Cancer du poumon : pourquoi les cas augmentent-ils chez les femmes et les personnes qui n’ont jamais fumé ?

Cancer du poumon : pourquoi les cas augmentent-ils chez les femmes et les personnes qui n’ont jamais fumé ?

Pendant longtemps, le cancer du poumon a surtout été associé à l’image d’un homme gros fumeur.

Aujourd’hui, cette réalité évolue.

À l’approche de la Journée mondiale du cancer du poumon, célébrée le 1er août, la Fondation contre le Cancer rappelle que la maladie touche de plus en plus de femmes et de personnes qui n’ont jamais fumé.

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Selon les projections du Registre belge du Cancer, le nombre annuel de nouveaux diagnostics pourrait passer de 9 487 cas en 2023 à 11 429 en 2035, soit une augmentation d’environ 20 %.

Chez les hommes, l’incidence tend à se stabiliser.

Chez les femmes, en revanche, la progression est marquée :

  • 1 554 nouveaux cas en 2004
  • 3 773 en 2023
  • 5 716 attendus en 2035

Cela représente une augmentation de plus de 50 %.


Le tabac reste le principal responsable

Il est important de le rappeler.

Malgré cette évolution, 80 à 90 % des cancers du poumon restent liés au tabagisme.

Le tabac demeure de très loin le facteur de risque numéro un.

Le risque augmente avec :

  • le nombre de cigarettes fumées ;
  • la durée du tabagisme ;
  • l’âge auquel il a commencé.

La bonne nouvelle est que l’arrêt du tabac réduit progressivement le risque, même après plusieurs années de consommation.


Pourquoi davantage de femmes sont-elles concernées ?

Plusieurs phénomènes expliquent cette évolution.

Le principal est historique.

Les générations de femmes ayant commencé à fumer dans les années 1970, 1980 et 1990 arrivent aujourd’hui aux âges où le cancer du poumon devient plus fréquent.

En effet, plusieurs décennies peuvent s’écouler entre l’exposition au tabac et l’apparition d’un cancer.

Autrement dit :

L’augmentation observée aujourd’hui reflète en partie les habitudes tabagiques d’il y a 20 à 40 ans.

Parallèlement, les traitements se sont améliorés et les femmes présentent aujourd’hui des taux de survie plus élevés qu’auparavant.


Et les personnes qui n’ont jamais fumé ?

C’est probablement l’information qui surprend le plus.

Oui, une personne ayant jamais fumé peut développer un cancer du poumon.

Cela reste beaucoup moins fréquent que chez les fumeurs, mais cette situation représente une part non négligeable des cas.

Si l’on considérait les cancers du poumon chez les non-fumeurs comme une maladie distincte, ils figureraient parmi les cancers les plus fréquents dans le monde.


Quels sont les facteurs de risque chez les non-fumeurs ?

Plusieurs causes sont aujourd’hui bien identifiées.

Le radon

En Belgique, le radon constitue l’un des principaux facteurs de risque chez les non-fumeurs.

Ce gaz radioactif naturel peut s’accumuler dans certaines habitations, notamment dans les caves et les rez-de-chaussée.

L’Agence fédérale de Contrôle nucléaire recommande d’ailleurs de mesurer le radon dans certaines régions du pays.

Le risque est particulièrement élevé lorsqu’il est associé au tabagisme.


La pollution de l’air

L’OMS classe désormais la pollution atmosphérique comme cancérogène pour l’être humain.

Les particules fines peuvent augmenter le risque de cancer du poumon après une exposition prolongée.

Même si le risque individuel est inférieur à celui lié au tabac, l’exposition concerne une très grande partie de la population.


Les expositions professionnelles

Certaines professions exposent davantage à des substances cancérogènes.

Parmi les plus connues :

  • l’amiante ;
  • les fumées de diesel ;
  • la silice cristalline ;
  • certains métaux ;
  • l’arsenic.

Ces expositions concernent notamment certains métiers de la construction, de l’industrie ou des mines.


Les facteurs génétiques

Chez certaines personnes, des anomalies génétiques particulières favorisent le développement de certains cancers du poumon.

On retrouve notamment plus souvent certaines mutations (comme EGFR) chez :

  • les femmes ;
  • les personnes n’ayant jamais fumé ;
  • les cancers de type adénocarcinome.

Ces découvertes ont profondément changé la prise en charge grâce au développement des thérapies ciblées.


Pourquoi parle-t-on davantage des cancers du poumon chez les non-fumeurs ?

Parce que leur fréquence augmente, mais aussi parce que la médecine les comprend mieux.

Ces cancers présentent souvent des caractéristiques biologiques différentes de ceux liés au tabac.

Ils répondent parfois à des traitements ciblés très spécifiques lorsque certaines anomalies moléculaires sont identifiées.

C’est pourquoi l’analyse génétique de la tumeur est aujourd’hui devenue essentielle chez de nombreux patients.


Le dépistage reste un défi majeur

En Belgique, plus de 65 % des cancers du poumon sont diagnostiqués à un stade avancé.

Cela limite les possibilités de chirurgie curative.

Pour certaines personnes à très haut risque (notamment les grands fumeurs), plusieurs études internationales ont montré qu’un scanner thoracique à faible dose pouvait réduire la mortalité.

La Belgique étudie progressivement la mise en place de stratégies de dépistage ciblées pour les populations les plus à risque.


De grands progrès dans les traitements

Malgré un pronostic encore difficile, les avancées sont importantes.

Entre 2004-2008 et 2019-2023, la survie à cinq ans en Belgique est passée :

Chez les femmes

  • de 15 % à 35 %

Chez les hommes

  • de 12 % à 27 %

Ces progrès sont liés notamment :

  • aux thérapies ciblées ;
  • à l’immunothérapie ;
  • à une meilleure prise en charge chirurgicale ;
  • à des techniques de radiothérapie plus précises ;
  • à une meilleure personnalisation des traitements.

Quels symptômes doivent alerter ?

Le cancer du poumon peut rester silencieux pendant longtemps.

Il est conseillé de consulter en cas de :

  • toux persistante ;
  • essoufflement inhabituel ;
  • crachats contenant du sang ;
  • douleur thoracique persistante ;
  • perte de poids inexpliquée ;
  • fatigue importante ;
  • infections pulmonaires répétées.

Ces symptômes peuvent avoir de nombreuses causes, mais lorsqu’ils persistent, ils justifient un avis médical.


Peut-on prévenir le cancer du poumon ?

Oui, une partie importante des cas peut être évitée.

Les principales mesures sont :

🚭 ne pas commencer à fumer ;

🚭 arrêter le tabac à tout âge ;

🏠 mesurer le radon dans les zones concernées ;

🏭 limiter les expositions professionnelles ;

🌍 améliorer la qualité de l’air.


À retenir

Le cancer du poumon reste la première cause de décès par cancer en Belgique.

Le tabac demeure responsable de 80 à 90 % des cas, mais la maladie touche également de plus en plus de femmes et de personnes n’ayant jamais fumé.

Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs :

  • l’évolution du tabagisme féminin au cours des dernières décennies ;
  • le vieillissement de la population ;
  • le radon ;
  • la pollution atmosphérique ;
  • certaines expositions professionnelles ;
  • des facteurs génétiques.

Enfin, une bonne nouvelle mérite d’être soulignée : les traitements progressent rapidement, avec une amélioration nette de la survie grâce aux thérapies ciblées, à l’immunothérapie et à une prise en charge plus personnalisée.

Le meilleur moyen de réduire le risque reste toutefois la prévention : ne pas fumer, arrêter le tabac lorsqu’on est fumeur, limiter les expositions aux cancérogènes connus et consulter en cas de symptômes persistants.

Pour aller plus loin

Le cancer du poumon reste l’un des cancers les plus fréquents et les plus meurtriers en Belgique. Si le tabac demeure le principal facteur de risque, d’autres éléments comme le radon, la pollution de l’air ou certaines expositions professionnelles jouent également un rôle. Découvrez également :

À retenir : si le tabagisme reste responsable de la majorité des cancers du poumon, cette maladie peut également toucher des personnes n’ayant jamais fumé. Une toux persistante, un essoufflement inhabituel, des crachats de sang ou une perte de poids inexpliquée doivent toujours être évalués par un professionnel de santé.

Sources scientifiques

Cet article s’appuie sur les données belges les plus récentes ainsi que sur les recommandations d’organismes scientifiques nationaux et internationaux.

Important : environ 80 à 90 % des cancers du poumon sont liés au tabac, mais une partie des cas survient chez des personnes n’ayant jamais fumé. Les spécialistes soulignent l’importance d’une approche globale associant prévention du tabagisme, réduction des expositions au radon et aux polluants, détection précoce et accès aux innovations thérapeutiques.

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