Ce qu’il faut retenir
L’air fryer (friteuse à air chaud) connaît un succès croissant grâce à sa capacité à cuire les aliments avec très peu d’huile. Mais depuis quelques années, des publications sur les réseaux sociaux affirment qu’il favoriserait le cancer.
Les données scientifiques actuelles ne confirment pas cette affirmation. Un air fryer utilisé correctement n’augmente pas le risque de cancer par lui-même. Les véritables points de vigilance concernent plutôt le mode de cuisson et l’état du revêtement du panier.
Le revêtement antiadhésif : faut-il s’inquiéter ?
La majorité des air fryers commercialisés possèdent un panier recouvert d’un revêtement antiadhésif en PTFE, souvent connu sous le nom commercial de Téflon.
Le PTFE appartient à la famille des PFAS, des substances très persistantes dans l’environnement. Cette famille fait aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches en raison de leur accumulation dans l’environnement et de certaines associations avec des effets sur la santé.
Il est toutefois important de distinguer la présence de PFAS dans l’environnement de l’utilisation normale d’un revêtement antiadhésif.
Les agences sanitaires considèrent qu’un revêtement en PTFE intact et utilisé dans les conditions prévues reste stable aux températures habituelles de cuisson.
Les problèmes apparaissent principalement lorsque :
- le revêtement est fortement rayé ou s’écaille ;
- l’appareil est fortement surchauffé (généralement au-delà d’environ 260 °C) ;
- le panier est laissé vide à très haute température pendant une période prolongée.
Or, la plupart des air fryers domestiques fonctionnent entre 160 et 200 °C, parfois jusqu’à 240 °C, soit en dessous des températures où le PTFE commence à se dégrader de manière significative.
Le véritable sujet : l’acrylamide
Du point de vue scientifique, le principal risque ne vient pas de l’appareil lui-même.
Il provient de la cuisson excessive de certains aliments riches en amidon.
Lorsque des aliments comme :
- les pommes de terre ;
- les frites ;
- les chips ;
- le pain ;
- les biscuits,
sont cuits à haute température et deviennent très bruns ou brûlés, ils peuvent produire une substance appelée acrylamide.
Cette molécule se forme naturellement au cours de la cuisson, généralement au-dessus de 120 °C, lors de la réaction de Maillard responsable du brunissement des aliments.
Pourquoi l’acrylamide inquiète-t-elle ?
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considère que l’acrylamide est une préoccupation de santé publique.
Pourquoi ?
Parce que les études réalisées chez l’animal montrent qu’elle possède un potentiel génotoxique (capable d’endommager l’ADN) et cancérogène.
Chez l’être humain, les preuves restent moins directes, mais les autorités sanitaires recommandent malgré tout de réduire autant que possible l’exposition alimentaire, par principe de précaution.
Un air fryer produit-il plus d’acrylamide ?
La réponse est nuancée.
L’air fryer ne produit pas automatiquement plus d’acrylamide qu’une friteuse traditionnelle.
En revanche, si les aliments sont cuits trop longtemps ou jusqu’à devenir brun foncé, certaines études montrent que les concentrations d’acrylamide peuvent être élevées, voire supérieures à celles obtenues avec une friture classique.
Ce n’est donc pas l’appareil qui pose problème, mais la manière dont il est utilisé.
Une cuisson dorée est préférable à une cuisson très foncée.
Comment réduire les risques ?
Quelques gestes simples permettent de limiter la formation d’acrylamide :
- privilégier une coloration dorée plutôt que brun foncé ;
- éviter les températures maximales lorsque cela n’est pas nécessaire ;
- ne pas laisser brûler les aliments ;
- faire tremper les pommes de terre avant cuisson afin de diminuer la formation d’acrylamide ;
- varier les modes de cuisson et l’alimentation.
Concernant le panier :
- remplacez-le si le revêtement est rayé ou s’écaille ;
- utilisez des ustensiles en bois, silicone ou plastique ;
- évitez les éponges abrasives.
Quel matériau choisir ?
Si vous envisagez d’acheter un nouvel appareil, certains matériaux offrent davantage de garanties.
🥇 Acier inoxydable (inox)
Sans revêtement, durable et très stable.
🥈 Verre
Matériau chimiquement inerte qui ne libère pas de substances dans les aliments.
🥉 Revêtement céramique
Souvent présenté comme sans PFAS, mais sa durabilité dépend fortement de sa qualité.
PTFE (Téflon)
Reste une option acceptable lorsque le revêtement est intact et que les températures recommandées sont respectées.
Faut-il arrêter d’utiliser son air fryer ?
Non.
À ce jour, aucune preuve scientifique ne montre qu’un air fryer utilisé correctement augmente le risque de cancer.
Le principal facteur de risque documenté reste la surcuisson des aliments riches en amidon, qui favorise la formation d’acrylamide.
Autrement dit, il est préférable de s’intéresser à ce que l’on met dans l’appareil et à la façon dont on cuisine, plutôt qu’à l’appareil lui-même.
Conclusion
L’air fryer est un mode de cuisson qui peut même présenter des avantages, notamment en réduisant la quantité d’huile utilisée par rapport à une friture traditionnelle. Comme pour toute cuisson à haute température, la vigilance doit porter sur la coloration des aliments, la formation d’acrylamide et le bon état du revêtement antiadhésif.
Si vous souhaitez limiter encore davantage toute exposition potentielle, les modèles équipés d’un panier en inox ou en verre constituent aujourd’hui les options les plus rassurantes.
Pour aller plus loin
L’alimentation et le mode de cuisson font partie des nombreux facteurs qui peuvent influencer notre santé. Découvrez également nos autres articles consacrés à la prévention du cancer :
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Sources
- Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) – Acrylamide dans les aliments
- Organisation mondiale de la Santé (OMS) – Une alimentation saine
- Fondation contre le Cancer (Belgique) – Prévention et alimentation
- World Cancer Research Fund (WCRF) – Diet, nutrition, physical activity and cancer prevention
- Sciensano – Institut belge de santé publique
- Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC/IARC) – Monographies et facteurs de risque de cancer