L’INAMI valide officiellement les centres de référence pour les cancers de la tête et du cou en Belgique

L’INAMI valide officiellement les centres de référence pour les cancers de la tête et du cou en Belgique

Une nouvelle étape importante vient d’être franchie pour les personnes atteintes d’un cancer de la tête et du cou en Belgique.

Le Comité de l’assurance de l’INAMI a officiellement approuvé la convention qui organise la prise en charge de ces cancers dans des centres de référence et des centres spécialisés en radiothérapie. Cette décision marque l’aboutissement de plusieurs années de concertation entre les médecins, les hôpitaux, les mutualités et les autorités de santé.

Après l’annonce du projet début juillet, cette validation officielle ouvre désormais la voie à la mise en œuvre concrète de cette nouvelle organisation des soins.


Une réforme basée sur des preuves scientifiques

Chaque année, près de 2 700 Belges reçoivent un diagnostic de cancer de la tête ou du cou.

Ces cancers peuvent toucher notamment :

  • la bouche ;
  • la langue ;
  • le pharynx ;
  • le larynx ;
  • les glandes salivaires ;
  • certaines parties du nez et des sinus.

Ils comptent parmi les cancers les plus complexes à traiter, car ils concernent des zones essentielles à la respiration, à la parole, à la déglutition et à l’alimentation.

La convention rappelle que ces patients bénéficient de meilleurs résultats lorsqu’ils sont pris en charge par une équipe multidisciplinaire expérimentée réunissant notamment ORL, chirurgiens maxillo-faciaux, oncologues médicaux, radiothérapeutes, radiologues, anatomopathologistes, logopèdes, diététiciens, psychologues et infirmiers coordinateurs.


Pourquoi concentrer les soins ?

La réforme repose sur une observation désormais bien établie.

Les analyses de la Fondation Registre du Cancer montrent que les patients présentent de meilleures chances de survie lorsqu’ils sont traités dans des centres qui prennent en charge un nombre suffisant de cas chaque année.

Les données belges mettent en évidence un seuil d’environ 30 nouveaux traitements par an, au-delà duquel les résultats s’améliorent significativement.

Aujourd’hui encore, les cancers de la tête et du cou sont traités dans 99 hôpitaux différents, avec une médiane d’environ 8 patients par centre, ce qui disperse l’expertise.

L’objectif de cette réforme est donc de concentrer les traitements les plus complexes dans des équipes qui les réalisent régulièrement.


Ce qui changera pour les patients

La nouvelle organisation prévoit deux types de structures.

Les centres de référence

Ils seront chargés notamment de :

  • réaliser la concertation oncologique multidisciplinaire ;
  • établir le plan personnalisé de traitement ;
  • effectuer les chirurgies complexes ;
  • assurer la coordination générale des soins.

Les centres spécialisés en radiothérapie

Ces centres pourront assurer les traitements de radiothérapie, tout en travaillant en collaboration étroite avec un centre de référence.

Cette organisation permettra à certains patients d’effectuer une partie de leur traitement plus près de leur domicile, tout en bénéficiant de l’expertise des centres spécialisés.


Un accompagnement global

Au-delà du traitement du cancer lui-même, la convention insiste fortement sur l’accompagnement du patient.

Chaque centre devra pouvoir offrir notamment :

  • un suivi nutritionnel ;
  • une prise en charge logopédique ;
  • un accompagnement psychologique ;
  • un soutien social ;
  • des soins dentaires spécialisés ;
  • une coordination infirmière tout au long du parcours.

Cette approche vise à limiter les conséquences souvent importantes de ces cancers sur la qualité de vie.


Des critères très stricts

Tous les hôpitaux ne pourront pas devenir centres de référence.

Pour être reconnus, ils devront notamment :

  • traiter au moins 30 nouveaux patients par an ;
  • réaliser au moins 30 chirurgies spécialisées chaque année ;
  • assurer au moins 30 traitements de radiothérapie par an ;
  • disposer d’une équipe multidisciplinaire complète ;
  • participer à un registre national de qualité ;
  • accepter des audits réguliers et des évaluations annuelles.

Les centres qui ne respecteront plus ces critères pourront perdre leur reconnaissance.


Une méthode déjà éprouvée

L’INAMI rappelle que cette stratégie de concentration des soins a déjà porté ses fruits pour d’autres cancers complexes.

Depuis la création des centres spécialisés pour les cancers de l’œsophage et du pancréas en 2019, la mortalité à 90 jours après chirurgie a nettement diminué.

Cette expérience positive a largement motivé l’extension de ce modèle aux cancers de la tête et du cou.


Ce que cela signifie concrètement

Pour les patients, cette réforme ne signifie pas que tous les soins devront obligatoirement être réalisés loin de leur domicile.

Elle garantit surtout que les décisions les plus importantes, les traitements les plus complexes et les interventions chirurgicales les plus délicates seront confiés à des équipes qui disposent d’une expérience reconnue.

En validant officiellement cette convention, l’INAMI franchit une étape importante vers une médecine toujours davantage fondée sur les preuves scientifiques, l’expertise multidisciplinaire et l’amélioration continue de la qualité des soins.


Pour aller plus loin

Sources

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