L’activité physique encadrée et la réadaptation cardio-oncologique occupent désormais une place plus importante pendant et après certains traitements anticancéreux. Quels patients sont concernés, quels bénéfices peut-on attendre et comment s’orienter en Belgique ?
Quand on parle de réadaptation après un cancer, on pense généralement à la fatigue, à la fonte musculaire, aux douleurs ou à la perte d’autonomie.
Pourtant, un autre organe mérite également une attention particulière : le cœur.
Certains traitements anticancéreux peuvent affecter le muscle cardiaque, les artères, la tension artérielle ou le rythme du cœur. Ces complications peuvent apparaître pendant le traitement, mais aussi plusieurs mois ou plusieurs années plus tard.
Les nouvelles recommandations 2026 de la Société européenne de cardiologie, l’ESC, accordent donc une place spécifique aux personnes atteintes d’un cancer et aux anciens patients exposés à des traitements potentiellement cardiotoxiques.
Le message central est clair : une activité physique structurée et adaptée peut améliorer les capacités physiques, la qualité de vie et la fatigue. Chez certains patients à risque, elle peut s’intégrer dans un véritable programme de réadaptation cardio-oncologique associant cardiologie, oncologie, activité physique, nutrition et soutien psychologique.
Cette approche ne consiste cependant pas à demander à tous les patients de faire davantage de sport. Elle repose sur une évaluation individuelle et un encadrement adapté à l’état de santé de chaque personne.
Pourquoi parler du cœur pendant un cancer ?
Le cancer et les maladies cardiovasculaires entretiennent des liens complexes.
Ils partagent plusieurs facteurs de risque :
- le tabagisme ;
- la sédentarité ;
- le surpoids ;
- l’hypertension artérielle ;
- le diabète ;
- le vieillissement ;
- certaines habitudes de vie.
Le cancer peut également favoriser l’inflammation et augmenter le risque de formation de caillots sanguins.
À cela s’ajoutent les effets possibles des traitements. Certaines chimiothérapies, thérapies ciblées, immunothérapies ou radiothérapies peuvent avoir des conséquences cardiovasculaires.
Les complications possibles comprennent notamment :
- une diminution de la capacité du cœur à se contracter ;
- une insuffisance cardiaque ;
- une hypertension artérielle ;
- des troubles du rythme ;
- une inflammation du muscle ou de l’enveloppe du cœur ;
- une maladie des artères coronaires ;
- des accidents thrombotiques.
Cela ne signifie pas que toutes les personnes traitées développeront un problème cardiaque. Le risque dépend du traitement reçu, des doses, de l’âge, des antécédents et des facteurs de risque personnels.
Quels traitements peuvent présenter un risque cardiovasculaire ?
Plusieurs traitements anticancéreux peuvent nécessiter une surveillance particulière.
Les anthracyclines
Les anthracyclines, comme la doxorubicine ou l’épirubicine, sont utilisées contre différents cancers, notamment certains cancers du sein, lymphomes, leucémies et sarcomes.
Elles peuvent, chez certains patients, endommager progressivement le muscle cardiaque. Le risque dépend notamment de la dose cumulée et de la présence d’autres facteurs cardiovasculaires.
Certaines thérapies ciblées
Les traitements dirigés contre HER2, comme le trastuzumab, peuvent entraîner une diminution de la fonction cardiaque chez certaines personnes.
D’autres thérapies ciblées peuvent augmenter la tension artérielle, favoriser les caillots ou affecter les vaisseaux sanguins.
L’immunothérapie
Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire provoquent rarement une inflammation du muscle cardiaque appelée myocardite. Cette complication est peu fréquente, mais elle peut être grave.
La radiothérapie
Une irradiation de la région thoracique peut exposer une partie du cœur et des artères coronaires, particulièrement lorsque la tumeur se situe à proximité.
Les techniques modernes permettent de réduire cette exposition, mais une surveillance à long terme peut rester nécessaire pour certaines personnes.
Que recommandent précisément les experts européens ?
Les recommandations ESC 2026 abordent explicitement la réadaptation des personnes atteintes d’un cancer ou ayant terminé leurs traitements.
L’exercice est recommandé pendant ou après les traitements
L’entraînement physique est recommandé pendant ou après un traitement anticancéreux, particulièrement chez les personnes présentant un risque accru de toxicité cardiovasculaire.
Selon l’ESC, l’exercice encadré peut notamment :
- améliorer la capacité cardiorespiratoire ;
- augmenter la distance de marche ;
- préserver ou améliorer la force musculaire ;
- réduire la fatigue ;
- améliorer la qualité de vie ;
- favoriser le maintien des activités quotidiennes ;
- améliorer certains facteurs de risque cardiovasculaire.
Cette recommandation est classée I, niveau B1. Dans le vocabulaire de l’ESC, la classe I signifie que l’intervention est recommandée sur la base des données disponibles.
Cela ne veut toutefois pas dire que le même exercice convient à tout le monde. Le type d’activité, sa durée, son intensité et sa fréquence doivent être adaptés.
Une réadaptation cardio-oncologique pour les personnes les plus à risque
L’ESC estime qu’un programme de réadaptation cardio-oncologique devrait être envisagé chez les patients atteints d’un cancer et les anciens patients, particulièrement lorsque le risque de toxicité cardiovasculaire est élevé.
Les objectifs sont notamment d’améliorer :
- la condition physique ;
- la force musculaire ;
- la qualité de vie ;
- le profil de risque cardiovasculaire ;
- l’autonomie.
Cette recommandation est classée IIa, niveau B1 : les données disponibles sont favorables et l’approche devrait être envisagée dans les situations appropriées.
Une possible protection contre certaines toxicités cardiaques
La réadaptation fondée sur l’exercice pourrait également contribuer à prévenir ou à atténuer certaines atteintes cardiaques provoquées par les traitements, notamment les anthracyclines.
Mais les experts restent prudents. Les études disponibles ne permettent pas encore d’établir avec certitude l’ampleur de cet effet protecteur direct sur le muscle cardiaque.
Cette recommandation est donc moins forte : classe IIb, niveau B2.
Autrement dit, l’exercice présente des bénéfices bien établis pour la capacité physique, la fatigue et la qualité de vie. Sa capacité à empêcher directement une cardiotoxicité reste encore à confirmer.
Qu’est-ce que la réadaptation cardio-oncologique ?
La réadaptation cardio-oncologique ne se résume pas à quelques séances de vélo d’appartement.
Il s’agit d’une prise en charge structurée et multidisciplinaire pouvant associer :
- une évaluation cardiovasculaire ;
- un test d’effort ou un test de marche ;
- un programme d’endurance adapté ;
- des exercices de renforcement musculaire ;
- une surveillance de la tension et du rythme cardiaque ;
- une prise en charge des facteurs de risque ;
- des conseils nutritionnels ;
- un accompagnement psychologique ;
- un soutien pour arrêter de fumer ;
- des conseils concernant le retour aux activités quotidiennes ou professionnelles.
L’équipe peut réunir cardiologues, cardio-oncologues, oncologues, médecins de réadaptation, kinésithérapeutes, infirmiers, diététiciens, psychologues et assistants sociaux.
Le programme évolue selon le traitement, les symptômes et les capacités de la personne.
Réadaptation cardiaque, réadaptation oncologique et activité physique adaptée : quelle différence ?
Ces prises en charge peuvent se compléter, mais elles ne sont pas identiques.
La réadaptation cardiaque
Elle s’adresse principalement aux personnes présentant une maladie cardiovasculaire reconnue, par exemple après un infarctus, une intervention sur les artères coronaires, une chirurgie cardiaque ou dans certaines formes d’insuffisance cardiaque.
Elle est généralement organisée dans un centre spécialisé avec une surveillance médicale et cardiologique.
La réadaptation oncologique
Elle vise les conséquences du cancer et de ses traitements :
- déconditionnement physique ;
- perte de force ;
- fatigue ;
- limitations fonctionnelles ;
- douleurs ;
- difficultés respiratoires ;
- conséquences d’une intervention chirurgicale ;
- perte d’autonomie.
L’activité physique adaptée
Elle propose des exercices ajustés à la maladie, aux traitements et aux capacités de la personne. Elle peut être encadrée par un kinésithérapeute ou un professionnel disposant d’une formation appropriée.
La réadaptation cardio-oncologique
Elle se situe à la rencontre de ces approches. Elle concerne particulièrement les patients présentant à la fois des besoins liés au cancer et un risque ou une atteinte cardiovasculaire.
Tous les patients n’ont pas besoin d’intégrer un centre de réadaptation cardiaque. Pour certains, un programme de réadaptation oncologique ou d’activité physique adaptée sera plus approprié. Pour d’autres, une évaluation cardio-oncologique sera nécessaire avant de déterminer le parcours le plus sûr.
Qui pourrait particulièrement en bénéficier ?
Une évaluation peut être pertinente pour une personne :
- qui présentait déjà une maladie cardiovasculaire avant son cancer ;
- qui souffre d’hypertension, de diabète ou d’un excès important de cholestérol ;
- qui a reçu des anthracyclines ;
- qui a reçu un traitement dirigé contre HER2 ;
- qui a bénéficié d’une radiothérapie thoracique ;
- qui reçoit un autre traitement reconnu comme potentiellement cardiotoxique ;
- qui présente une diminution de sa fonction cardiaque ;
- qui ressent un essoufflement ou une baisse inhabituelle de ses capacités ;
- qui a développé des palpitations, une douleur thoracique ou des malaises ;
- qui éprouve des difficultés à reprendre une activité physique ;
- qui cumule plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire.
La décision ne dépend donc pas uniquement du type de cancer. Elle tient également compte du traitement, de la dose reçue, des antécédents et de l’état général.
À quel moment commencer ?
La réadaptation peut intervenir à plusieurs étapes.
Avant le traitement
Une évaluation préalable peut aider à mesurer les capacités physiques, repérer les facteurs de risque et préparer l’organisme au traitement.
On parle parfois de préhabilitation.
Pendant le traitement
Lorsque l’état médical le permet, une activité adaptée peut contribuer à préserver la force, limiter le déconditionnement et réduire la fatigue.
Le programme doit pouvoir être ajusté en fonction des cycles de traitement, des résultats sanguins et des effets indésirables.
Après le traitement
La réadaptation peut aider à retrouver progressivement de l’endurance, de la force et de la confiance dans son corps.
Elle peut également contribuer à corriger des facteurs de risque cardiovasculaire qui persistent après le cancer.
Plusieurs années plus tard
Certaines complications cardiaques peuvent apparaître tardivement. Une personne traitée plusieurs années auparavant peut donc encore avoir besoin d’une évaluation si de nouveaux symptômes se manifestent.
Quel type d’exercice faut-il pratiquer ?
Il n’existe pas de programme universel.
Un accompagnement peut associer :
- de la marche ;
- du vélo ;
- des exercices d’endurance ;
- du renforcement musculaire ;
- des exercices de mobilité ;
- du travail respiratoire ;
- des exercices d’équilibre.
L’intensité doit tenir compte :
- de la condition physique ;
- de la tension artérielle ;
- de la fonction cardiaque ;
- de la force musculaire ;
- de la fatigue ;
- du risque de chute ;
- des conséquences d’une chirurgie ;
- de la présence éventuelle de métastases osseuses ;
- des traitements en cours ;
- des préférences de la personne.
Le but n’est pas la performance. Il s’agit de retrouver ou de préserver des capacités utiles au quotidien, sans exposer le patient à un risque inutile.
Peut-on suivre le programme à domicile ?
Les recommandations ESC 2026 ouvrent également la porte à la téléréadaptation et aux formules hybrides combinant des séances en centre et un suivi à distance.
Chez les personnes traitées par une thérapie cardiotoxique, ces programmes peuvent améliorer la capacité physique et le niveau d’activité.
Cette possibilité peut être utile lorsque :
- les déplacements sont difficiles ;
- le centre est éloigné ;
- la fatigue limite les sorties ;
- les contraintes professionnelles ou familiales compliquent la participation.
Elle ne convient cependant pas à tout le monde. Une prise en charge en centre reste préférable pour les personnes qui nécessitent une surveillance étroite, présentent des symptômes instables ou ont un risque cardiovasculaire élevé.
Un programme à domicile ne signifie pas que le patient doit organiser seul sa réadaptation à partir de vidéos trouvées sur Internet. Une évaluation initiale et un suivi professionnel restent essentiels.
Quels symptômes doivent conduire à demander un avis médical ?
Pendant ou après un traitement, il faut signaler à l’équipe soignante :
- un essoufflement nouveau ou qui s’aggrave ;
- une douleur ou une oppression dans la poitrine ;
- des palpitations persistantes ;
- un rythme cardiaque inhabituellement rapide ou irrégulier ;
- un malaise ou une perte de connaissance ;
- un gonflement des jambes ou des chevilles ;
- une prise de poids rapide inexpliquée ;
- une fatigue brutale ou très différente de la fatigue habituelle ;
- une diminution marquée de la capacité à marcher ou à monter les escaliers.
En cas de douleur thoracique importante, d’essoufflement sévère, de malaise ou de symptômes soudains, il faut contacter rapidement les services d’urgence en appelant le 112.
La fatigue liée au cancer interdit-elle l’exercice ?
Le repos est parfois indispensable, notamment pendant certaines phases difficiles du traitement. Mais une fatigue persistante ne signifie pas nécessairement qu’il faut éviter tout mouvement.
L’inactivité prolongée peut provoquer un cercle vicieux :
- la fatigue conduit à moins bouger ;
- les muscles et l’endurance diminuent ;
- les activités quotidiennes demandent davantage d’efforts ;
- la sensation de fatigue augmente encore.
Une activité adaptée peut contribuer à interrompre ce cercle. Elle doit cependant être modulée selon l’état du patient.
Une infection, une anémie importante, une fièvre, une douleur non contrôlée, des troubles cardiaques instables ou certaines anomalies sanguines peuvent nécessiter une adaptation ou une interruption temporaire.
Peut-on affirmer que l’exercice améliore la survie ?
Les recommandations ESC mentionnent des associations favorables avec la survie sans maladie et la survie globale.
Cette information doit être interprétée avec prudence.
Les bénéfices les mieux établis concernent :
- la capacité physique ;
- la fatigue ;
- la force musculaire ;
- la qualité de vie ;
- certains facteurs de risque cardiovasculaire.
Pour la survie et le risque de récidive, les données peuvent varier selon le cancer, le stade de la maladie, le programme suivi et le profil des participants.
L’activité physique ne remplace jamais la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, l’hormonothérapie, l’immunothérapie ou une thérapie ciblée. Elle s’intègre dans le parcours comme un soin complémentaire.
Deux chercheurs belges au cœur de ces recommandations
La Belgique est directement représentée dans la rédaction de ces nouvelles recommandations européennes.
Le Pr Dominique Hansen, spécialiste de la réadaptation cardiovasculaire et de la physiologie de l’exercice, fait partie des présidents du groupe de travail.
Le chercheur Felipe Machado, également rattaché à la Belgique, fait partie des coordinateurs du document.
Cette participation souligne l’expertise belge dans le domaine de la réadaptation, même si l’intégration pratique de la cardio-oncologie reste encore variable selon les établissements.
Quelle prise en charge en Belgique ?
En Belgique, des centres spécialisés proposent des programmes de rééducation cardiaque multidisciplinaires. Ils peuvent associer suivi médical, kinésithérapie, diététique, psychologie et accompagnement social.
L’INAMI prévoit une intervention de la mutualité pour certaines indications cardiaques précises, notamment après :
- un infarctus aigu du myocarde ;
- une chirurgie coronaire ;
- certaines interventions sur le cœur ou les artères coronaires ;
- une chirurgie cardiaque ou valvulaire ;
- une transplantation cardiaque ou pulmonaire ;
- certaines cardiomyopathies avec dysfonction du ventricule gauche.
Le fait d’avoir eu un cancer ou d’avoir reçu un traitement cardiotoxique ne donne donc pas automatiquement accès au remboursement d’un programme spécialisé de réadaptation cardiaque.
En fonction de la situation, la prise en charge peut relever :
- d’un centre de réadaptation cardiaque si une indication reconnue est présente ;
- d’une consultation de cardio-oncologie ;
- d’un service de réadaptation oncologique ;
- de séances de kinésithérapie prescrites ;
- d’un programme hospitalier d’activité physique adaptée ;
- d’une maison de ressourcement ou d’une organisation proposant des activités encadrées.
Les modalités et les coûts peuvent varier. Il est utile de se renseigner auprès de l’hôpital, du médecin et de la mutualité avant de commencer le programme.
À qui en parler ?
Le premier interlocuteur peut être :
- l’oncologue ;
- le cardiologue ou le cardio-oncologue ;
- le médecin généraliste ;
- le médecin de médecine physique ;
- le kinésithérapeute de l’équipe d’oncologie ;
- l’infirmier coordinateur de soins.
Une question simple peut suffire à ouvrir la discussion :
« Mon traitement ou mes antécédents justifient-ils une évaluation cardiovasculaire avant de reprendre une activité physique ? »
Ce qu’il faut retenir
- Les recommandations ESC 2026 incluent explicitement les personnes atteintes d’un cancer et les anciens patients.
- L’exercice encadré est recommandé pendant ou après les traitements, particulièrement lorsque le risque cardiovasculaire est élevé.
- Les bénéfices les mieux démontrés concernent la condition physique, la force, la fatigue et la qualité de vie.
- Une réadaptation cardio-oncologique peut associer exercice, évaluation cardiaque, nutrition, soutien psychologique et contrôle des facteurs de risque.
- La preuve d’une prévention directe des lésions cardiaques provoquées par certains traitements reste plus limitée.
- Un programme à distance ou hybride peut être envisagé chez certains patients.
- En Belgique, le cancer seul ne donne pas automatiquement droit au remboursement d’une réadaptation cardiaque spécialisée.
- Le programme doit toujours être individualisé et discuté avec l’équipe soignante.
Questions fréquentes
Tous les patients atteints d’un cancer doivent-ils consulter un cardiologue ?
Non. Une consultation est surtout pertinente en présence d’une maladie cardiovasculaire, de facteurs de risque importants, d’un traitement potentiellement cardiotoxique ou de symptômes évocateurs. L’oncologue peut déterminer si une évaluation spécialisée est nécessaire.
Peut-on faire du sport pendant une chimiothérapie ?
Souvent oui, mais l’activité doit être adaptée à l’état général, aux effets secondaires et aux résultats biologiques. Certaines périodes peuvent nécessiter de réduire ou de suspendre temporairement l’exercice.
L’activité physique peut-elle empêcher une cardiotoxicité ?
Elle pourrait contribuer à en réduire certaines conséquences, notamment avec les anthracyclines, mais les preuves ne permettent pas encore de garantir une protection directe du cœur. Son intérêt pour la capacité physique, la fatigue et la qualité de vie est mieux établi.
Qu’est-ce qu’un cardio-oncologue ?
Il s’agit d’un cardiologue ayant une expertise particulière dans la prévention, la détection et la prise en charge des complications cardiovasculaires associées au cancer et à ses traitements.
Faut-il réaliser un test d’effort avant de reprendre le sport ?
Pas systématiquement. Il peut être indiqué en cas de risque cardiovasculaire élevé, de symptômes, d’antécédents cardiaques ou avant un programme d’intensité importante. La décision appartient au médecin.
Marcher est-il suffisant ?
La marche constitue une excellente manière de reprendre une activité, mais certains patients peuvent également bénéficier d’un renforcement musculaire, d’exercices de mobilité ou d’un travail d’endurance plus structuré.
Un programme à domicile est-il aussi efficace ?
Il peut améliorer la condition physique chez certains patients, surtout lorsqu’il est accompagné à distance. Les personnes présentant un risque élevé ou une situation instable peuvent toutefois avoir besoin d’un programme réalisé en centre.
La réadaptation est-elle remboursée en Belgique ?
La réadaptation cardiaque spécialisée est remboursée sous certaines conditions liées à des affections cardiaques précises. Un diagnostic de cancer ou l’exposition à un traitement cardiotoxique ne suffit pas automatiquement. Il faut vérifier la situation auprès du centre et de la mutualité.
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Des professionnels pouvant vous accompagner
Selon votre situation, l’accompagnement peut associer une évaluation médicale cardiovasculaire et une remise en mouvement adaptée.
- Dr Alexandre Almorad – médecin spécialiste en formation en cardiologie : son profil mentionne le suivi des troubles du rythme, de l’insuffisance cardiaque et des conséquences cardiovasculaires de certains traitements oncologiques.
- Lucille Blaise – kinésithérapeute en réadaptation oncologique : elle accompagne à l’Hôpital Erasme des personnes ayant ou ayant eu un cancer grâce à une activité physique régulière, encadrée et individualisée.
Ces profils correspondent à deux aspects différents du parcours. Ils ne signifient pas que ces professionnels proposent à eux seuls un programme complet de réadaptation cardio-oncologique ni qu’ils sont les seuls professionnels compétents en Belgique. L’orientation doit être adaptée à la situation médicale et, si nécessaire, coordonnée par l’équipe hospitalière.
Sources
- European Society of Cardiology – Recommandations ESC 2026 sur la réadaptation cardiaque
- European Heart Journal – 2026 ESC Guidelines on cardiac rehabilitation
- INAMI – Intervention dans le coût d’un traitement dans un centre de rééducation cardiaque
- KCE – Thérapie par exercices physiques comme soin de soutien en cas de cancer
- Cliniques universitaires Saint-Luc – Importance de l’exercice physique pendant et après un cancer
📖 Glossaire
- ESC : Société européenne de cardiologie, organisation scientifique qui publie des recommandations destinées aux professionnels de la santé cardiovasculaire.
- Réadaptation cardiaque : programme multidisciplinaire destiné à améliorer la santé physique, psychologique et sociale des personnes présentant certaines maladies cardiovasculaires.
- Cardio-oncologie : discipline située à la rencontre de la cardiologie et de l’oncologie, consacrée à la prévention et à la prise en charge des complications cardiovasculaires liées au cancer et à ses traitements.
- Réadaptation cardio-oncologique ou CORE : programme associant une activité physique structurée, une évaluation cardiovasculaire et d’autres accompagnements adaptés aux personnes atteintes d’un cancer.
- Cardiotoxicité : effet indésirable d’un traitement pouvant altérer le cœur ou le système cardiovasculaire.
- Anthracyclines : famille de médicaments de chimiothérapie efficaces contre plusieurs cancers, mais susceptibles d’endommager le muscle cardiaque chez certains patients.
- Thérapie anti-HER2 : traitement ciblant la protéine HER2, notamment dans certains cancers du sein. Une surveillance de la fonction cardiaque peut être nécessaire.
- Myocardite : inflammation du muscle cardiaque.
- Insuffisance cardiaque : situation dans laquelle le cœur ne parvient plus à pomper le sang aussi efficacement que nécessaire.
- Fraction d’éjection du ventricule gauche : mesure utilisée pour évaluer la capacité du cœur à éjecter le sang à chaque contraction.
- VO₂ de pointe : quantité maximale d’oxygène que l’organisme peut utiliser pendant un effort. Elle sert à mesurer la capacité cardiorespiratoire.
- Test de marche de six minutes : examen mesurant la distance qu’une personne peut parcourir en six minutes afin d’évaluer ses capacités fonctionnelles.
- Préhabilitation : intervention réalisée avant un traitement ou une opération afin de préparer la personne physiquement et psychologiquement.
- Téléréadaptation : programme de réadaptation réalisé en partie ou entièrement à distance avec un suivi professionnel.
- Classe I : niveau de recommandation indiquant qu’une intervention est recommandée.
- Classe IIa : niveau indiquant qu’une intervention devrait être envisagée.
- Classe IIb : niveau indiquant qu’une intervention peut être envisagée, mais que les données sont moins certaines.
- Niveau B : niveau de preuve reposant sur des essais cliniques ou des études scientifiques dont la qualité et le nombre restent inférieurs au niveau de preuve le plus élevé.
🔬 Niveau de preuve scientifique
- ★★★★★ L’exercice encadré pendant ou après les traitements améliore la condition physique et la capacité à l’effort.
- ★★★★★ L’activité physique adaptée peut réduire la fatigue et améliorer la qualité de vie des personnes touchées par un cancer.
- ★★★★☆ Une réadaptation cardio-oncologique devrait être envisagée chez les patients présentant un risque élevé de toxicité cardiovasculaire.
- ★★★☆☆ L’exercice pourrait prévenir ou atténuer certaines atteintes cardiaques liées aux anthracyclines, mais l’effet cardioprotecteur direct n’est pas encore établi avec certitude.
- ★★★★☆ Les programmes à distance ou hybrides peuvent améliorer les capacités physiques et le niveau d’activité de certains patients.
- ★★★☆☆ Les effets sur le risque de récidive et la survie varient selon les cancers et doivent être interprétés avec prudence.
- ★★★★★ Le programme doit être personnalisé en fonction du risque cardiovasculaire, des traitements, des symptômes et des capacités physiques.
- ★★★★★ L’activité physique adaptée complète les traitements anticancéreux et ne les remplace jamais.
Important : ces recommandations ne signifient pas que chaque patient doit suivre un programme intensif ou intégrer un centre de réadaptation cardiaque. Une évaluation individuelle est nécessaire, particulièrement en présence de symptômes, d’antécédents cardiovasculaires ou d’un traitement cardiotoxique.
Dernière mise à jour scientifique : septembre 2026.