique provoque le cancer chez l’être humain ? Non. À l’inverse, peut-on considérer le vapotage comme sans danger ? Non plus. Entre ces deux affirmations se trouve une réalité scientifique beaucoup plus nuancée.
La cigarette électronique existe maintenant depuis suffisamment longtemps pour que les premières grandes études sur ses effets à long terme commencent à apparaître.
Mais pas encore suffisamment longtemps pour disposer du même recul que pour le tabac.
C’est précisément ce qui rend le sujet difficile.
En septembre 2026, une étude sur les effets cellulaires du vapotage a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux.
Elle concerne une molécule au nom particulièrement évocateur :
🧬 VALT1 — « Vape-Associated lncRNA Transcript 1 »
Certains commentaires ont rapidement laissé entendre qu’une nouvelle preuve venait de démontrer les effets cancérogènes de la cigarette électronique.
La réalité est plus compliquée.
🔬 Que montre réellement cette étude ?
L’étude a été publiée en mars 2026 dans la revue Non-Coding RNA par une équipe de l’Université des Philippines.
Les chercheurs se sont intéressés à un ARN long non codant, ou lncRNA, initialement appelé AC016773.1 et rebaptisé VALT1 par les auteurs.
Un ARN long non codant est une molécule qui ne sert pas directement à fabriquer une protéine mais qui peut intervenir dans la régulation du fonctionnement des cellules.
Les chercheurs avaient plusieurs raisons de s’intéresser à VALT1.
Cette molécule avait notamment été retrouvée à des niveaux plus élevés dans des cellules buccales de vapoteurs que chez des non-fumeurs.
Elle est également davantage exprimée dans plusieurs types de cancers.
Les chercheurs ont donc voulu comprendre ce qu’elle pouvait faire dans des cellules pulmonaires.
🧫 Une étude réalisée principalement sur des cellules
C’est le premier élément à retenir.
Les chercheurs n’ont pas suivi des milliers de vapoteurs pour voir lesquels développaient un cancer.
Ils ont travaillé principalement sur des cellules cultivées en laboratoire.
Deux modèles cellulaires ont notamment été utilisés :
des cellules A549, issues d’un adénocarcinome pulmonaire ;
et des cellules bronchiques BEAS-2B.
Les chercheurs ont ensuite étudié ce qui se produisait lorsqu’ils modifiaient l’expression de VALT1.
🔥 Que se passe-t-il lorsque les cellules sont exposées à un extrait de vapeur ?
Dans leurs expériences, une exposition aiguë à un extrait de vapeur de cigarette électronique a entraîné une augmentation de l’expression de VALT1 selon un profil dépendant de la dose.
Dans les cellules étudiées, cette exposition s’accompagnait également de plusieurs modifications :
augmentation de la prolifération ;
meilleure résistance à certains mécanismes de mort cellulaire ;
modifications de la gestion du stress oxydatif ;
augmentation de la migration ;
désorganisation du cytosquelette ;
modifications de la structure du noyau.
Ces phénomènes sont intéressants car plusieurs d’entre eux peuvent être observés dans des processus tumoraux.
D’où le terme :
« phénotypes tumorigènes ».
⚠️ « Tumorigène » ne signifie pas « cette substance provoque un cancer »
Cette nuance est absolument fondamentale.
Une cellule qui présente en laboratoire certaines caractéristiques associées aux cancers :
n’est pas la même chose qu’un être humain qui développe un cancer.
Entre les deux se trouvent énormément d’étapes biologiques.
Une exposition peut :
modifier l’expression d’un gène ;
augmenter le stress oxydatif ;
modifier la prolifération ;
ou influencer le comportement de cellules en culture
sans que cela démontre nécessairement qu’elle provoquera une tumeur chez l’être humain.
Ces expériences permettent surtout d’identifier des mécanismes biologiques potentiels qu’il faut ensuite confirmer.
🧬 VALT1 semble pourtant avoir un effet biologique
C’est l’une des parties intéressantes de l’étude.
Lorsque les chercheurs augmentaient artificiellement l’expression de VALT1, plusieurs caractéristiques associées à la tumorigenèse apparaissaient également, même sans exposition à l’extrait de vapeur.
Inversement, lorsque VALT1 était diminué à l’aide d’une technique appelée siRNA, plusieurs de ces phénomènes étaient atténués.
Cela suggère que VALT1 pourrait effectivement jouer un rôle dans certains mécanismes cellulaires.
Mais une question essentielle demeure.
❓ VALT1 explique-t-il vraiment les effets de la vapeur ?
C’est précisément ici qu’une critique méthodologique intéressante est apparue.
Pour démontrer que VALT1 joue un rôle causal dans les effets observés après exposition à la vapeur, une expérience particulièrement informative aurait consisté à :
1. exposer les cellules à l’extrait de vapeur ;
2. bloquer simultanément VALT1 ;
3. vérifier si les effets attribués à la vapeur disparaissent ou diminuent.
Cette expérience combinée n’est pas celle sur laquelle repose la démonstration publiée.
Les auteurs ont étudié séparément l’exposition à l’extrait de vapeur et la manipulation de VALT1.
Cela laisse donc une incertitude importante :
VALT1 est-il réellement l’un des intermédiaires responsables des effets de la vapeur, ou observe-t-on deux phénomènes associés mais dont la relation exacte reste à établir ?
Cette question nécessite encore des expériences.
🧐 Pourquoi l’étude a-t-elle été critiquée ?
Le média spécialisé Vaping Post a consacré en septembre 2026 une longue analyse méthodologique à cette publication.
Il souligne notamment plusieurs limites :
l’expérience combinant exposition à la vapeur et blocage de VALT1 n’a pas été réalisée ;
aucune comparaison directe avec la fumée de cigarette traditionnelle n’était incluse dans l’expérience centrale ;
les conditions expérimentales ne représentent qu’une partie de la diversité réelle des cigarettes électroniques ;
et VALT1 n’est pas spécifique au vapotage puisqu’il est également retrouvé à des niveaux élevés dans plusieurs cancers sans relation démontrée avec la cigarette électronique.
Ces critiques ne signifient pas que l’étude est « fausse ».
Elles définissent surtout ce qu’elle permet réellement de conclure.
🧪 Une étude de laboratoire peut-elle prouver qu’un produit provoque le cancer ?
À elle seule :
non.
Pour établir qu’une exposition augmente réellement le risque de cancer chez l’être humain, les chercheurs combinent généralement plusieurs niveaux de preuve.
1️⃣ Études moléculaires
Que se passe-t-il dans les cellules ?
2️⃣ Études expérimentales
L’exposition provoque-t-elle des modifications biologiques compatibles avec la cancérogenèse ?
3️⃣ Études animales
Observe-t-on davantage de lésions précancéreuses ou de tumeurs ?
4️⃣ Études chez l’être humain
Les personnes exposées développent-elles davantage de cancers ?
5️⃣ Suivi à long terme
L’association persiste-t-elle après plusieurs années ou décennies et après prise en compte des autres facteurs de risque ?
Pour la cigarette traditionnelle, ces différentes couches de preuves sont extrêmement solides.
Pour la cigarette électronique, le tableau est encore en construction.
⏳ Pourquoi manque-t-on encore de recul ?
Parce que les cancers mettent généralement des années ou des décennies à se développer.
Les cigarettes électroniques modernes se sont largement diffusées beaucoup plus récemment que le tabac fumé.
Une personne qui commence à vapoter à 20 ans pourrait théoriquement développer certaines conséquences de cette exposition bien plus tard.
Les études réalisées aujourd’hui ne disposent donc pas encore du recul historique dont nous disposons pour la cigarette.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les études biologiques restent importantes.
Elles peuvent identifier des signaux bien avant qu’une éventuelle augmentation de cancers soit visible dans les statistiques.
Mais elles ne remplacent pas les études à long terme chez l’être humain.
📊 Et justement, que montrent les études humaines ?
Une étude particulièrement importante a été publiée en juin 2026 dans Nature Medicine.
Elle concernait :
4 524 895 adultes
ayant tous un historique de tabagisme en Corée du Sud.
Les chercheurs ont comparé notamment des personnes continuant à fumer, des personnes ayant arrêté de fumer et utilisant quotidiennement une cigarette électronique, et des personnes ayant arrêté sans utiliser de cigarette électronique.
Au cours du suivi, ils ont recensé :
35 887 cancers du poumon
et
12 807 décès par cancer du poumon.
📈 Que montre cette immense étude ?
Par rapport aux personnes ayant arrêté de fumer sans utiliser de cigarette électronique, l’utilisation quotidienne d’une cigarette électronique après l’arrêt était associée à :
+56 % de risque relatif de diagnostic de cancer du poumon
et
un risque relatif environ deux fois plus élevé de décès par cancer du poumon.
Les rapports de risque ajustés étaient respectivement de 1,56 et 2,00.
Ces chiffres sont importants.
Mais là encore :
association ≠ causalité.
⚠️ Pourquoi cette étude ne prouve-t-elle pas que la vape provoque ces cancers ?
Parce que tous les participants avaient auparavant fumé des cigarettes.
Or le tabagisme laisse derrière lui un risque de cancer qui peut persister longtemps après l’arrêt.
Les personnes qui choisissent de vapoter après avoir arrêté peuvent également différer des autres anciens fumeurs :
par leur histoire tabagique ;
leur dépendance ;
leur consommation passée ;
leur état de santé ;
ou d’autres comportements.
Les chercheurs ont ajusté leurs analyses pour de nombreux facteurs.
Mais une étude observationnelle ne peut jamais garantir que toutes les différences entre les groupes ont été éliminées.
Les auteurs eux-mêmes précisent donc que :
leurs résultats ne permettent pas d’établir une relation causale.
🔬 Pourquoi cette étude reste-t-elle importante ?
Parce qu’elle apporte quelque chose qui manquait jusqu’ici :
des données humaines à très grande échelle.
Le CIRC a d’ailleurs consacré en juin 2026 un commentaire à ces résultats.
Selon ses chercheurs, ils suggèrent que l’utilisation de cigarettes électroniques après l’arrêt du tabac pourrait atténuer une partie des bénéfices de l’arrêt complet sur le risque de cancer du poumon, tout en laissant subsister d’importantes incertitudes sur les effets à long terme.
C’est un signal qui mérite d’être suivi.
Ce n’est pas encore une démonstration définitive de causalité.
🚬 Alors, la cigarette électronique provoque-t-elle le cancer ?
En 2026, la réponse scientifique la plus rigoureuse est :
nous ne disposons pas encore des données permettant de quantifier précisément le risque de cancer à long terme attribuable au vapotage chez l’être humain.
Mais cela ne signifie pas que l’on peut considérer la cigarette électronique comme inoffensive.
Les aérosols peuvent contenir :
des substances irritantes ;
des composés carbonylés ;
des métaux ;
des particules ;
de la nicotine pour de nombreux produits ;
et différentes substances chimiques produites ou modifiées lors du chauffage.
L’OMS rappelle en 2026 que les cigarettes électroniques peuvent exposer leurs utilisateurs à des substances nocives et que leurs conséquences sanitaires à long terme restent une préoccupation.
⚖️ « Moins nocif que fumer » et « sans danger » ne veulent pas dire la même chose
C’est probablement la phrase la plus importante de cet article.
La fumée d’une cigarette traditionnelle résulte de la combustion du tabac.
Elle contient un très grand nombre de substances toxiques et cancérogènes.
La cigarette électronique ne fonctionne pas par combustion.
Son profil d’exposition est donc différent.
La Fondation contre le Cancer indique que, lorsqu’elle est correctement utilisée, la cigarette électronique expose généralement à moins de substances nocives et à des quantités plus faibles que la fumée de cigarette, tout en rappelant qu’elle n’est pas sans danger.
Les deux affirmations peuvent être vraies simultanément.
👤 Il faut surtout distinguer trois situations
1️⃣ Une personne qui n’a jamais fumé
Pour elle, commencer à vapoter ajoute une exposition et, lorsqu’il y a de la nicotine, un risque de dépendance qui n’existaient pas auparavant.
Il n’existe donc pas de bénéfice sanitaire à commencer.
La Fondation contre le Cancer recommande aux personnes n’ayant jamais fumé de ne pas adopter la cigarette électronique.
🚬 2️⃣ Une personne qui fume et continue de fumer
C’est une situation très différente.
Le tabac fumé est un cancérogène établi et constitue un facteur majeur de cancer.
Continuer à fumer expose donc à des risques parfaitement démontrés.
En Belgique, la Fondation contre le Cancer rappelle que le tabac est à l’origine de près de 90 % des cancers du poumon.
🔄 3️⃣ Une personne qui remplace complètement la cigarette par la vape
Ici encore, la question change.
Il ne faut pas comparer cette personne à quelqu’un qui ne fume et ne vapote jamais.
Il faut notamment se demander ce qui se serait passé si elle avait continué à fumer.
La cigarette électronique peut aider certains fumeurs à arrêter le tabac. La Fondation contre le Cancer le reconnaît également, tout en recommandant, lorsqu’elle est utilisée dans cette optique, d’en limiter l’utilisation dans le temps.
L’objectif idéal reste :
ne plus fumer et, à terme, ne plus vapoter.
🚬 + 💨 Et fumer tout en vapotant ?
C’est ce que l’on appelle souvent le double usage.
Et c’est une situation à ne pas banaliser.
Une personne peut penser avoir fortement réduit son risque parce qu’elle fume moins de cigarettes grâce à la vape.
Mais continuer à fumer maintient une exposition aux produits de combustion du tabac.
Le bénéfice potentiel du vapotage comme outil de réduction des risques dépend donc fortement de sa capacité à remplacer réellement la cigarette, et non simplement à s’y ajouter.
🇧🇪 Quelle est la situation en Belgique ?
La Belgique applique une réglementation de plus en plus stricte aux cigarettes électroniques.
La vente est notamment interdite aux moins de 18 ans.
Les cigarettes électroniques jetables sont interdites sur le marché belge.
Les produits doivent également être notifiés aux autorités avant leur commercialisation.
Ces mesures visent notamment à limiter l’initiation chez les jeunes et à encadrer les produits disponibles.
👦 Et les adolescents ?
C’est un sujet suffisamment important pour être traité séparément.
Chez une personne qui n’a jamais fumé, la balance bénéfice-risque n’est évidemment pas celle d’un fumeur adulte utilisant la cigarette électronique pour sortir du tabac.
La nicotine peut provoquer une dépendance, et l’exposition commence alors parfois très tôt.
👉 Oncostar a consacré un article spécifique à cette question :
Lire : Vapotage chez les adolescents — quel impact sur l’espérance de vie ?
🧬 Faut-il avoir peur de VALT1 ?
Pas à ce stade.
VALT1 est surtout une piste de recherche intéressante.
L’étude de 2026 suggère que cette molécule pourrait intervenir dans certains phénomènes cellulaires associés à la tumorigenèse.
Mais VALT1 n’est pas un « gène du cancer activé par la vape ».
Il est également retrouvé à des niveaux élevés dans différents cancers et son rôle précis reste étudié.
Il serait donc prématuré de transformer cette découverte moléculaire en diagnostic ou en prédiction du risque individuel.
🩸 Existe-t-il un test VALT1 pour les vapoteurs ?
Non.
Cette recherche ne signifie pas qu’un vapoteur devrait demander à son médecin :
« Pouvez-vous mesurer mon VALT1 ? »
Il n’existe pas aujourd’hui de test clinique validé permettant d’utiliser cette molécule pour prédire le risque de cancer d’un vapoteur.
🩻 Un vapoteur doit-il faire un scanner des poumons ?
Pas uniquement parce qu’il vapote.
Les programmes et recommandations de dépistage du cancer du poumon reposent principalement sur l’âge et surtout sur l’histoire tabagique.
Une personne ayant beaucoup fumé dans le passé peut toutefois présenter un risque qui reste élevé même après l’arrêt.
Son historique complet doit donc être discuté avec un médecin.
❤️ Et après un cancer ?
Pour une personne atteinte ou ayant été atteinte d’un cancer et qui fume encore, arrêter le tabac reste bénéfique.
Oncostar a notamment consacré un article aux bénéfices de l’arrêt après un diagnostic de cancer du poumon :
Lire : Pourquoi arrêter de fumer reste utile après un cancer du poumon
La question du recours temporaire à la cigarette électronique pour faciliter l’arrêt mérite alors d’être discutée individuellement avec un professionnel de santé ou un tabacologue.
🧭 Comment lire les prochaines études sur la vape et le cancer ?
Lorsqu’un titre affirme :
« Une étude démontre que la vape provoque le cancer »
quelques questions permettent d’éviter les conclusions trop rapides.
L’étude porte-t-elle sur des cellules, des animaux ou des humains ?
Combien de personnes ont été étudiées ?
Les participants fumaient-ils auparavant ?
Continuent-ils également à fumer ?
Quel produit de vapotage a été utilisé ?
Pendant combien de temps ?
L’étude mesure-t-elle réellement des cancers ou seulement des marqueurs biologiques associés au cancer ?
Observe-t-on une association ou démontre-t-on un mécanisme causal ?
Ces distinctions changent complètement la portée d’un résultat.
Ce qu’il faut retenir
🧬 Une étude publiée en 2026 montre que l’exposition expérimentale à un extrait de vapeur peut modifier VALT1 et plusieurs comportements cellulaires associés aux processus tumoraux.
🧫 Il s’agit principalement d’expériences sur des cellules. Elles ne démontrent pas que des vapoteurs développeront un cancer.
🔬 Le rôle exact de VALT1 dans les effets provoqués par la vapeur reste à confirmer, notamment parce que l’expérience combinant exposition à la vapeur et inhibition de VALT1 n’a pas été réalisée.
📊 Une autre étude de 2026 portant sur plus de 4,5 millions d’anciens ou actuels fumeurs a observé davantage de cancers du poumon chez les anciens fumeurs utilisant quotidiennement une cigarette électronique que chez ceux ayant arrêté sans vapoter.
⚠️ Cette association ne démontre toutefois pas que le vapotage est la cause des cancers observés. Tous les participants avaient un historique de tabagisme et l’étude était observationnelle.
🚬 Les dangers cancérogènes du tabac fumé sont, eux, établis depuis longtemps.
💨 La cigarette électronique expose généralement à moins de substances nocives que la fumée de cigarette, mais elle n’est pas sans risque.
👤 Pour une personne qui n’a jamais fumé, commencer à vapoter n’apporte aucun bénéfice sanitaire.
🔄 Pour un fumeur, remplacer complètement la cigarette est une situation différente de l’ajout de la vape tout en continuant à fumer.
🎯 L’objectif présentant le moins d’exposition reste de ne ni fumer ni vapoter.
À retenir : les recherches de 2026 apportent de nouveaux signaux qui justifient de continuer à étudier sérieusement le risque cancérogène potentiel du vapotage. Elles ne permettent toutefois pas d’affirmer que la cigarette électronique provoque chez l’être humain un nombre déterminé de cancers. L’absence de preuve définitive de cancer à long terme ne signifie pas absence de risque ; inversement, un effet « tumorigène » observé dans une boîte de culture ne doit pas être présenté comme la preuve qu’un vapoteur développera un cancer.
Pour aller plus loin
👦 Vapotage chez les adolescents : quel impact sur l’espérance de vie ?
🚭 Arrêter de fumer après un cancer du poumon : pourquoi il n’est jamais trop tard
Sources scientifiques et références
🧬 Étude VALT1 — 2026
Mirador DAR, Ferrer JLM, Lin KDH, Garcia RL. Vape-Associated lncRNA Transcript 1 (VALT1) Amplifies the Tumorigenic Effects of e-Cigarette Vapor in Lung Epithelial Cells. Non-Coding RNA. 2026;12(2):10.
Consulter l’article scientifique en accès libre
📊 Étude humaine sur plus de 4,5 millions de personnes — Nature Medicine, 2026
Kim YW et al. Electronic cigarette use after smoking cessation and lung cancer risk. Nature Medicine. 2026;32:2410–2419.
Consulter l’étude dans Nature Medicine
🌍 CIRC — analyse des données à long terme
Le Centre international de recherche sur le cancer a commenté en juin 2026 les résultats de l’étude coréenne et souligne à la fois leur intérêt et les importantes questions qui restent ouvertes concernant les effets à long terme des cigarettes électroniques.
🌍 Organisation mondiale de la Santé — cigarettes électroniques
L’OMS rappelle en 2026 que les cigarettes électroniques peuvent exposer leurs utilisateurs à des substances nocives et souligne la nécessité de prévenir leur adoption par les jeunes.
Consulter la publication 2026 de l’OMS
🇧🇪 Fondation contre le Cancer — Belgique
La Fondation contre le Cancer indique que la cigarette électronique expose généralement à moins de substances nocives que la cigarette traditionnelle lorsqu’elle est correctement utilisée, mais qu’elle n’est pas sans danger. Elle déconseille son utilisation aux personnes qui n’ont jamais fumé.
Consulter les recommandations de la Fondation contre le Cancer
🇧🇪 Réglementation belge
Le SPF Santé publique détaille les règles applicables aux produits du tabac et de vapotage en Belgique, notamment l’interdiction des cigarettes électroniques jetables et de leur vente aux mineurs.
Consulter la réglementation belge
🧐 Analyse critique de l’étude VALT1
Vaping Post a publié en septembre 2026 une analyse détaillée des limites méthodologiques de l’étude et de la manière dont ses résultats ont été communiqués au public. Cette publication constitue une analyse journalistique spécialisée et non une étude scientifique évaluée par les pairs.
📖 Glossaire
Vapotage : inhalation de l’aérosol produit par une cigarette électronique après chauffage d’un liquide.
Aérosol : ensemble de fines particules et gouttelettes présentes dans l’air. Le terme « vapeur » est couramment utilisé pour les cigarettes électroniques, mais il ne s’agit pas uniquement de vapeur d’eau.
VALT1 : nom donné par les chercheurs à un ARN long non codant étudié pour son association avec certains phénomènes cellulaires observés après exposition expérimentale à un extrait de vapeur.
lncRNA : ARN long non codant. Molécule d’ARN qui ne code pas directement une protéine mais peut participer à la régulation de nombreux processus cellulaires.
Tumorigène : susceptible de favoriser certains mécanismes intervenant dans la formation ou le développement d’une tumeur. Observer un phénomène tumorigène sur des cellules ne signifie pas qu’un cancer apparaîtra nécessairement chez une personne exposée.
In vitro : expérience réalisée hors d’un organisme vivant, par exemple sur des cellules cultivées en laboratoire.
Association : relation statistique entre deux phénomènes. Une association ne démontre pas nécessairement que l’un provoque l’autre.
Causalité : situation dans laquelle il existe suffisamment d’éléments pour considérer qu’une exposition contribue réellement à provoquer un effet.
Double usage : utilisation simultanée de cigarettes traditionnelles et de cigarettes électroniques.
🔬 Niveau de preuve scientifique
★★★★★ Le tabac fumé provoque plusieurs cancers, dont le cancer du poumon. Le lien causal est établi depuis des décennies.
★★★★☆ Les aérosols de cigarette électronique peuvent provoquer des modifications biologiques et cellulaires potentiellement préoccupantes. De nombreuses études expérimentales soutiennent ce constat, même si leur traduction en risque de cancer chez l’être humain reste incertaine.
★★★☆☆ Chez d’anciens fumeurs, l’utilisation quotidienne d’une cigarette électronique après l’arrêt est associée dans une très grande étude de 2026 à davantage de cancers du poumon que l’arrêt sans vapotage. L’étude est importante mais observationnelle et ne démontre pas la causalité.
★★☆☆☆ VALT1 pourrait participer à certains mécanismes cellulaires associés à la tumorigenèse. L’étude de 2026 apporte des arguments biologiques intéressants, mais le mécanisme doit encore être confirmé expérimentalement.
★★☆☆☆ Le risque exact de développer un cancer après plusieurs décennies de vapotage exclusif reste inconnu. Le recul épidémiologique demeure insuffisant pour produire une estimation comparable à celle disponible pour le tabac.
★☆☆☆☆ Affirmer aujourd’hui qu’une étude sur VALT1 démontre à elle seule que « la vape provoque le cancer » dépasse ce que montrent les données scientifiques.
Dernière mise à jour scientifique : 21 octobre 2026.
Cet article est destiné à l’information générale et ne remplace pas un avis médical ou un accompagnement au sevrage tabagique. Une personne qui fume ne devrait pas interpréter les incertitudes entourant le vapotage comme une raison de poursuivre la cigarette traditionnelle. Les risques liés au tabagisme sont clairement établis. Un médecin, un pharmacien ou un tabacologue peut aider à choisir une stratégie d’arrêt adaptée à chaque situation.